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23 novembre 2009
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Entretien : le sommet de Paris va différer les décisions importantes à propos du « Club Med » [FR][en][de

Publié: vendredi 11 juillet 2008   

Ce samedi, le sommet qui lancera l’Union pour la Méditerranée, le projet fétiche de Nicolas Sarkozy, constituera davantage une plateforme de « socialisation » pour les chefs d’Etat qu’une réunion de prise de décisions. C’est ce qu’a déclaré Dorothée Schmid, spécialiste des relations euro-méditerranéennes à l’Institut français des relations internationales (IFRI) à Paris, dans un entretien avec EurActiv France.

« Il est probable […] qu’il ne se passe pas grand-chose au Sommet en lui-même » a déclaré Mme Schmid, qui estime que « les grandes décisions sur la structuration institutionnelle de l’UPM vont être remises à plus tard ».

Elle affirme également que les décisions portant sur le financement des projets, qui doivent être officiellement approuvées lors du sommet, seront également reportées. « Je ne pense pas que nous aurons les plans de financement à cette échéance », indique-t-elle.

La capacité de l’Union pour la Méditerranée à attirer des fonds privés sera essentielle au succès des projets. José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a déjà averti qu’il ne fallait pas attendre une importante contribution du budget de l’UE, avec à peine 50 millions d’euros disponibles dans le cadre de la politique européenne de voisinage, une somme dérisoire par rapport aux milliards nécessaires pour mener les projets à bien.

Le 10 avril, la Commission et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont présenté une étude identifiant 44 projets prioritaires de « dépollution » qui représenteraient approximativement 2,1 milliards d’euros (EurActiv 14/04/08). D’autres projets, évoqués le 20 mai par la Commission, comprennent un plan visant à stimuler l’utilisation de l’énergie solaire dans les pays du sud et sur les autoroutes terrestres et maritimes, à renforcer la coopération en matière de protection civile et à créer une Université euro-méditerranéenne qui représenterait plusieurs milliards d’euros (EurActiv 21/05/08). 

A ce stade toutefois, personne ne peut encore affirmer qui financera les projets, affirme Mme Schmid. « En ce qui concerne les fonds privés nous ne savons pas encore qui va s’engager. Ce n’est pas évident de faire venir le secteur privé sur des projets de développement structurants à long terme, qui par nature mobilisent plutôt des fonds publics ».

Il est néanmoins plus probable que le sommet de Paris pourra faire progresser l’architecture institutionnelle de l’Union. Selon Mme Schmid, les institutions « donneront un aspect concret au projet » parce qu’elles « laissent une trace ». « Et puis cela fait des années que l’on discute d’un rééquilibrage entre le nord et le sud dans les institutions de la Méditerranée. C’est une idée qui est largement partagée sur le fond mais dont on sait qu’en pratique elle est difficile à faire vivre ».
Dans le cadre des projets actuels, les chefs d’Etat et de gouvernement devraient se réunir tous les deux ans. De plus, une coprésidence représentant de manière égale les nations du nord et du sud sera établie pour gérer les sommets et les réunions des ministres des Affaires étrangères. En outre, un secrétariat conjoint  sera mis en place pour promouvoir les projets et se charger de leur suivi.

Mais ici encore, des questions surgissent, notamment « l’éternel problème » de la présence d’Israël parmi les Etats arabes pendant les réunions, indique Mme Schmid.
La question du secrétariat permanent provoque également des maux de tête. « Le gouvernement français souhaiterait que ce secrétariat ait un rôle plus politique mais la Commission souhaiterait le limiter à un rôle plus technique », affirme Mme Schimd. « Or apparemment ce débat n’est pas tranché et ne le sera pas le 13 juillet non plus ».

Dimanche, le sommet de Paris sera aussi assombri par l’absence du leader libyen Mouammar Kadhafi, qui a récemment critiqué violemment le projet d’Union méditerranéenne de M. Sarkozy, affirmant qu’il diviserait les nations du Sud. « Si l'Europe veut coopérer avec nous, qu'elle le fasse avec la Ligue arabe ou l'Union africaine et nous ne prendrons en aucun cas le risque de déchirer l'unité arabe ou africaine », a-t-il déclaré en marge d’un mini sommet arabe en juin (EurActiv 11/06/08). 

Mais l’absence de Mouammar Kadhafi devrait être un cas isolé puisque les dirigeants de près de 40 pays invités à l’événement prévoit tous d’assister au sommet.
Mercredi 9 juillet, en acceptant l’invitation de Nicolas Sarkozy lors d’une conversation téléphonique, Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre turc, a augmenté les chances de succès du sommet. D’après une déclaration de son porte-parole Akif Beki à l’AFP, le Premier ministre a déclaré qu’il assistera au sommet à moins d’un événement extraordinaire.

Cette déclaration survient suite aux réserves émises en premier lieu par la Turquie face au projet. Le pays considérait en effet ce projet comme une alternative à ses aspirations d’adhésion à l’UE. Si M. Sarkozy a été ouvertement opposé à la proposition d’adhésion de la Turquie à l’UE, il a néanmoins modéré sa position en autorisant le Parlement à adopter un amendement à la Constitution française. Il s’agissait de supprimer toute mention de l’organisation de référendums quand un pays à forte population souhaite rejoindre l’UE. La loi n’a pas encore été officiellement adoptée.

Cliquez ici pour lire l’intégralité de l’entretien avec Dorothée Schmid sur EurActiv France (en français).external    

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