M. Bagiş, qui s'adressait à un certain nombre de journalistes triés sur le volet, a été jusqu'à dire que l'OTAN devrait envoyer une mission pour mettre fin au blocus de Gaza. Quand on lui a demandé de clarifier, il a dit que c'était son avis personnel, et l'une des options, mais n'a pas exclu la possibilité d'une action de son pays dans ce sens.
M. Bagiş a qualifié l'attaque israélienne du 31 mai sur la flottille humanitaire d'agression, d'acte de piratage et terroriste, et d'acte barbare et irréfléchi mettant en danger la paix dans le monde.
Bien que ceux qui ont été tués étaient des citoyens turcs, il a insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas seulement d'une crise turco-israélienne. Il a souligné qu'il y avait des nationaux de 31 pays à bord de la flottille, qui auraient tous pu faire partie des victimes.
Il a appelé à une enquête internationale et une action multilatérale pour mettre fin au blocus sur Gaza. Il a également appelé le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à assumer sa responsabilité pour son attitude tyrannique, sous-entendant qu'il devrait démissionner.
Pourquoi est-ce que la population innocente d'Israël devrait-elle souffrir d'un premier ministre et d'un ministre des affaires étrangères qui agissent comme des tyrans? a-t-il demandé.
M. Bagiş a dit que la stratégie d'attaque de la flottille avait au moins alerté la communauté internationale sur la détresse des Palestiniens de la bande de Gaza, qui vivent sous le blocus depuis juin 2007.
L'OTAN devrait envoyer une flotte
Je pense que l'OTAN devrait envoyer une flotte pour mettre fin à l'embargo, et en même temps pour assurer la sécurité des Israéliens et Palestiniens, a affirmé M. Bagiş.
Lorsqu'on lui a demandé si cela signifierait que l'OTAN devrait vaincre la flotte israélienne, il a répondu : il s'agit d'un embargo illégal.
M. Bagiş a poursuivi en expliquant qu'il était contre la violence et a affirmé que le but de la flottille était d'apporter des biens humanitaires. De telles opérations devraient être menées par la communauté internationale, non pas par les ONG, a-t-il dit, ajoutant que l'attaque avait montré à quel point les membres des ONG étaient vulnérables.
En réponse à une question posée, il n'a pas exclu la possibilité que son pays prenne sa propre initiative.
Sur la question de savoir s'il serait plus pertinent, et certainement plus acceptable pour Israël, que les frontières du territoire soient ouvertes afin de laisse entrer l'aide humanitaire et s'assurer qu'aucune arme ne soit introduire clandestinement, il a répondu : qui s'occupera de vérifier ? Je n'ai pas confiance en la surveillance israélienne, a-t-il dit.
Toutefois, dans un autre contexte, M. Bagiş a salué la coopération avec Israël dont son pays avait bénéficié durant le mandat d' Ehut Olmert (2006-2009), au moins jusqu'à l'incursion de Gaza en janvier 2009.
Des sources de l'OTAN ont confié à EurActiv que la Turquie n'avait pas demandé d'opération pour mettre fin à l'embargo sur Gaza. Une opération de l'alliance semble peu réaliste, ont ajouté les sources.
La première réaction d'Ashton est "une blague"
Suite à la réaction de l'UE à l'attaque de la flottille, M. Bagiş a affirmé que la première réaction de Catherine Ashton, la haute représentante de l'UE aux affaires étrangères, était une blague.
Mme Ashton a réagi en appelant les Israéliens eux-mêmes à enquêter sur l'incident. Mais M. Bagiş a ajouté que la déclaration suivante de Mme Ashton au nom des 27 de l'UE était de meilleure qualité.
Interrogé par EurActiv pour savoir si ses déclarations, plutôt musclées, étaient propices à convaincre les dirigeants de l'UE d'avoir le Turquie à leurs côtés en tant qu'Etat membre, M. Bagiş a dit qu'Ankara apporterait une nouvelle perspective au tableau, et empêcherait peut-être l'UE de commettre une erreur.
Mais il a ensuite ajouté que la Turquie ne voulait pas devenir un Etat membre tant que l'UE n'était pas prête.
Obama reçoit Abbas
Pendant ce temps à Washington, suite à une rencontre avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbbas, le président des Etats-Unis Barack Obama a dit lors d'une conférence de presse que la situation actuelle n'était pas viable et a indiqué qu'il consulterait l'Europe, l'Egypte, ainsi que l'Autorité palestinienne et Israël, pour formuler une nouvelle approche.
Il devrait y avoir des moyens de se concentrer davantage sur le chargement d'armes, plutôt que de se focaliser aveuglément sur le fait de tout arrêter et d'autoriser de façon irrégulière l'entrée de biens dans Gaza, a dit M. Obama.
Il a également annoncé que les Etats-Unis garantissaient 400 millions de dollars supplémentaires d'assistance pour les ménages, la construction d'écoles, et le développement des entreprise, pas seulement à Gaza mais également en Cisjordanie.
La presse en Israël a fait remarquer que M. Obama rejetait l'actuel modèle israélien de contrôle du commerce et de l'approvisionnement dans la bande de Gaza, bien qu'il reconnaisse la légitimité des inquiétudes sur la sécurité d'Israël et n'ait pas été jusqu'à appeler à la levée du blocus.




