EurActiv Logo
EU-Nachrichten & Politikdebatten
- durch Sprachenvielfalt -
Bulgaria News
Turkey News
Germany News
Spain News
France News
United Kingdom News
Poland News
Czech Republic News
Slovakia News
Hungary News
Romania News
Serbia News
Greece News
Italy News
Bulgaria Turkey Germany Spain France United Kingdom Poland Czech Republic Slovakia Hungary Romania Serbia Greece Italy
EurActiv.com Réseau

ALLE SEKTIONEN BROWSEN

Sehr geehrte Leserinnen und Leser!

Auf Grund des großen Erfolgs von EurActiv Deutschland findet die komplette deutschsprachige EU-Berichterstattung des EurActiv-Netzwerkes nun über Euractiv.de statt.

Die deutschsprachige Fassung von EurActiv.com wird nicht mehr aktualisiert, alle bisherigen übersetzten Texte bleiben aber im Archiv für Sie verfügbar.

Wir freuen uns, Sie künftig auf EurActiv.de begrüßen zu dürfen!

Europaabgeordneter Bernard Poignat: Krim-Krieg nicht ausgeschlossen

Veröffentlicht 19. September 2008 - Aktualisiert 29. Januar 2010
Druckoptimierte VersionEinem Freund senden

Um die Lage auf der Krim zu entspannen und eine militärische Auseinandersetzung mit Russland zu vermeiden, könnte die Ukraine stärker auf einen EU-Beitritt drängen und seine Ambitionen auf einen NATO-Beitritt zurückstellen, sagte der französische Europaabgeordnete Bernard Poignat in einem Interview mit EurActiv. 

Bernard Poignat ist Mitglied der französischen Sozialistischen Partei. Er ist ausgebildeter Historiker und sitzt im parlamentarischen Ausschuss für die Zusammenarbeit EU-Russland. 

Um eine Zusammenfassung des Interviews zu lesen, klicken Sie bitte hier.

[The following transcript is available in French only.] 

Vous avez récemment tiré la sonnette d’alarme à propos d’un danger de guerre entre la Russie et l’Ukraine en Crimée. Le Ministre des Affaires Etrangères Français a fait des déclarations allant dans le même sens. Pouvez-vous expliquer vos craintes ? 

Quand les Russes et les Géorgiens se sont battus à propos de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, il n’y a pas besoin d’avoir fait de longues études pour repérer une autre province susceptible d’être un lieu de conflit. Quand on fait le tour de la Mer Noire, on voit que la Turquie est membre de l’OTAN et contrôle les détroits, que la Bulgarie et la Roumanie sont membres de l’OTAN, que l’Ukraine et la Géorgie veulent faire partie de l’OTAN. Il suffit ensuite de regarder ce qui reste à la Russie comme littoral de Mer Noire… 

Vous voulez dire que la Russie se sent refoulée dans une mer qu’ils considéraient autrefois comme leur mer intérieure ? 

Les Russes ont de tous temps voulu non pas posséder, mais obtenir un débouché sur cette mer, par les détroits, vers la Méditerranée, et au-delà vers l’Océan Indien, par le Canal de Suez. 

Dire cela n’est pas une nouveauté, c’est un constat presque répétitif, qui valide aussi pour la Baltique. Les Russes ont toujours eu l’obsession d’être encerclés et repoussés vers la Moscovie et la Sibérie, et donc vers l’Oural et vers les terres glacées. 

Pendant longtemps l’Union Soviétique leur a donné tout cela, et le démantèlement de l’Union les a fait reculer. Ils n’avaient pas le choix, ils étaient faibles, il fallait qu’ils se refassent une santé. Maintenant, ils se sont refait une santé, ils sont plus puissants, donc à la première occasion ils ont montré les dents. Le président Géorgien n’a peut être pas été très malin, en tout cas les autres ont saisi l’occasion… On a bien vu d’ailleurs que personne n’intervient, personne. L’Union Européenne a d’ailleurs bien fait de négocier le cesser le feu pour arrêter la guerre. Après c’est à la diplomatie de prendre le relais, si tant est qu’on y arrive. C’est assez spectaculaire de voir les dirigeants russes dans la continuité des dirigeants soviétiques et dans la continuité de dirigeants tsaristes, retrouver les vieux réflexes. 

Croyez-vous que le même scénario risque de se répéter : que les russes vont donner des passeports aux habitants de la Crimée et, qu’un jour, ces nouveaux Russes vont appeler Moscou à la rescousse? 

L’histoire ne se répète pas forcément, mais c’est ce qu’ils ont déjà fait dans la guerre de Crimée en 1854. Ils ont répondu à l’appel des Chrétiens Orthodoxes de Valachie, de Moldavie, qui s’estimaient persécutés par l’Empire Ottoman, ils ont répondu à l’appel. D’où la guerre de Crimée pour mettre la main sur la Crimée. 

Une guerre que le peuple russe avait d’ailleurs fortement soutenu, car le tsar l’avait présentée comme une guerre sainte… 

Bien sûr. Et puis plus tard Staline, pour obtenir et russifier la Crimée, a déporté les Tatares, il ne faut pas l’oublier. Et aujourd’hui, ils doivent se dire que Khrouchtchev a fait l’erreur de donner la Crimée à l’Ukraine dans le cadre de l’Union Soviétique. Il a fait ce don en 1954 alors que l’Ukraine était un des états de l’Union Soviétique. Et quand l’indépendance s’est faite et que l’empire Soviétique s’est désagrégé, l’Ukraine s’est trouvée propriétaire de la Crimée. Alors, Moscou distribue des passeports russes [en Ukraine]… Mais surtout, il y a Sébastopol. Je pense que les Russes ne voudront pas quitter Sébastopol, en 2017. 

C’est le contrat de location de la base navale russe en Crimée qui expire en 2017? 

Voilà. Et un contrat pareil se négocie un peu avant, deux trois ans avant. Je pense que les élections Ukrainiennes seront aussi décisives, parce qu’on voit bien dans la crise Ukrainienne que le président de la République est très pro-occidental, pro-européen, proaméricain, et la première ministre est plus discrète sur ces choses-là, plus réservée. Ils ont des élections présidentielles l’année prochaine, ils peuvent également avoir des élections anticipées, et je pense que les Russes ne sont pas indifférents à cela parce que un nouveau président pourrait mettre de l’huile dans les rouages. 

On entend que Madame Timoshenko est réservée non pas parce qu’elle est prorusse, mais parce qu’elle doit gagner ces élections et ne pas dresser contre elle les russes d’Ukraine. 

Si vous divisez l’Ukraine en deux, la moitié Est est plus proche du monde russe et l’autre plus proche du monde européen. Et j’imagine que pour gagner l’élection il faut avoir un peu des deux. 

Il est clair que les Russes souhaiteront avoir une direction ukrainienne qui ne lui soit pas hostile. Dans leur intérêt, les Ukrainiens peuvent d’ailleurs d’une certaine façon continuer à demander l’appartenance à l’Union Européenne, et être moins allant sur l’OTAN. Après tout, on n’est pas obligé d’être membre des deux. D’ailleurs les pays européens ne sont pas tous membres de l’OTAN… Je ne cherche pas à prédire et encore moins à prophétiser, je dis simplement que cette question se posera. Et dans l’article auquel vous faites allusion, j’ai fait un peu d’histoire. C’est la même chose du côté de la Baltique et des Polonais, vous avez vu comme ils ont réagit rapidement, les Polonais et les Baltes? De tous temps, les Russes ont voulu manger une partie de la Pologne, et les pays Baltes, pour avoir accès à la Baltique. 

Qu’est-ce que les grandes puissances européennes comme la France doivent faire ? 

Pour l’instant c’est difficile à dire, on est en 2008. Je pense qu’il ne faut pas braquer l’ours russe, il faut avoir des relations pacifiées avec lui, intelligentes, exigeantes peut-être, mais il faut faire attention à avoir une logique qui conduit à du conflit. 

Est-ce qu’il ne faut pas aussi se rappeler que la Russie n’est pas l’Union Soviétique, et qu’elle est perméable aux valeurs de l’Occident ?

Oui, bien sûr, totalement, et même de plus en plus. Mais ils ont toujours eu l’obsession de l’encerclement. Et donc il ne faut pas trop les chahuter. Du coup l’Abkhazie, l’Ossétie, la Géorgie c’est peut-être un coup de semonce. 

A la différence qu’aujourd’hui, une grande guerre semble exclue… 

Je pense, oui, je l’espère, en tout cas. Dans l’immédiat il est normal que l’Union Européenne obtienne de la Russie le respect de l’intégrité territoriale d’un pays reconnu par le droit international public. Parce qu’après tout la Géorgie a des frontières reconnues par l’ONU qui intègrent l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, qui ne sont pas des états indépendants, qui sont des provinces très autonomes, avec des conflits mais elles sont en Géorgie. En droit international, elles sont dedans. 

C’était également le cas du Kosovo… 

Oui mais justement ce n’est pas forcément un bon exemple, ça s’est fait mais ce n’est pas parce que ça s’est fait que c’est un bon exemple. 

Parce que les Russes accusent toujours l’Occident de politique de deux poids - deux mesure ? 

Oui, mais les Russes devraient un peu regarder. Avant d’arriver à l’indépendance du Kosovo, il y a eu des années et des années de discussion. Des tentatives d’arrangement, y compris avec l’ONU. Les Russes ne sont pas allés demander quoi que ce soit à l’ONU pour l’Ossétie et l’Abkhazie, ils les ont reconnus tout de suite. Là, ils font une comparaison qui les arrange bien. Ils tirent sur la ficelle du Kosovo pour se permettre un peu ce qu’ils ont envie de se permettre. Mais là, ils poussent un peu le bouchon, parce qu’il y a eu plusieurs tentatives de régler pacifiquement la question du Kosovo. D’ailleurs ce n’est pas forcément une bonne chose que le Kosovo soit devenu indépendant, mais c’est ainsi, et les Russes en tirent maintenant un argument. Ils avaient prévenu d’ailleurs… 

Le même scénario peut-il se répéter en Transnistrie, province de la Moldavie ? 

Si les russes trouvent que ce n’est pas bien ce qui se passe en Ossétie et en Abkhazie, que le Kosovo est un exemple, il faut qu’ils laissent les Tchétchènes tranquilles. Oui, la Transnistrie c’est pareil. 

On a vu l’année dernière la Russie planter son drapeau au fond du Pôle Nord, en Arctique. Est-ce selon vous une tentative qui répond à la même logique qui est de fixer des frontières d’une façon unilatérale ? 

Ca ne me plaît pas, ce drapeau, ni le drapeau américain, ni le drapeau norvégien, ni le drapeau canadien, d’ailleurs. Pour qu’on le fasse, il doit y avoir du pétrole là-dessous ou du gaz. Ce que j’espère, c’est que le problème puisse se résoudre pacifiquement. Mais la politique du fait accompli va aggraver la situation. 

Une conférence sur l’Arctique a eu lieu au Groenland la semaine dernière. L’Union Européenne pour la première fois a été représentée, mais ils ont été très diplomatiques, ils ont évité d’aborder les problèmes de souveraineté. 

L’Union Européenne doit aborder tous ces thèmes difficiles avec Russie. Ce que je trouverais bien, c’est que des états volontaires prennent l’initiative. Si on attend les 27, on n’y arrivera pas. Il faut regarder si les traités permettent cela. Mais que ceux qui le veulent puissent s’entendre pour discuter l’approvisionnement du pétrole et du gaz russe. 

Parce que les Russes ne veulent pas d’une approche commune des 27, ils préfèrent discuter avec chacun. Les Italiens par exemple veulent discuter tous seuls… Alors évidemment on ne peut pas violer la souveraineté. Et si les dirigeants ont de telles politiques, ce n’est pas la France qui va décider pour eux. 

Je souhaiterais qu’il y ait des états partenaires qui puissent discuter ensemble des contrats gaziers avec les Russes par exemple… Mais les Russes n’ont pas envie de cela, ils veulent du bilatéral. Ceci dit, il n’y a pas que les Russes, les Norvégiens ne veulent pas non plus discuter avec des états rassemblés. Faire ça, ce serait déjà beaucoup. 

Pourtant, ce n’est quand même plus la Guerre Froide… 

Non, il n’y a pas de blocs comme autrefois, il n’y a pas de tiers monde comme autrefois, ce n’est pas la même organisation de la planète. Mais il y a un conflit régional dans un espace où les Russes n’ont pas envie d’avoir, en Géorgie, l’armée américaine. Ils n’ont pas envie de l’avoir trop proche d’eux. Ils rouspètent pour le bouclier anti-missile, parce qu’ils trouvent que c’est un peu trop proche de chez eux. C’est les fusées de Cuba pour eux… 

Les néo conservateurs Américains sont allés trop loin, la Russie se sent menacée, encerclée. Maintenant on va voir si la politique américaine change. Mais aux Etats-Unis le président change, mais la politique structurelle du pays n’évolue pas aussi vite que ça. Mais à un moment donné, ce sont les peuples qui font l’histoire. Trois ans avant la chute du mur de Berlin, personne n’y croyait. C’est les peuples qui font l’histoire, pas les directives. 

L’année prochaine, ce sera l’anniversaire de la chute du mur de Berlin. Y a-t-il des leçons à tirer pour l’Europe ? 

Quand le mur est tombé, un diplomate soviétique a dit : « On vient de faire le pire des cadeaux à l’Europe, la priver de son ennemi ». Maintenant, nous n’avons plus d’ennemi. Il y a des tensions, mais on n’a plus de grand ennemi du style Guerre Froide. 

Advertising