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28 novembre 2009
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Le changement climatique et le commerce en tête du programme du sommet UE-Chine [FR][en][de

Publié: mercredi 20 mai 2009   

On se prépare à un débat houleux sur les émissions de CO2, alors que les dirigeants européens et chinois se rencontrent pour un sommet de haut-niveau à Prague aujourd’hui (20 mai). Le protectionnisme et le déficit de la balance commerciale européenne avec la Chine figurent également parmi les priorités de l’ordre du jour.

Contexte:

Le sommet UE-Chine d’aujourd’hui (20 mai) à Prague est le premier depuis qu’un sommet prévu le 1er décembre 2008 avait été brutalement annulé suite à une controverse sur la rencontre entre le président français, Nicolas Sarkozy, et le Dalaï Lama à Gdańsk (Pologne), lors d’une réunion de gagnants de Prix Nobel de la Paix (EurActiv 27/11/08). 

Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, était venu à Bruxelles plus tôt dans l’année (EurActiv 02/02/09) pour une tournée visant à réchauffer les relations et pendant laquelle il a été convenu que le sommet devrait être reprogrammé. 

Le rôle de la Chine dans les affaires mondiales a augmenté substantiellement ces dernières années, comme on a pu le voir à la réunion du G20 d’avril, à Londres, lors duquel le développement d’une nouvelle infrastructure financière mondiale a dominé l’agenda.

Parmi les questions les plus difficiles pour la Chine, celle-ci a dû concilier le développement économique et les réductions d’émissions de CO2. L’ambassadeur chinois auprès de l’UE, Song Zhe, a affirmé que la Chine est prête à travailler avec l’UE sur une réduction du CO2 (EurActiv 20/4/09) ; mais cette question complexe reste hautement polémique.

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Autres articles:

Les opinions divergent sur le moyen de marier le développement industriel rapide de la Chine avec une baisse de la consommation d’énergie : lors du Sommet , elles seront au centre des tensions entre les dirigeants, bien que les diplomates chinois à Bruxelles aient indiqué leur volonté de coopérer de manière plus étroite sur les réduction de CO2.

L’ambassadeur Song Zhe, chef de la mission de la République populaire de Chine auprès de l’UE, s’exprimant hier (19 mai) lors d’une conférence sur le rôle de la Chine dans le nouvel ordre mondial, a appelé à une coordination plus étroite pour combattre les crises financières et énergétiques.

Cependant, il a ajouté que la Chine travaillait sur la base de responsabilités communes mais différenciées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Ce principe, contenu dans le Protocole de Kyoto, fait peser une responsabilité plus grande sur les épaules des pays industrialisés tels que les Etats-Unis ou l’UE, tout en reconnaissant des exemptions pour les pays encore en développement comme la Chine, l’Inde et d’autres.

Selon l’ambassadeur, les pays développés sont responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre dans l’Histoire, et les émissions actuelles par personne en Chine ne représentent qu’un cinquième de celles des Etats-Unis. Toutefois, il a ajouté que la Chine était en pleine restructuration de son économie et qu’elle réorganisait ses modèles de production afin de réduire sa consommation d’énergie.

M. Zhe a ajouté que la réponse chinoise à la crise montrait que c’est une nation qui entend assumer sa part de responsabilité.

Répondant aux inquiétudes exprimées sur le futur type de puissance mondiale que sera la Chine dans l’ordre mondial en devenir, l’ambassadeur a assuré que Pékin ne constituerait un danger pour aucun pays.

La Chine fut autrefois tyrannisée par des puissances étrangères et de ce fait connaît le juste coût de l’humiliation de l’inégalité. La Chine ne fera jamais connaitre une telle angoisse aux autres pays. Ni ne poursuivra son propre développement au détriment des intérêts des autres, a-t-il déclaré.

La commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a expliqué que les relations avec la Chine étaient un sujet de discussion clé à la Commission.
Selon la commissaire, l’Histoire l’a montré, la montée des puissances mondiales a mené à un monde de tensions et de conflit. Cependant, l’Histoire ne doit pas toujours se répéter, a-t-elle déclaré. 
Elle a déclaré que les défis communs immédiats auxquels font face la Chine et l’Europe sont la crise économique et l’environnement, appelant à une réponse coordonnée pour ces deux problèmes. Elle a expliqué que l’Europe partageait son savoir-faire avec la Chine sur la technologie du charbon propre, sur la capture du carbone et son stockage dans le but de l’aider à réduire ses émissions de CO2.

La commissaire a ajouté que l’Europe et la Chine avait un intérêt commun à résister au protectionnisme.

Le Sommet se tient dans une semaine alors que de nouveaux chiffresexternal  révèlent un déficit commercial de 170 milliards d’euros entre l’UE et la Chine. Entre 2000 et 2008, le commerce de biens entre les deux géants a triplé en termes de valeur. Tous les pays européens ont un déficit commercial avec la Chine – ce qui signifie qu’ils importent plus qu’ils n’exportent ; les Pays-Bas (41 milliards d’euros), le Royaume-Uni (33 milliards d’euros) et l’Italie (24 milliards d’euros) sont les pays européens qui connaissent les plus grands  déficits commerciaux.

Positions:

S’exprimant à la conférence Dialogue stratégique, à Bruxelles, organisée par le think tank Friends of Europe, l’eurodéputé Dirk Sterckx, qui préside la délégation du Parlement européen pour les relations avec la République populaire de Chine, a déclaré qu’un nouvel ordre mondial émergerait lors de la prochaine décennie.

Dans le passé, les réformes du système financier ont été accompagnées par des conflits majeurs ; par des guerres, a-t-il dit. Nous voulons terminer de forger ce nouvel ordre mondial de manière ordonnée et pacifique, a-t-il expliqué. La Chine et l’Europe sont généralement sur la même longueur d’onde, bien qu’il existe quelques différences sur des sujets spécifiques, a-t-il ajouté.

Bates Gill, le directeur de l’Institut International de Recherche de Stockholm sur la Paix (SIPRI), a déclaré que davantage de travail était nécessaire en Europe pour comprendre la Chine contemporaine. Il a mis en garde contre une possible illusion sur les changements qui peuvent être réalisés en Chine, causé par un trop-plein d’optimisme. Il a ajouté que le gouvernement chinois devait faire face à des défis internes majeurs : l’écart grandissant des salaires, les problèmes environnementaux et le malaise social. M. Gill a aussi noté que la Chine ne partageait pas le point de vue de l’Europe sur le multilatéralisme dans l’arène internationale.

Jian Yuan, la vice-présidente de l’Institut chinois des études internationales (CIIS), a déclaré qu’un examen minutieux des réformes des institutions internationales proposé par la Chine montre la possibilité d’un consensus sur la construction d’un nouvel ordre mondial.

La Chine espère que le nouveau système va permettre aux pays émergents d’avoir un rôle plus important au FMI et à la Banque mondiale, a-t-elle expliqué, ajoutant que la Chine suggérait également d’utiliser des droits de tirage spéciaux (DTS) comme monnaie de réserve internationale plutôt que le dollar. Les DTS sont un panier des principales monnaies mondiales utilisées dans la finance et le commerce mondial.

James Moran, le directeur Asie du département des Relations extérieures de la Commission européenne, a déclaré que les relations de l’UE avec la Chine se sont étendues et approfondies lors des cinq dernières années, avec une augmentation du tourisme, du commerce et des échanges universitaires.

Il a décrit l’ajournement du 11ème Sommet UE-Chine l’an dernier comme un contretemps mais il a noté que le rythme des sommets a été très vite restauré du fait de l’interdépendance des deux parties. Moran a jouté qu’il espérait que ces relations soient complètement guéries au moment de la rencontre des dirigeants à Pékin plus tard cette année.  

Fraser Cameron, conseiller en chef à l’Institut européen des études asiatiques (EIAS), a déclaré que l’Europe devrait prendre la tête de la réforme du G8 et changer la manière dont sont choisis les dirigeants du FMI et de la Banque mondiale.

Wang Yiwei, de l’Université de Fujian, a expliqué que la Chine et l’Europe travaillait davantage en coopération qu’en concurrence et que la Chine pouvait apprendre beaucoup du système d’aide sociale européen. De nombreuses valeurs sont partagées entre la Chine et l’UE dans la définition d’un nouvel ordre mondial, a-t-il ajouté.

Dans une déclaration communiquée en amont du sommet, le président de la Commission européenneJosé Manuel Barroso, a déclaré que l’Europe poursuivra son dialogue ouvert et constructif, bâti sur la visite réussie du Premier ministre Wen à Bruxelles fin janvier. Ensemble, l’Europe et la Chine se sont engagées dans un partenariat stratégique étendu. Dans le même temps, la Chine est un partenaire crucial dans les efforts internationaux de lutte contre les défis mondiaux, tels que les crises économique et financière ainsi que le changement climatique. 

La commissaire européenne au CommerceCatherine Ashton, a déclaré qu’un environnement ouvert et juste pour le commerce et les investissements est vital si nous voulons nous remettre de cette crise économique. L’Union européenne et la Chine ont mis en avant lors du Dialogue économique et commercial de haut niveau, il y a moins de deux semaines, le fait qu’elles travaillaient ensemble pour garder les marchés ouverts et atteindre une conclusion rapide du cycle de Doha.

Le groupe de défense d’intérêt des entreprises basé à Bruxelles BusinessEurope a déclaré que le sommet serait une occasion de continuer à améliorer l’accès au marché pour les entreprises européennes et de ce fait aiderait à combattre le déficit commercial grandissant et non soutenable entre ces deux marchés.

Une barrière essentielle au commerce reste la protection insuffisante des droits de propriété intellectuelle, a déclaré le groupe dans un communiqué.

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