French Benelux citizens are a chance for France and Europe

  

As French citizens in Benelux countries prepare to elect their first representative at the French National Assembly, Tanguy Le Breton, an independent centrist candidate, argues for better visibility of European issues via a directly-elected President of the European Commission.

Tanguy Le Breton is an independent candidate for the Benelux constituency at the French legislative election. He is supported by the MODEM centrist party as well as Raphaël Lederer, substitute.

The following opinion is available in French only.

"L’Europe se construit d’elle-même au quotidien avec la multiplication année après année du nombre de nationaux vivant en Europe en dehors de leur pays d’origine. C’est le cas des Français, notamment dans le Benelux où ils sont déjà plus de 160 000.

La France leur accorde pour la première fois les 3 et 17 juin l’occasion d’élire un député français pour les représenter à l’Assemblée nationale. Quel rôle pour ce député d’un genre nouveau ?

Déjà représentés à l’Assemblée des Français de l’étranger par 8 représentants élus au suffrage universel direct tous les 6 ans, les Français du Benelux sont également représentés au sénat au travers des 12 sénateurs représentant l’ensemble des deux millions de Français établis hors de France.

Avec l’élection de ce député, la question se pose de son rôle vis-à-vis de cette communauté et de son articulation avec les autorités locales ainsi qu’avec les institutions européennes.

Répondre aux enjeux d'européens vivant hors de leur pays d'origine

Les questions et sujets de préoccupation des Français établis hors de France rejoignent celles des autres européens expatriés : la scolarisation des enfants dans une école ou ils pourront si possible également parler leur langue d’origine, leur intégration dans leur pays d’accueil, la reconnaissance de leurs diplômes, les questions fiscales ou juridiques et notamment de droit familial ou successoral,  et plus généralement l’accès aux informations spécifiques à leur situation par rapport à la France et par rapport au pays de résidence.

Le futur député aura donc un rôle important à jouer en tant qu’ambassadeur bilatéral entre la France et le pays de résidence afin de représenter ces Français en France mais aussi auprès des autorités et institutions locales et européennes.

L’Europe, une chance pour la France

La Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg, sont trois pays qui offrent sur bien des points des exemples de législations modernes, parfois même en avance sur celle de la France, et de bonnes pratiques que le député aura à cœur de valoriser en France auprès de ses collègues de l’hexagone et de l’exécutif : l’accès plus fluide à l’emploi et les solutions favorisant l’activité, une approche pragmatique des questions de société en dehors de considérations de principe ou dogmatiques, une démocratie représentative effective et participative avec des gouvernements de coalition, un vrai dialogue et une meilleure cohésion sociale, un système éducatif centré sur les besoins spécifiques de chaque enfant, etc.

Le Benelux, et plus largement l’Europe, est donc une chance pour la France comme terrain d’inspiration pour harmoniser et améliorer ses politiques sociales et économiques.

Un député français proactif de la construction européenne

L’Europe n’a pas vraiment été évoquée lors de la campagne électorale présidentielle française, sauf pour remettre en cause certains de ses fondements : révision des accords de Schengen en cas de faille dans le système de contrôle de l’immigration (Nicolas Sarkozy) et remise en cause des engagements européens de la France concernant la stratégie financière face à la crise (François Hollande).

L’Europe n’est pas beaucoup plus présente dans les débats lors de la campagne actuelle pour les législatives, mais elle est, et c’est heureux, plus souvent évoquée et en des termes plus positifs.

Car l’Europe, notre maison commune au quotidien, doit s’imposer davantage comme le bon niveau de gouvernance afin de peser plus fort et d’une voix unifiée pour faire valoir nos valeurs de civilisation dans le règlement des grands problèmes planétaires : maitrise des flux migratoires extérieurs dus à l’accroissement sensible de la démographique mondiale, défi écologique mondial, politique énergétique cohérente et globale au niveau du continent, aide au développement et réduction des écarts nord-sud, rééquilibrage des échanges commerciaux et régulation financière mondiale, politique de défense commune et création d’une voix diplomatique unifiée, convergence des modèles fiscaux et économiques entre pays membres.

Que ce soit pour les citoyens en interne ou pour ses rapports avec les acteurs du monde, l’Europe doit se forger une meilleure visibilité. Cela demande une personnalisation plus forte de l’exécutif européen avec un président de l’Union, élu au suffrage universel par tous les citoyens européens en même temps que le parlement, et qui présidera à la fois la commission et le conseil. Les citoyens doivent savoir qui prend les décisions et qui est responsable des politiques menées. Il faut également réimposer une méthode communautaire de décision qui donne plus de place aux petits pays membres.

Ce député français devra donc travailler en étroite coopération avec les parlementaires européens afin d’agir dans le débat français pour défendre une vision positive pro-européenne plus affirmée, avec plus d’Europe et mieux d’Europe."

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