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Le président français Nicolas Sarkozy, qui assure également la présidence de l’UE, a indiqué qu’il était prêt à convoquer un Conseil européen à moins que la Russie ne retire ses troupes de Géorgie « sans délai». Le retrait doit commencer aujourd’hui 18 août.
Le 7 août, les troupes géorgiennes ont envahi la région séparatiste d’Ossétie du Sud. Cet évènement rappelle fortement certaines mises en garde émises dernièrement par l’Observatoire international des Crises (OIC) (EurActiv 9/06/08). L’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, qui font officiellement partie du territoire géorgien, sont en réalité autonomes et en grande partie sous l’influence de la Russie. On parle également de ces régions comme des zones de « conflits gelés ». Les tensions dans les deux régions se sont accrues depuis la déclaration d’indépendance du Kosovo en février dernier.
La Russie a répondu par une action militaire de grande envergure, envahissant une partie de la Géorgie. Suite à cette invasion, les pays occidentaux craignent que la Russie ne profite de l’occasion pour renverser Mikhaïl Saakashvili, le président géorgien pro-occidental, et ne fasse de la Géorgie un Etat vassal, comme lors de l’époque soviétique.
Lors d’une visite à Moscou et à Tbilissi le 12 août, le président français Nicolas Sarkozy a participé à la négociation d’un accord de cessez-le-feu que les deux parties ont accepté de signer.
Lors d’un entretien téléphonique avec le président russe Dmitri Medvedev, M. Sarkozy lui a indiqué qu’« un retrait sans délai de toutes les forces militaires russes entrées en Géorgie depuis le 7 août » devait avoir lieu. C’est ce que l’Elysée a fait savoir dans un communiqué, ajoutant que M. Medvedev avait promis le début du retrait pour aujourd’hui 18 août.
Selon le Kremlin, M. Medvedev a déclaré à M. Sarkozy que les forces russes présentes en Géorgie allaient commencer à se déplacer vers l’Ossétie du Sud et vers une zone de sécurité qui correspond approximativement à ses frontières.
Dans une tribune pour le quotidien français Le Figaro, M. Sarkozy a prévenu M. Medvedev des conséquences graves qu’une « non-exécution de l’accord du cessez-le-feu du 12 août aurait sur les relations de la Russie avec l’UE ».
Faisant allusion à la possible tenue d’un Conseil européen extraordinaire, le président français a également fait savoir que l’UE devrait revoir ses relations avec Moscou.
Dans la même tribune, M. Sarkozy ajoute : « Nous devrons aussi déterminer si l'intervention de la Russie contre son voisin géorgien aura été une réponse brutale et excessive, dans ce cas singulier, ou si elle inaugure un nouveau durcissement de Moscou vis-à-vis de ses voisins et de la communauté internationale tout entière ».
La chancelière allemande Angela Merkel s’est elle aussi rendue à Tbilissi dimanche 17 août pour rencontrer le président Saakashvili. Signalant que le monde avait les yeux tournés vers la Russie, elle a estimé que la crédibilité du pays était en jeu dans cette affaire.
La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice partage la même position que les autres alliés occidentaux de Saakashvili. Elle a indiqué à la télévision américaine que la réputation de la Russie était « en lambeaux ».
Entre-temps, l’International Herald Tribune a cité des sources militaires américaines affirmant que l’armée russe avait déployé des rampes de lancement de missiles tactiques en Ossétie du Sud. Selon ces sources, les missiles SS-21 pourraient atteindre une grande partie du territoire géorgien, dont la capitale Tbilissi, depuis leurs nouvelles positions au nord de Tskhinvali, la capitale d’Ossétie du Sud.
Le 16 août, le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov a déclaré à des journalistes que les forces russes resteraient en Géorgie aussi longtemps que nécessaire. Il a ajouté que leur retrait dépendrait de la mise en place de ce qu’il a appelé « des mesures de sécurité supplémentaires », sans donner plus d'explications. Il a précisé que les accords « ne précisent pas de plafond pour le contingent de maintien de la paix ». Il a également souligné que le temps nécessaire ne dépend pas seulement de la Russie et que ce n’était pas la première fois que cette dernière devait faire face à des problèmes provoqués par la Géorgie.
Le président américain George W. Bush a prévenu la Russie le 16 août de ne pas tenter de détacher encore plus les deux régions séparatistes de la Géorgie. Il a ajouté que Moscou doit mettre fin à ses opérations militaires dans ce pays démocratique pro-occidental anciennement membre l’empire soviétique. Depuis son ranch texan, le président américain a indiqué à des journalistes que la signature par le président russe Dmitri Medvedev d’un accord prévoyant un cessez-le-feu avec la Géorgie constituait une étape encourageante. Malgré tout, il a ajouté que l’idée russe d’une Géorgie privée des provinces d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie avait mis les négociations dans l’impasse dès le début. Le président américain a indiqué que ces régions faisaient partie de la Géorgie, soulignant que la communauté internationale a clairement stipulé à plusieurs reprises qu’elles le resteraient. « Il n’y a aucune discussion possible sur le sujet », a-t-il également affirmé.
Selon le Finlandais Alexander Stubb, président de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), l’organisation doit se réunir le lundi 18 août pour discuter de l’envoi de cent observateurs supplémentaires en Géorgie.