Le vote de confiance du Parlement européen, passage obligé à l'entrée en fonction de la Commission Barroso, a été reporté Mercredi 27 octobre après qu'il est apparu que le collège serait rejeté par une majorité des 732 députés composant l'Assemblée.
Malgré les violentes critiques des socialistes à l'encontre du Commissaire italien Rocco Buttiglione (voir EurActiv, 27 Octobre 2004 ), M. Barroso avait refusé jusqu'à ce matin de lui octroyer un autre portefeuille que celui de la justice et des affaires intérieures. La situation était devenue critique suite à la décision du groupe socialiste, Mardi 26 Octobre dans la soirée, de ne pas soutenir l'équipe de M. Barroso.
" Je dois en venir à la conclusion que, si un vote devait avoir lieu aujourd'hui, son issue ne serait positive ni pour les institutions européennes, ni pour le projet européen ", a déclaré M. Barroso devant les députés Mercredi 27 octobre à 11h.
La grande question maintenant est de savoir ce que Barroso fera pour apaiser les esprits et rallier un soutien pour son équipe. Le remaniement est l'une des possibilités qui lui sont offertes, les socialistes pouvant probablement se satisfaire d'un changement de portefeuille pour M. Buttglione et trois autres commissaires.
En attendant, on affirme de source italienne que Silvio Berlusconi a entamé des consultations avec ses alliés sur la possibilité de remplacer M. Buttiglione. Le ministre des affaires étrangères Franco Frattini, l'ancien ministre de l'économie Giulio Tremonti, l'ancienne commissaire Emma Bonino et le commissaire actuel à la concurrence, Mario Monti, ont tous été cités comme des candidats possibles.
Il est cependant hautement improbable que le changement d'un seul commissaire suffise à renverser la balance aux yeux des eurodéputés. De manière plus certaine, un ou deux commissaires devraient être sacrifiés avec M. Buttiglione.
La Présidence néerlandaise a convoqué un sommet extraordinaire Jeudi 28 octobre à Rome afin de discuter d'une solution à la crise, un jour avant la date prévue pour la signature de la Constitution.
La composition d'un nouveau collège de commissaires pourrait prendre plusieurs semaines, voire un mois. Pendant ce temps, le président actuel de la Commission, Romano Prodi demeurera en poste à Bruxelles.



