Ambassador: Morocco is EU’s locomotive for Maghreb

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Morocco, a stable country in difficult surroundings, is ready to play the role of a "locomotive" for the entire region provided that the EU also assume its responsibilities, Ambassador Menouar Alem, who heads the Mission of the Kingdom of Morocco to the European Union, told EurActiv in an exclusive interview.

Menouar Alem is a career diplomat. Before coming to Brussels, he was director for European Affairs in the Ministry of Foreign Affairs and Cooperation of the Kingdom of Morocco.

He was speaking to Georgi Gotev, EurActiv's senior editor.

To read a shortened version of this interview in English, please click here

Quelle est votre analyse des développements dans la région après la révolution du jasmin en Tunisie ?

On peut faire un constat très clair, c’est que personne ne doutait de l’ampleur et de la rapidité avec laquelle les évènements en Tunisie se dérouleraient et surtout de l’issue de ces évènements. Quant à l’impact au niveau régional, je pense qu’à l’heure actuelle, il est difficile de pouvoir tirer toutes les conséquences pour la région, parce que chaque pays de cette région a sa spécificité. Il faut, je crois, d’abord examiner ce qui se passe actuellement et ce qui va se passer à l’avenir en Tunisie.

Je crois qu’il y a un point fondamentalement important : il faut aider la Tunisie et le peuple tunisien. C’est un point essentiel pour le Maroc et l’ensemble du Maghreb. Mais il aider ce pays en laissant les Tunisiens décider eux-mêmes de leur avenir. La Tunisie dispose d’une élite intellectuelle, de grands personnages et il me semble que la sagesse et l’ouverture de ce peuple contribueront à l’émergence d’une solution qui apportera la stabilité politique, économique et sociale en Tunisie, mais également dans la région.

Vous êtes donc plutôt optimiste, vous dites que la sagesse va prévaloir. Mais n’y a-t-il pas des risques ?

Vous savez, en diplomatie, il faut toujours être optimiste. Bien sûr, il y a toujours des risques quand on doit construire quelque chose de nouveau. Mais je crois que fondamentalement, comme disait je crois Churchill, la démocratie n’est peut-être pas la meilleure solution, mais c’est ce qu’il y a de mieux actuellement. Je crois qu’il faut voir comment les évènements vont se dérouler, les dialogues, les consensus qui vont être trouvés et il faudra faire confiance aux élites tunisiennes pour trouver leur solution. Je pense que la solution de recherche de la démocratie en Tunisie dépend principalement, voire exclusivement, des Tunisiens eux-mêmes.

Votre message est en faveur de la démocratie, pourtant, le Maroc est critiqué sur ce chapitre. Que pensez-vous du fait que l’on considère que le Maroc pourrait être bientôt dans une situation semblable ? Quelle est la situation au Maroc ?

Si le Maroc est critiqué pour la démocratie, je vais vous répondre de manière un peu paradoxale, c’est précisément parce que c’est l’un des pays les plus ouverts en matière d’ouverture et de dialogue politique. Du fait de la spécificité de la région dont je parlais précédemment, le cas du Maroc est atypique à plus d’un titre.

Je me permets de revenir quelques minutes à l’Histoire car je crois que c’est fondamental : l’Etat marocain est solidement ancré dans la société par 14 siècles d’histoire, dont la monarchie est le ciment de l’unité nationale. Je crois qu’il s’agit d’un élément fondamental et qui fait la spécificité du Maroc par rapport à d’autres régions.

Il y a des monarchies en Europe aussi, mais les monarques n’ont presque pas de pouvoirs, pas comme au Maroc…

Oui, mais il y a une légitimité de la monarchie au Maroc, de par le fait qu’elle ait toujours été toujours au-dessus des partis, qu'elle en ait fait le ciment. Après l’indépendance, donc plus récemment, le Maroc a été le seul pays du monde arabe et en Afrique à choisir la voie du pluralisme politique dans les années 1950-1960. Il y a une loi dans la constitution qui interdit le parti unique.

Il y a donc une culture de pluripartisme politique au Maroc, qui fait que chaque citoyen marocain retrouve dans un parti le discours idéologique ou le projet de société défendu par chacun de ces partis. Il y a un parti communiste, un parti socialiste, un parti libéral, un parti conservateur et depuis quelques années un parti dit « islamiste » et donc je crois que dans cet éventail très très large, le citoyen marocain n’est pas soumis, ou est immunisé contre d’éventuelles dérives radicales.

Il faut ajouter à cela que ce n’est pas uniquement la classe politique qui représente le pluripartisme politique, c'est aussi le rôle des autres acteurs : les syndicats ou la société civile. Au Maroc, le droit de grève et le droit de manifestation sont admis et acceptés.

Par exemple, il y a quelques années, le gouvernement a présenté la première mouture de la loi de réforme sur le changement du statut personnel, ce qu’on appelle la « Moudawana », pour plus d’égalité de la femme dans la famille. Deux millions de personnes, des islamistes, sont descendues dans la rue pour protester mais un autre million de personnes sont sorties pour défendre le projet du gouvernement. Le citoyen a régulièrement recours aux manifestations, au droit de grève pour exprimer ses revendications. Et je crois qu’il s’agit d’un élément essentiel, parce qu’il est particulier par rapport à ce qui se passe dans la région.

En cela, la classe politique a bâti sa crédibilité, mais également les élus locaux, les élus régionaux ou nationaux et ce que je vous disais tout à l’heure, les acteurs non gouvernementaux : il y a 555 000 associations et ONG marocaines qui participent quotidiennement en apportant leur contribution au développement du Maroc.

Pour résumer, il n’y a donc pas de pensée unique. Je crois que c’est un élément qui protège le Maroc contre les dérives du type de ce qu’on voit en Tunisie. Je ne veux pas dire qu’il n’y a pas de problèmes sociaux, ils existent et font d’ailleurs l’objet d’un débat. C’est l’un des chantiers de règne de sa Majesté le roi, parce qu’il y a des réalités à gérer : il y a encore 32 % d’analphabétisme dans le pays, un grand écart de développement entre les villes et les campagnes, entre les riches et les pauvres. C’est à cela que s’attèle le gouvernement et le roi à travers de nombreuses réformes.

Il y a aussi une explosion démographique dans le monde arabe…

Sauf au Maroc, et cela se justifie par deux raisons principales : la première est d’abord que le Maroc, au même titre que la Tunisie au lendemain de son indépendance, a développé et promu le planning familial. Dès le début des années 60, et c’était du reste promu par des personnes de la famille royale pour justement inciter le peuple marocain, les ménages marocains, à trouver l’équilibre entre fonder une famille et assurer l’avenir de sa famille.

Lorsqu’on compare au reste du monde, depuis 40 ans, on remarque un taux de natalité qui est l’un des plus faibles du monde arabe et qui est en train de se rapprocher de certains taux que l’on trouve en Europe. La seconde raison est économique : c’est la possibilité pour la femme marocaine de pouvoir aussi prendre part à la vie économique. La femme marocaine s’est émancipée, elle travaille, elle contribue à apporter un salaire quelques fois pour le ménage entier. L’incidence et la conséquence directe de cela, c’est que l’âge du mariage a augmenté. L’âge moyen de mariage pour une femme au Maroc est maintenant de 26,5 ans. Le choix du nombre d’enfants relève également de la décision de la femme et c’est ce qui explique qu’il y a une diminution de la natalité au Maroc.

En termes de pouvoir d’achat, pouvez-vous comparer le Maroc avec la Tunisie ou l’Algérie ?

Il est difficile de comparer parce que lorsqu’on regarde l’analyse économique et les régimes économiques qui ont été mis en place par les trois pays, et surtout la démographie de chacun des pays, il est compliqué d’établir une analyse comparative. La Tunisie possède 10 millions d’habitants, c’est un pays producteur de pétrole. Elle a fait des efforts considérables dans  le domaine du développement social, de la santé et de l’enseignement, ce qui a permis à la société tunisienne d’atteindre un pouvoir d’achat assez conséquent.

Au Maroc, on a l’habitude de dire que l’on ne dispose pas du pétrole mais de ressources humaines. Cela a obligé les Marocains à être beaucoup plus imaginatifs pour travailler et rechercher des moyens d’améliorer leur quotidien. Le pouvoir d’achat des Marocains a beaucoup évolué ces 20 dernières années, et il est intéressant de constater qu’il a évolué parallèlement à l’ouverture du champ politique, du champ démocratique dans le pays. Je pense donc qu’il y a une corrélation entre la démocratie et l’amélioration du niveau de vie.

Vous dites que cela évolue dans le bon sens… Sauf que les prix des matières premières ont augmenté partout dans le monde et certains disent que cela explique en partie cette explosion de révolte, surtout en Tunisie et en Egypte, donc les gens sentent leur pouvoir d’achat menacé. Ce n’est donc pas le cas au Maroc si je comprends bien ?

Je dirais qu'au Maroc nous sommes très vigilants, nous sommes aussi frappés par l'augmentation du prix du pétrole, un baril coûte désormais 100 dollars pour un pays qui n'est pas producteur de pétrole. Il faut aussi compter avec l'augmentation du prix des céréales. Ce sont quand même des éléments sur lesquels nous sommes vigilants. Mais les réformes que nous avons menées depuis 15 ans ont crée des soupapes de sécurité permettant de surmonter ou de pouvoir absorber la crise économique mondiale de façon à ce qu'il n'y ait pas trop d'impact, de conséquences sur la société.

D'ailleurs, le Maroc a été cité par le FMI, par de nombreux pays de la communauté internationale comme celui qui avait la plus grande résilience à la crise économique et financière mondiale. Il y a par exemple des mécanismes de caisse de compensation au Maroc qui sont mis en place, et cela depuis 40 ans. Je ne dis pas depuis 5 ans ou 6 ans mais depuis 40 ans, pour assurer un revenu minimum au citoyen marocain pour justement faire face, soit à une augmentation des céréales, soit à une augmentation du gaz ou du pétrole ou du beurre pour apporter et assurer un revenu minimum qui puisse permettre au citoyen marocain de conserver son niveau de vie et de maintenir son pouvoir d'achat.

J'ajoute à cela l'ouverture, parce que j'ai parlé tout à l'heure de pluralisme politique, mais il y a aussi l'économie de marché que le Maroc a choisi au lendemain de son indépendance et qui permet maintenant à la faveur de nombreux accords que nous avons signés notamment avec l'Union européenne qui est notre partenaire stratégique, un développement des investissements étrangers très important conjugué aux réformes structurelles et d'infrastructure lancées par sa Majesté le roi, qui créent de l'emploi, de la richesse et qui permettent justement d'être aussi quelque part le rempart de sécurité sociale.

Vous avez mentionné l'Union européenne, est-ce que vous essayez de faire valoir l'argument que le Maroc est une ancre de stabilité dans la région, de faire valoir l'expérience marocaine ?

Nous ne le faisons pas valoir sachant que nous travaillons avec l'Union européenne depuis plus de 40 ans, puisque le Maroc était déjà cité dans le Traité de Rome et il y a des dialogues réguliers et conséquents avec l'Union européenne. Nous nous n'avons pas de complexe à dire que c'est dans le laboratoire européen que le Maroc a puisé toutes les expériences qui lui permettent de mettre le cap sur la modernité. C'est en Europe que nous avons examiné les expériences en matière de défenseurs du peuple, l'Ombudsman, ou toutes les expériences en matière de régionalisation, ou dans le domaine de la réforme de la justice. Et depuis une vingtaine d'années, tout ce qui a concouru au vaste chantier de consolidation de l'Etat de droit, de respect des droits de l'homme, de liberté de presse.

C'est en Europe que nous l'avons fait parce que c'est notre partenaire par essence. Quand nous faisons l'évaluation, l'évaluation européenne est unilatérale, elle ne souffre donc pas de contestations. Le Maroc est quand même présenté, les responsables européens vous le diront, comme le pays qui est le plus engagé en matière de réforme politique, démocratique, sociale, économique et humaine. Donc oui, je crois que le Maroc peut être, sans forfanterie aucune, une sorte de locomotive que l'UE pourrait peut-être utiliser pour entraîner les autres wagons.

Mais cette image de modernité, elle ne s'exprime pas toujours et pas partout. Nous nous trouvons tous les deux en Belgique, où il y a beaucoup de Marocains, de personnes d'origine marocaine dont un nombre important ne semble pas chercher à s'intégrer dans la société, qui s'isolent par le comportement, par des mariages qui restent toujours au sein de la communauté, etc. Ce n'est pas tout à fait la manière européenne de s'intégrer. Votre présentation de la modernité au Maroc n'entre pas d'une certaine façon en conflit avec des perceptions que nous avons ici en Europe des Marocains ?

Personnellement, je ne suis pas tout à fait d'accord avec l'image qui est donnée de la communauté marocaine ici en Belgique. Je crois même le contraire. S'il y a un pays où la communauté marocaine a vraiment exprimé son sens de l'intégration, c'est bien en Belgique. Pas parce que les Marocains préfèrent les Belges aux Italiens, aux Français ou aux Espagnols, mais parce que la Belgique a offert un outil fondamental pour l'intégration des communautés étrangères dans le pays, qui est le champ politique.

Quand vous permettez à un étranger de pouvoir investir le champ politique, vous lui donnez les outils, que sont les devoirs et les droits de chaque citoyen. Si vous regardez le nombre de députés marocains, de sénateurs ou de sénatrices marocaines, le nombre de Marocains qui sont présents dans des pans entiers de la société belge, que ce soit un chauffeur de tramway ou un professeur d'université ou un professeur de médecine, je crois que les Marocains, ici dans ce pays, ont parfaitement intégré leur double identité puisque pour la plupart ils ont la nationalité belge.

Ce que je regrette, par contre, et là je me permets de faire une petite critique, peut-être aux médias, c'est qu'on a peut-être tendance à se focaliser sur une minorité notamment religieuse extrémiste, ce qui amène certaines personnes qui ne connaissent pas la réalité du terrain à généraliser.

Mais je vous assure que la plus grande majorité des Marocains qui sont installés en Belgique sont parfaitement bien intégrés. Et je crois que cette communauté fait preuve d’un attachement à son pays d'origine que l'on trouve rarement dans d'autres pays, dont témoignent d'ailleurs les transferts d'épargne ou le retour systématique dans le pays d'origine.

Cela n'exclut pas ce que vous avez dit. Il y a certainement encore dans certains milieux des résurgences ou des manifestations encore d'attitudes traditionnelles, mais je vous assure que la majorité est très bien intégrée et parfaitement à l'aise, non seulement dans sa double identité belge-marocaine mais surtout dans la recherche de la modernité.

Quel est votre message principal à vos interlocuteurs à Bruxelles, que dites-vous lorsque vous rencontrez les hauts responsables de l'Union européenne ?

Quand nous parlons avec les responsables européens sur la situation dans la région, voilà ce que nous disons. Nous disons, au-delà des évènements qui se sont passés en Algérie et en Tunisie de manière récurrente, il y a malheureusement des risques encore plus grands qui sont à la frontière sud de cette région du Maghreb, l'arc sahélo-saharien, et je voudrais peut-être insister une minute parce que je crois que c'est fondamental. C'est d'ailleurs à l'ordre du jour des priorités de l'agenda européen.

Il y a une zone de non-droit qui couvre, disons, globalement le sud de l'Algérie, le nord de la Mauritanie, du Mali et du Niger, dans laquelle se développe une conjugaison de plusieurs menaces et fléaux. Il s’agit d'abord du terrorisme, du fait de la présence d'Al-Qaïda pour le Maghreb islamique, avec son lot de terreur, et malheureusement ces dernières semaines nous en avons fait le triste constat avec l'assassinat des deux ressortissants français. Mais il  y a, à côté de cela, un trafic d'êtres humains, un trafic d'armes. Il faut savoir qu'une kalachnikov dans cette région coûte entre 10 et 15 dollars, et vous avez donc toute cette zone de non-droit qui échappe aux pouvoirs centraux algérien, mauritanien, algérien et malien et où se développent tous ces trafics. Lesquels trafics sont liés.

Quand on dit qu’Al-Qaïda ne représente que 2000 personnes, c'est vrai. Il y a peut-être 2000 personnes effectives d'Al-Qaïda, mais il y a les sous-traitants qui se trouvent un petit peu partout dans la région. Ceux qui vont faire du trafic d'armes, de drogues, d'êtres humains et tous ceux-là sont des satellites autour d'Al-Qaïda. Il faut savoir qu'aujourd'hui, 40 % de la consommation de cocaïne présente en Europe vient de cette région. On utilise maintenant des sous-marins d'Amérique latine pour arriver sur les côtes atlantiques en Afrique et pour remonter vers l'Europe. Les modes opératoires sont modifiés à chaque fois qu'une réponse est apportée. Et malheureusement, la stratégie qui est menée dans la région, qui est celle d'exclure le Maroc de la lutte contre ce fléau pour des raisons politiques ou idéologiques, que personnellement je ne comprends pas, a montré tout son échec.

Il faut que tout le Maghreb, tous les pays de la région puissent collaborer, travailler ensemble, pour faire face à ce fléau, mais il faut aussi et surtout que l'Europe soit invitée en tant qu'acteur, car elle est concernée. Parce que pour l'instant, c'est l'Europe qui paye le lourd tribut par l'assassinat de personnes qui sont kidnappées, etc. Et il ne faut pas oublier que cette frontière hermétique entre la corne de l'Afrique et l'arc Sahélo-saharien ne l'est plus tout à fait maintenant et qu'il y a une tendance à une généralisation transversale des menaces terroristes en tous genres qui font peser des menaces, pas seulement dans la région, mais sur l'Europe.

C'est là que l'Europe doit intervenir. C'est là que l'Europe doit voir quel pays dans la région, qui par sa stabilité, par son engagement politique et stratégique avec elle peut être ce rempart mais aussi ce partenaire.

Le deuxième message que nous transmettons, c'est celui du Maghreb. C'est selon moi un scandale, et je pèse mes mots, que le Maghreb soit dans l'état où il se trouve actuellement. Les frontières sont fermées, les populations ne peuvent pas se rencontrer, le taux de commerce est rudimentaire. Nous sommes redevables devant les générations futures de la réussite ou de l'échec de cette construction maghrébine. Nous avons le devoir impérieux de dépasser tous les discours idéologiques passéistes pour affronter les véritables défis, qui sont nombreux, on l’a constaté à travers les évènements des dernières semaines. Il y a beaucoup de défis à relever, et je crois qu'à un moment donné, il faut qu'ensemble, tous les pays du Maghreb, puissent travailler pour une véritable intégration politique et économique de cette région.

Nous sommes la région la plus à la traîne en termes d'intégration économique et cela est tout simplement scandaleux. Et là encore, peut-être avec l'Europe, qui constitue le partenaire le plus important, il y a aussi des efforts très importants à fournir dans ce domaine. En tout cas, pour le Maroc, au-delà de l'accord bilatéral et de tout ce que nous faisons avec le statut avancé pour nous ancrer plus encore dans la perspective européenne, l'aspect sous-régional et maghrébin est très important, avec une politique de développement cohérente, avec des accompagnements nécessaires, notamment dans le domaine social.

Pratiquement toutes les réformes qui sont menées au Maroc sous l'égide de sa Majesté le roi couvrent le champ social, c'est la santé, l'éducation, et surtout la lutte contre la pauvreté, un élément fondamental qui est d’ailleurs à l’origine de la grande popularité du roi au Maroc. Il parcourt 15 000 km par an au Maroc pour aller dans les régions les plus reculées et enclavées pour justement être à l'écoute du citoyen et définir toutes les politiques que nous avons menées, notamment en matière d'infrastructures, d'économie, de développement humain pour justement réduire la pauvreté au Maroc.

Vous avez répétez plusieurs fois le mot « scandaleux » et ce n'est certainement pas la première fois, vous l'avez fait directement vis-à-vis de vos interlocuteurs européens, est-ce que le message est reçu?

Le message est reçu, bien sûr. D'ailleurs, avec l'Union européenne, nous avons réussi à créer une plateforme de dialogue et de coopération entre l'UE et l'Union du Maghreb Arabe UMA à Rabat il y a quelques années, c'est un premier pas. Il faut continuer, mais je crois que fondamentalement, il faut aussi que nous, les Maghrébins, nous puissions nous encourager les uns les autres pour construire ce Maghreb. Je crois que c'est crucial pour l'avenir de notre région.

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