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4 December 2009
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Sellal: C'est a Strasbourg que le Parlement européen jouit de la plus forte visibilite 

Published: Monday 25 September 2006    | Updated: Wednesday 13 June 2007   

Aprés l'attaque de la Commissaire Wallström contre le siège du PE a Strasbourg l'ambassadeur de la France auprès de l'UE, Pierre Sellal, explique la position de son pays dans un entretien avec EurActiv.

La vice-présidente de la Commission, Margot Wallström, a sévèrement remis en cause la pertinence de conserver un siège du Parlement européen à Strasbourg (voir EurActiv,  5 septembre).  Selon Mme Wallström, le symbole positif que représente Strasbourg pour la réconciliation franco-allemande ne peut plus compenser la mauvaise publicité que représente, pour l’Union européenne, un double siège du Parlement. Approuvez-vous son raisonnement?

"L'Union est une communauté de droit. Or, le siège de toutes les institutions est inscrit dans le traité, car il résulte d’un accord entre les Etats membres et a été ratifié par eux. C'est notre règle commune. Dès lors, elle s’impose à toutes les institutions et il appartient à chacune et chacun d’entre nous de la respecter. Cela vaut particulièrement pour la Commission européenne, gardienne des traités, qui a pour mission de veiller à leur juste application, comme naturellement pour chacun de ses membres."

Pouvez-vous nous donner des arguments, autre que celui historique, qui justifient de conserver le siège du Parlement européen à Strasbourg?

"Le premier argument est celui de respect de l’accord conclu, de la parole donnée, de la règle commune. Le second est d’ordre politique et symbolique : Le projet européen est né de la volonté de rendre définitivement impossibles les conflits meurtriers qui avaient trop longtemps ensanglanté l’Europe. L’expérience, y compris récente, en Europe, nous montre que la paix et la démocratie ne sont jamais garanties pour toujours. 

En 1949, alors que l'Europe avait fait le pari de la paix et de la réconciliation, c'est Ernest Bevin, Ministre britannique des Affaires étrangères, qui avait proposé le choix de Strasbourg, comme symbole de réconciliation, de réunification et de construction politique de l'Europe. Les arguments qui furent les siens auraient-ils aujourd'hui perdu de leur pertinence? Bien au contraire, ils se sont enrichis. Strasbourg, en accueillant le Parlement européen et l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, est devenue, pour de nombreux Européens, la capitale parlementaire de l'Europe. 

C'est à Strasbourg que le Parlement européen, fort de ses pouvoirs accrus, jouit de la plus forte visibilité et permet de marquer la légitimité qu'il tire du suffrage universel direct par rapport aux autres institutions, dont certains jugent qu'elles semblent parfois lointaines et difficiles à identifier. En témoigne, par exemple et tout récemment, l'intérêt qu'avait suscité dans l'opinion publique le compromis en première lecture sur la directive sur les services que le Parlement avait réussi à dégager lors d'une récente plénière strasbourgeoise. 

La situation actuelle avec deux sièges n’est pas un souhait de la France. Pensez-vous que la meilleure solution serait de revenir à la configuration d’origine, c’est-à-dire un seul siège à Strasbourg ?

"Le traité est clair sur ce point : 'Le Parlement européen a son siège à Strasbourg, où se tiennent les douze périodes de session plénières mensuelles, y compris la session budgétaire. Les périodes de sessions plénières additionnelles se tiennent à Bruxelles. Les Commissions du Parlement européen siègent à Bruxelles'. Il n’est pas dans notre intention de remettre en cause ces dispositions établies par le traité. En outre, il n 'est nullement évident que dans l'Europe d'aujourd'hui, les institutions, organismes, agences aient  vocation à être concentrés au même endroit."

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