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Monsieur,
Concernant 'L'Irlande sort le carton rouge aux institutions européennes':
Le non irlandais résonne comme un coup de « pen baz » comme on dit en Bretagne. C'est le coup de bambou qui plonge les Européens dans un KO debout, les laissant perplexes pour ne pas dire hagards. Le sommet des chefs d'état et de gouvernement qui a suivi n'a pas éclairci la situation, la visibilité du devenir de l'union reste brouillée.
Pour autant, il faut avoir confiance, car l'Union européenne, rebondira. En effet, personne (hormis quelques irresponsables), à l'analyse des commentaires des uns et des autres, ne souhaite la fin de l'aventure de soixante années pour la paix et l'union des peuples et des nations européennes que les traités, signés par les pays membres, veulent « sans cesse plus étroite ». Il s'agit aujourd'hui d’avoir une vision et d'avancer les idées qui vont permettre de dépasser une situation bloquée.
Tous ceux qui, ici et là, prônent le non permanent aux traités clament haut et fort qu'ils sont Européens. Mais que veut dire « être européen » ? On pourrait ici s'inspirer de la fameuse formule de Morvan Levesque et dire qu'être européen c'est être conscient de sa qualité d’Européen. Cela touche au sentiment d'appartenance et sans doute à quelque chose de plus fort que la citoyenneté européenne qui finalement n'est plus perçue que comme un outil de la possession de droits communs en Europe. Encore faut-il, pour la vox populi, définir ce qu’est l'Europe.
L'Union est-elle, aujourd'hui, faite pour ses citoyens et ses nations membres ou bien pour le reste du monde dans une perspective d'équilibre planétaire ou les deux? Répondre à cette question, voilà la première mission que doit remplir tous ceux qui ont la charge de penser la suite de la construction européenne? Une seconde est de s'attacher, enfin, à organiser une Europe de la cohérence entre nations, visible, lisible, acceptée par ses citoyens et la cohésion entre ces mêmes citoyens. D'autant plus que les sondages Eurobaromètre confirment la volonté d’une plus forte intégration de l’opinion européenne.
Les citoyens sont lucides: Comment, en effet, imaginer poursuivre la construction d'une Europe de l'euro fonctionnant avec des systèmes économiques différents? Une Europe qui parle de sa défense et de sa sécurité commune mais qui, dans le même temps organise et consolide, en son sein, la compétition entre ses membres. Il faut donc donner une autre nature à l'Union européenne.
Si elle a un caractère géopolitique et stratégique évident, celle-ci doit être plus concrète pour ses citoyens, palpable, saisissable. Sans doute pêche-t-elle en ce domaine mais c'est la résultante des points précédemment énumérés. La nécessaire pédagogie proposée par la PFUE devra donc être rapide, offensive, omniprésente et honnête. C'est-à-dire informer mais plus sûrement former les citoyens de l'Union à ce qu'est l'Europe, ce qu'elle dit, ce qu'elle fait pour et avec ses citoyens et ses membres.
L'Union, si elle veut perdurer, ne peut non plus faire l'économie du débat. Sans doute est-ce là un élément compliqué à mettre en place mais nécessaire. Ecouter et entendre les Européens, mesurer leurs sentiments, adapter la construction de l'Union à leurs propres projets. En un mot, ouvrir le dialogue. Les faire s'exprimer sur le sens de la construction européenne.
A l'analyse, un point fondamental semble aujourd'hui faire l'unanimité chez les tenants du oui et du non, entre les états-membres, entre les partis politiques. Il s'agit du caractère supranational de l'Union européenne développé par Robert Schuman. C'est une piste concrète qui se présente aux Européens pour sortir de l'ornière dans laquelle l'Union s'est enfoncée. Cette voie mérite d’être explorée. Elle peut permettre d'apporter des réponses concrètes en matière de démocratie, de citoyenneté, de sens de la construction européenne.
Je veux parler de l'idée nouvelle de la structuration de la supranationalité des citoyens européens. En effet, ce qu'il manque c'est, pour reprendre l'expression de Jacques Delors « une âme à l'Europe ». Puisque l'on ne peut (encore) parler de nation européenne, érigeons alors la supra-nationalité européenne comme principe spirituel. Plus que la citoyenneté, non intégrée par les Européens, la supra-nationalité du citoyen est un moyen de développer et d'exprimer le sentiment d'appartenance à l'entité commune. Dans qu'est ce qu'une nation, Ernest Renan nous donne des clefs pour avancer dans la proposition. L'âme de l'Europe est dans le passé, elle est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs. Le principe spirituel est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis. Si, dans le passé, un héritage de gloire et de regrets à partager. Dans l'avenir s'ouvre un même programme à réaliser. C'est à cet avenir que doivent être conviés les Européens.
La supranationalité des citoyens européens serait alors une nouvelle forme de solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices déjà faits et de ceux que les Européens sont disposés à faire encore. Elle suppose le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune.
Emmanuel Morucci
Fondateur
Maison de l'Europe de Brest et Bretagne ouest
Sir,
Regarding Mr. Hanley's letter and his positive outlook of that country ('Young people should return to booming Bulgaria'):
I am a Bulgarian. Unfortunately I have to say that the young Bulgarian educated in the UK is right. Of course, everybody could argue that the statistics are quite different and that Bulgaria is booming. But I live in this country and my profession gives me the opportunity to enjoy a deeper insight into the situation here.
The statistics say that Bulgaria is booming. Wrong! The business environment in Bulgaria nowadays resembles the one we had in 1996 when nothing was working and we had hyperinflation. The inflation rate and prices are growing every day and the workforce is doomed to survive on the miserable average salary of 200 euro (if one is lucky enough even to get that, as about 70% of Bulgarians survive on a monthly salary below even this amount).
Prices, on the contrary, are quite "European" - when you pay your monthly bills for electricity, heating, water and phone you have to manage to the end of the month with only about 100 euro, enough to cover only your food. This is how working people live in Bulgaria. The situation with retired people is even more drastic - the average pension in the country is less than 100 euro!
It is very easy for Mr. Hanley to preach from his foreign Irish point of view. Bulgaria is paradise for foreigners because they can live like millionaires here with their average Western European earnings.
What the MBA graduate says about the way you get employment in Bulgaria is completely true - if you do not have good acquaintances you cannot achieve anything. Knowledge and skills in Bulgaria are not respected and the truth is that there is no other hope for the future of young Bulgarians than to leave the country as soon as possible and never come back.
The fact is that the only thing that is really booming in Bulgaria is corruption. It is everywhere - if you go to the doctor, you pay "under the table": if you want to stay alive, of course. Otherwise, nobody will pay you any attention. If you go to the public authorities - you also give "gifts". Otherwise, you will not get any public service on time and without any problem. If you go to the Court - you pay (and believe me it is not the regular state legal fee).
You cannot rely on the fact that law may be on your side. In Bulgarian courts, the law is on the side of the biggest payer. That is how the biggest criminals never go to prison. They still die young, because there are about 100 major "ordered" (and of course unsolved) killings of well-dressed businessmen in Bulgaria.
Nobody in Bulgaria believes in the EU anymore. The EU cannot solve its own problems and will not help us solve our own. It is the bitter truth coming from everyday experience and not from statistics. Who believes statistics, anyway?
Christina Kaspar
Bulgaria