Parmi les participants aux discussions, accueillies par le président égyptien Hosni Mubarak et co-présidées par le président français Nicolas Sarkozy, figuraient également le président palestinien Mahmoud Abbas, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, le président turc Abdullah Gül et le roi Abdallah II de Jordanie.
Israël a décliné l’invitation au somment, mais dimanche soir, la délégation de la présidence tchèque de l’UE et des dirigeants de plusieurs pays européens ont rencontré des représentants israéliens à Jérusalem.
Parallèlement, Israël a déclaré un cessez-le-feu unilatéral à minuit dimanche et a commencé à retirer des troupes de Gaza. Le Hamas, mouvement palestinien radical qui contrôle la bande de Gaza, a également déclaré un cessez-le-feu immédiat. Aucun affrontement majeur n’a été rapporté, mais les militants palestiniens ont tiré environ 20 roquettes de l’autre côté de la frontière après que les Israéliens ont annoncé le cessez-le-feu. Israël a répondu à ces tirs par une attaque aérienne.
M. Mubarak et ses hôtes ont appelé le monde à garantir la fin du combat dans l’enclave.
Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a déclaré : « Ce cessez-le-feu fragile doit être suivi immédiatement, pour être consolidé, des accès humanitaires qui ont été demandés précédemment, du retrait des troupes israéliennes de Gaza, de l’arrêt du trafic d’armes, de l’ouverture des points de passage, de l’arrêt des roquettes et par le lancement de négociations sérieuses pour parvenir à un règlement final du conflit ».
Des observateurs pour empêcher la contrebande d’armes
Le Royaume-Uni a indiqué qu’il utiliserait sa flotte militaire de la mer Rouge et du Golfe d’Aden pour lutter contre la contrebande d’armes par voie maritime et pour soutenir une précédente initiative visant à déployer des observateurs européens dans la région (EurActiv 08/01/09). Londres s’est également engagé à aider à former les forces de sécurité palestiniennes et égyptiennes et a offert d’aider à transporter les enfants palestiniens blessés vers des hôpitaux en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Ces mesures impliqueront un bref voyage à travers Israël, que la plupart des enfants n’ont jamais vu.
Notre « première priorité », qui est un impératif humanitaire, est de donner de la nourriture et des médicaments à ceux qui en ont en besoin d’urgence a déclaré M. Brown. « Israël doit permettre un plein accès des travailleurs humanitaires »et aux approvisionnements d’urgence, a-t-il ajouté, soulignant qu’il faut également mettre un terme à l’isolement économique de la bande de Gaza en rouvrant les postes de passage qui la relient au reste du monde.
M. Sarkozy a ajouté que la France pourra fournir des observateurs pour empêcher le trafic d’armes à Gaza ainsi que des technologies pour aider à localiser les tunnels de contrebande. Il a également remis « sur la table l'idée d'une grande conférence qui permettrait de poser les bases d'une paix durable ».
L’Allemagne a également offert son assistance dans la prévention du trafic d’armes dans la bande de Gaza.
La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré que l’Europe était ici en position de force et qu’elle devait montrer qu’elle voulait apporter sa contribution. Elle a néanmoins ajouté qu’elle espérait du nouveau président américain qu’il joue également un rôle clé au Moyen-Orient.
En se référant probablement aux Etats-Unis – qui brillent par leur absence à ce moment critique –, M. Sarkozy a déclaré que l’on avait besoin de tout le monde.
Parallèlement, le monde a commencé à prendre la pleine mesure de la dévastation à Gaza. Quatre mille maisons ont été détruites et des dizaines de milliers de personnes ont été laissées sans abri par les combats. John Ging, représentant officiel des Nations Unies, a déclaré qu’un demi million de personnes est sans eau depuis le début du conflit, et qu’un grand nombre de personnes sont sans électricité. Une réunion de la Ligue arabe au Koweït devrait examiner une proposition d’un fonds de 2 millions de dollars pour la reconstruction de Gaza.
Le Hamas réussira à se réarmer
Un chef du Hamas masqué a déclaré aujourd’hui à un journaliste à Gaza qu’il se réarmera au mépris des efforts israéliens et internationaux d’empêcher que la situation ne se détériore de nouveau.
Abu Ubaida, un porte-parole de la branche armée du Hamas, a déclaré lors d’une conférence de presse : « Faites ce que vous voulez. Fabriquer des armes saintes est notre mission et nous savons comment s'en procurer ».
(Avec la contribution d’agences.)



