Au cours d’une déclaration devant le Parlement réuni en session extraordinaire, la ministre géorgienne des Affaires étrangères Eka Tkeshelashvili a accusé la Russie de « tricher » en raison de l’absence de signes tangibles du retrait de ses troupes. C’est pourtant ce qui avait été prévu par l’accord de trêve négocié par le président français Nicolas Sarkozy. Le délai pour le retrait de toutes les troupes prendra findemain 22 août.
Hier, des rapports d’observateurs ont confirmés les propos de la ministre, signalant que seule une partie des troupes russes s’était retirée. Ces rapports indiquaient également que les troupes se sont emparées d’autres zones stratégiques et qu’elles bloquaient totalement les ports géorgiens.
Au bord des larmes, Mme Tkeshelashvili a également mentionné les exécutions et les persécutions exercées actuellement par les forces russes, les accusant de procéder à un nettoyage ethnique. Selon elle, il est évident que la Russie se livre à une politique impérialiste dont l’objectif est de déstabiliser la Géorgie. La ministre a indiqué quela Russie restauraitainsi les limites des sphères d’influence de l’Europe et de la Russie.
Suspension des négociations sur un partenariat entre l’UE et la Russie ?
Une large majorité d’eurodéputés, en particulier ceux provenant des pays d’Europe de l’Est ayant vécu sous l’occupation soviétique pendant plus de 40 ans, ont partagé cette position. Les eurodéputés ont appelé à une solidarité totale avec la Géorgie et à une réponse forte à l’égard de la Russie. Ils ont en outre invité l’UE à envisager la suspension des négociations d’un nouvel accord de partenariat bilatéral avec la Russie au cas où le pays ne respecterait pas ses engagements. La Russie s’est en effet engagée à retirer ses troupes d’ici le 22 août.
Seule une poignée de parlementaires, comme le socialiste allemand Klaus Hänsch, tenaient des propos plus nuancés. M. Hänsch a rappelé à ses collègues que, malgré la réponse disproportionnée des Russes, c’est bien la Géorgie qui a attaqué la première.
Des troupes européennes de maintien de la paix pour remplacer les forces russes ?
Cependant, la plupart des eurodéputés ont répondu positivement au vœu de Mme Tkeshelashvili, qui souhaite voir l’arrivée de forces européennes de maintien de la paix en Ossétie du Sud en remplacement des troupes russes. Selon la ministre, bien que les forces russes aient l’apparence de troupes de maintien de la paix, leurs intentions sont certainement tout autres.
Mme Tkeshelashvili a fait savoir qu’il n’y a aucune raison pour que la Russie refuse l’envoi d’une force européenne sur le territoire géorgienpuisqu’elle ne dispose d’aucun argument légal ou moral pour entraver une telle mission, ajoutant que la Géorgie est un Etat souverain. Jacek Saryusz-Wolski, président de la Commission de politique extérieure, a indiqué que cette dernière travaillait sur une résolution abordant le problème Cette résolution devrait être soumise aux parlementaires lors de la prochaine session plénière du 1er septembre.
Pendant ce temps, la Russie a annoncé le gel de toutes ses relations avec l’OTAN en réponse à la décision de l’alliance, qui avait décidé la veille de suspendre tout pourparler politique (EurActiv 20/08/08). La Russie a en outre proposé sa propre résolution par rapport à la situation en Géorgie devant le Conseil de sécurité de l’ONU en réaction à la proposition émise la veille par la France. Les membres américains et européens du Conseil ont immédiatement rejeté le projet russe de résolution, qui ne comportait aucune référence à l’intégrité territoriale de la Géorgie.



