Les opinions divergent sur le moyen de marier le développement industriel rapide de la Chine avec une baisse de la consommation d’énergie : lors du Sommet , elles seront au centre des tensions entre les dirigeants, bien que les diplomates chinois à Bruxelles aient indiqué leur volonté de coopérer de manière plus étroite sur les réduction de CO2.
L’ambassadeur Song Zhe, chef de la mission de la République populaire de Chine auprès de l’UE, s’exprimant hier (19 mai) lors d’une conférence sur le rôle de la Chine dans le nouvel ordre mondial, a appelé à une coordination plus étroite pour combattre les crises financières et énergétiques.
Cependant, il a ajouté que la Chine travaillait sur la base de responsabilités communes mais différenciées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Ce principe, contenu dans le Protocole de Kyoto, fait peser une responsabilité plus grande sur les épaules des pays industrialisés tels que les Etats-Unis ou l’UE, tout en reconnaissant des exemptions pour les pays encore en développement comme la Chine, l’Inde et d’autres.
Selon l’ambassadeur, les pays développés sont responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre dans l’Histoire, et les émissions actuelles par personne en Chine ne représentent qu’un cinquième de celles des Etats-Unis. Toutefois, il a ajouté que la Chine était en pleine restructuration de son économie et qu’elle réorganisait ses modèles de production afin de réduire sa consommation d’énergie.
M. Zhe a ajouté que la réponse chinoise à la crise montrait que c’est une nation qui entend assumer sa part de responsabilité.
Répondant aux inquiétudes exprimées sur le futur type de puissance mondiale que sera la Chine dans l’ordre mondial en devenir, l’ambassadeur a assuré que Pékin ne constituerait un danger pour aucun pays.
La Chine fut autrefois tyrannisée par des puissances étrangères et de ce fait connaît le juste coût de l’humiliation de l’inégalité. La Chine ne fera jamais connaitre une telle angoisse aux autres pays. Ni ne poursuivra son propre développement au détriment des intérêts des autres, a-t-il déclaré.
La commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a expliqué que les relations avec la Chine étaient un sujet de discussion clé à la Commission. Selon la commissaire, l’Histoire l’a montré, la montée des puissances mondiales a mené à un monde de tensions et de conflit. Cependant, l’Histoire ne doit pas toujours se répéter, a-t-elle déclaré. Elle a déclaré que les défis communs immédiats auxquels font face la Chine et l’Europe sont la crise économique et l’environnement, appelant à une réponse coordonnée pour ces deux problèmes. Elle a expliqué que l’Europe partageait son savoir-faire avec la Chine sur la technologie du charbon propre, sur la capture du carbone et son stockage dans le but de l’aider à réduire ses émissions de CO2.
La commissaire a ajouté que l’Europe et la Chine avait un intérêt commun à résister au protectionnisme.
Le Sommet se tient dans une semaine alors que de nouveaux chiffres révèlent un déficit commercial de 170 milliards d’euros entre l’UE et la Chine. Entre 2000 et 2008, le commerce de biens entre les deux géants a triplé en termes de valeur. Tous les pays européens ont un déficit commercial avec la Chine – ce qui signifie qu’ils importent plus qu’ils n’exportent ; les Pays-Bas (41 milliards d’euros), le Royaume-Uni (33 milliards d’euros) et l’Italie (24 milliards d’euros) sont les pays européens qui connaissent les plus grands déficits commerciaux.



