Le fait que la résolution ne mentionne pas la cause des hostilités est au centre de la controverse. Lors de la session plénière, le leader allemand du Parti socialiste européen (PSE) Martin Schulz a déclaré que son groupe aurait préféré une référence au « comportement initial inapproprié » de la Géorgie au début du conflit. Il a également déploré que cette mention ne soit pas incluse dans la résolution commune avec les autres groupes politiques.
Mais Elmar Brok (PPE-DE, Allemagne), rapporteur au Parlement sur la résolution de la Géorgie, a écarté les critiques. « Le conflit a débuté quand la Russie a distribué des passeports aux Ossètes du Sud et que les troupes russes ont tiré sur des villages. On peut clairement déterminer qui a déclenché le conflit. La déclaration de M. Schultz est plus un message destiné à son propre groupe qu’autre chose », a déclaré M. Brok en s’adressant à EurActiv.
Malgré la controverse, la résolution a été adoptée par 579 voix pour, 68 contre et 61 absentions.
Interrogé par EurActiv, le vice-président du PSE Jan Marinus Wiersma (Pays-Bas) a expliqué que son groupe souhaitait que le Parlement fasse front commun sur la question géorgienne, ajoutant que c’était la raison pour laquelle les socialistes ont soutenu la résolution. « Mais nous sommes plus critiques que les autres vis-à-vis de la Géorgie », a-t-il souligné.
Il a également expliqué que le texte reposait sur deux idées principales, à savoir que le Parlement soutiendrait les décisions prises lors du sommet européen extraordinaire sur la Géorgie (EurActiv 02/09/08) et qu’il n’y aurait pas d’appel à sanctions contre la Russie.
M. Wiersma a ajouté que les socialistes avaient pris soin de ne pas donner l’impression à la Géorgie que le Parlement européen lui promettait l’adhésion à l’OTAN. C’est la raison pour laquelle les socialistes se sont opposés à un paragraphe qui « rappelle » que lors du dernier sommet de l’OTAN à Bucarest, il avait été convenu que la Géorgie deviendrait à terme un membre de l’Alliance.
En s’adressant à EurActiv, le président de la commission Affaires étrangères Jacek Sariusz-Wolski (PPE-DE, Pologne) a déclaré que, pour sa part, le plus important est que la résolution contienne des déclarations essentielles condamnant la présence et l’occupation russe en Géorgie. Il a également souligné l’importance de mettre en œuvre le plan en six points proposé par le président français Nicolas Sarkozy tout en affirmant son engagement en faveur d’une contribution solide de l’UE, qui enverrait une mission de la PESC et offrirait une aide généreuse pour la reconstruction.
De plus, il s’est dit satisfait que la résolution fasse référence à la proposition conjointe de la Suède et la Pologne pour améliorer la coopération avec la Géorgie, l’Ukraine et la République de Moldavie.



