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29 novembre 2009
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Dalaï lama : il manque à la Chine une autorité morale [FR][en

Publié: vendredi 5 décembre 2008   

Le Tibet n’est pas contre le gouvernement chinois, mais il n’y a en Chine ni liberté de parole ni liberté de la presse. C’est ce qu’a indiqué aux eurodéputés le chef spirituel du peuple tibétain, le dalaï lama, hier 4 décembre, déplorant le manque d’autorité morale en Chine.

Contexte:

Sa Sainteté le quatorzième dalaï-lama, connu également sous le nom de Tenzin Gyatso, était la dernière personnalité religieuse à prendre la parole devant le Parlement européen au cours de l’Année européenne du dialogue interculturel (EYID 2008external ). Parmi les autres personnalités qui se sont exprimée figurent notamment le grand mufti de Syrie Ahmad Badr Al-Din Hassoun (EurActiv 16/01/08) et le grand rabbin des congrégations juives du Commonwealth britannique Sir Jonathan Sacks (EurActiv 20/11/08).

La visite a eu lieu alors que Pékin annulait un sommet UE-Chine en représailles de la visite du dalaï-lama en Europe, une décision qui a été reçue avec étonnement par les dirigeants européens (EurActiv 27/11/08). 

Sa Sainteté a été obligée de fuir le Tibet pour l’Inde en 1959, après que la Chine a réprimé un soulèvement national dans la région. Résidant depuis lors à Dharamsala (Nord de l’Inde), il a reçu le prix Nobel de la Paix en 1989 pour son opposition à la violence dans sa lutte pour l’autonomie du Tibet.

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Si la Chine est le Tibet sont vraiment amis, alors nous devrions pouvoir être capables de nous pardonner nos fautes, a déclaré le chef spirituel, âgé de 73 ans. Après son discours, il a déclaré aux journalistes que dans la mesure où la Chine fait peu de cas des droits de l’homme et des libertés de religion, d’expression et de la presse, l’image de la Chine, d’un point de vue de l’autorité morale, est très, très faible.

L’harmonie entre les principales religions est absolument possible, car elles enseignent toutes le même message d’amour et de compassion, a déclaré Sa Sainteté aux eurodéputés. Mais un effort spécial sera nécessaire pour y parvenir, a-t-il prévenu, car les guerres sont menées au nom de la religion. 

Sans égard pour le discours qu’il avait préparé, qu’il a demandé aux personnes intéressées de lireexternal ultérieurement, le dalaï-lama s’est plaint du fait que le mode de vie moderne accorde trop d’importance aux valeurs matérielles. Matériellement, nous sommes très riches, a-t-il déclaré, soulignant toutefois que l’un des aspects les plus importants du bonheur est lié à la paix de l’esprit. Trop de stress, d’ambition et d’avidité peuvent détruire la paix intérieure, a-t-il expliqué.  

La visite du dalaï-lama, qui a clôturé l’année européenne du dialogue interculturel 2008, a été assombrie par la querelle qui s’est déclenchée la semaine dernière après que Pékin décide d’annuler un sommet prévu entre l’UE et la Chine en raison de la présence du chef spirituel en Europe.

Sa Sainteté a déclaré aux eurodéputés qu’il ne demandait pas l’indépendance du Tibet, mais une autonomie générale à l’intérieur de la République populaire de Chine (RPC). Les représentants chinois considèrent notre approche comme un mouvement séparatiste, alors que ce n’est pas le cas, a-t-il déclaré, soulignant aux journalistes que c’est totalement faux.  

Le président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering a réagi en déclarant que le Parlement reconnaît l’intégrité territoriale de la Chine et que le Tibet est une partie de la Chine. Néanmoins, nous défendrons toujours les droits du peuple tibétain, a-t-il ajouté. 

Les Chinois déforment tellement les informations et la propagande que j’ai la responsabilité d’expliquer le plus possible la vérité aux dirigeants, a poursuivi le dalaï-lama. Chaque Tibétain souhaite le progrès, il est donc dans l’intérêt de chaque tibétain de rester avec la RPC, a déclaré au Parlement le leader en exil, soulignant son attachement à des moyens non violents d’obtenir plus d’autonomie. 

Cependant, tous les commentateurs ne sont pas d’accord avec cette interprétation. Dans son blogexternal , le fondateur de l’European Policy Center, Stanley Crossick, déplore le manque de clarté entourant les intentions du Dalai Lama, en particulier concernant son désir d’une autonomie significative pour le Tibet. De le même ordre d’idée, il appelle Pékin a définir ce que cela signifie lorsque la Chine se réfère au Tibet comme à une région autonome, plutôt qu’à une province.

De plus, M. Crossick pense que la promotion du dialogue entre les cultures et les religions ne peut être l’unique justification à la visite du chef spirituel en Europe. Le fait de le considérer comme un chef religieux n’explique pas pourquoi le chef de seulement 3 millions de fidèles rencontre les leaders européens si souvent, a-t-il déclaré, refusant de croire que les dirigeants et le chef ne parlent que de religion.

Quant à Sa Sainteté elle-même, elle a demandé aux journalistes de ne pas chercher de calcul politique dans chacun de ses mouvements. Les Chinois traitent toujours le moindre de mes mouvements avec beaucoup de suspicion, a-t-il indiqué. Je pense qu’ils verraient même une signification politique lorsque je bois dans ce verre d’eau, a-t-il plaisanté avant de boire une gorgée. 

Positions:

Faisant allusion aux récentes atrocités de Mumbai, le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering a déclaré que dans de tels cas, des dirigeants de confiance qui prêchent un message de paix et de réconciliation entre les peuples peuvent contribuer de manière importante à notre société.

Réagissant au discours du dalaï-lama, M. Pöttering, président du Parlement européen, a déclaré que si quiconque, y compris le gouvernement chinois, doutait du fait qu’il était une personne de dialogue, son discours avait dissipé ces doutes. 

Le Parlement européen a appelé la Chine à démarrer immédiatement le dialogue sur les droits du peuple tibétain. En outre, le président du Parlement a indiqué que la liberté religieuse et culturelle du Tibet doit être reconnue.

Le dalaï-lama a déclaré après une réunion avec le Premier ministre belge Yves Leterme que les autorités chinoises ont d’abord réagi de manière violente à sa visite, mais que cela s’améliorait. Il y a eu au départ une sorte de menace, mais qui n’a finalement pas été suivie d’effets, a ajouté le chef spirituel. 

La semaine dernière, le gouvernement chinois a déclaré à la présidence française qu’il avait fondé sa décision d’annuler le sommet UE-Chine sur le fait que le dalaï lama visitera certains pays de l’UE au même moment et rencontrera des chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que des présidents d’institutions européennes.

Les Verts/Alliance libre européenne ont saisi l’occasion de la visite du dalaï lama pour appeler au renouveau du dialogue entre la Chine et le Tibet.

Selon les co-présidents du groupe Verts/ALEDaniel Cohn-Bendit et Monica Frassoni, le Parlement européen a systématiquement fait tout ce qu’il était en son pouvoir pour attirer l’attention sur la question du Tibet et pour soutenir la position modérée du dalaï-lama : une véritable autonomie pour la région dans les limites de la constitution chinoise.

Les Verts, avec le soutien du reste du Parlement européen ont demandé au Conseil de nommer un envoyé spécial aux affaires tibétaines pour suivre au plus près les relations entre les représentants du dalaï-lama et les autorités chinoises, ont-ils ajouté.

Comme l’a indiqué aujourd’hui le dalaï-lama, l’unité et l’harmonie ne sont possibles que lorsqu’il y a de la confiance et du respect mutuel, ont relevé M. Cohn-Bendit et Mme Frassoni. A la suite de l’ajournement du sommet UE-Chine, Nicolas Sarkozy rencontrera le dalaï-lama le 6 décembre en Pologne, ont-il fait remarquer. Nous lui demandons de faire tout ce qu’il peut pour encourager les autorités chinoises à rouvrir un dialogue significatif avec les représentants du dalaï-lama, dans le but d’un accord entre les deux parties qui conduise à des résultats solides, ont conclu M. Cohn-Bendit et Mme Frassoni.

Sur son blog, le fondateur de l’European Policy Center, Stanley Crossick, a déclaré qu’aucune question ne cause plus de malentendus ou de mauvaises perceptions entre la Chine et l’Occident que le Tibet et le dalaï-lama. Aucun n’accord n’est possible sur les présumés torts et droits des deux camps, et il est difficile de séparer les faits de leur déformation, que la source soit tibétaine, chinoise ou occidentale, a affirmé M. Crossick. 

Prochaines étapes:

  • 5 déc. : lancement officiel de l’année européenne de la créativité et de l’innovation.

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