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Head of Unit - Corporate Services M/F (Grade AD 10)
Permanent representative in Madrid
Principal, Border Management Staff College (P5)
Stagiaire / Trainee - for the leading EU policy media
Junior Scientific and Technical Advisor
Assistant Communications & Public Affairs Departments
Mettre une annonceLe premier ministre britannique Gordon Brown évite soigneusement de faire tout commentaire public à la suite de la décision très controversée du gouvernement écossais, prise la semaine dernière, de libérer l’unique auteur détenu de l’attentat à la bombe de 1988 contre un gros porteur au-dessus de Lockerbie.
Mouammar Kadhafi est à la tête de la Libye depuis son coup d’Etat militaire il y a près de 40 ans, le 1er septembre 1969, dont le pays s’apprête à célébrer l’anniversaire. En théorie, M. Kadhafi n’occupe aucune position officielle dans son « gouvernement des masses » ou « Jamahiriya ». Mais en pratique, il gouverne avec une main de fer, les libertés civiles élémentaires étant inexistantes et l’opposition non tolérée.
La Libye endure des sanctions économiques et un isolement diplomatique depuis les attaques terroristes dans les années 1980, dont on a pensé que Tripoli était le commanditaire. Cela inclut l’attentat à la bombe de Lockerbie, l’explosion d’un avion commercial français au-dessus du désert du Sahara en 1989 et un attentat à la bombe dans une boite de nuit de Berlin en 1986.
Le drame de Lockerbie a eu lieu le 21 décembre 1988, lorsque le vol PanAm 103 – une Boeing 747-121 appelé « Clipper Maid of the Seas » effectuant la traversée Londres-New York – fut détruit par une bombe et s’écrasa sur la ville de Lockerbie. L’ensemble des 243 passagers, les 16 membres d’équipage et 11 personnes au sol furent tuées.
En 2001, Abdelbaset Ali al-Megrahi, un Libyen travaillant pour les services secrets de son pays, fut reconnu coupable de l’attentat à la bombe par une cour spéciale à Camp Zeist, aux Pays-Bas, et condamné à la prison à vie. Un autre suspect libyen, Lamin Khalifah Fhimah, fut déclaré non coupable. Le 29 mai 2002, la Libye a offert 2,7 milliards de dollars US pour mettre un terme aux plaintes des familles des 270 victimes, ce qui représente 10 millions de dollars US par famille.
Cependant, la Libye n’a jamais officiellement accepté la responsabilité de l’attentat de Lockerbie et M. Megrahi a toujours clamé son innocence. D’autre part, selon certaines informations, lorsque Tripoli a accepté de remettre les deux accusés à la cour, son dirigeant M. Kadhafi s’attendait en fait à ce que ses compatriotes soient déclarés innocents.
Malgré les avertissements énergiques des Etats-Unis, l’Ecosse a relâché M. Megrahi le 20 août pour raisons médicales, ce dernier affirmant souffrir d’un cancer de la prostate. Sa libération a déclenché une tempête de protestations à travers le monde.
Selon les explications d’un porte-parole, Gordon Brown croit que la libération anticipée du poseur de bombe de Lockerbie est un sujet trop sensible pour être commenté, a rapporté hier (24 août) la presse anglaise.
Défendant le silence de M. Brown, le porte-parole a déclaré que le premier ministre reconnaissait sans équivoque qu’il s’agissait là d’une décision très difficile, et extrêmement sensible, et que les sentiments des familles des personnes victimes de cette attaque terroriste seront très forts.
Le responsable a poursuivi en parlant d’une décision unique, sensible et difficile. Le gouvernement de Londres s’est abstenu de tout commentaire avant la décision et n’en fera pas après, a-t-il ajouté.
Officiellement, Westminster garde ses distances avec la décision des autorités écossaises de permettre à M. Megrahi d’être renvoyé chez lui pour y mourir. Le Royaume-Uni insiste pour dire que le gouvernement écossais est libre de se prononcer sur des matières judiciaires, et que la seule critique faite portait sur le fait que M. Megrahi avait été accueilli dans son pays comme un héros, bien que les autorités libyennes aient accepté le fait que l’évènement ne devait pas faire de vagues.
Un présent pour le dirigeant
Mais certains diplomates dont les propos ont été repris auraient dit ne pas croire que le moment choisi pour la libération de M. Megrahi, juste avant le 40e anniversaire de la « libération libyenne » ne soit qu’une coïncidence.
L’ancien premier ministre anglais Tony Blair a admis samedi, lors d’un entretien avec CNN, que les autorités libyennes avaient évoqué le cas de M. Megrahi dans tous les contacts bilatéraux avec des représentants anglais.
Que cela soit bien clair : les Libyens, bien sûr, ont évoqué l’affaire Megrahi en permanence, non seulement avec moi mais avec tout le monde. Il s’agissait d’un sujet d’inquiétude majeur pour eux, selon M. Blair. Mais comme je le leur disais, je n’ai pas le pouvoir de libérer M. Megrahi, a ajouté M. Blair.
De même, Gordon Brown aurait discuté de l’affaire Megrahi avec M. Kadhafi au sommet du G8 à L'Aquila (Italie), en juillet dernier.
Mauvaise diplomatie mais bonnes affaires?
Le secrétaire anglais aux Affaires étrangères, David Miliband, a rejeté les accusations selon lesquelles Londres aurait donné sa bénédiction au gouvernement écossais pour la libération du prisonnier, espérant ainsi exploiter de nouvelles opportunités d’affaires dans ce pays regorgeant de pétrole.
Ce démenti, toutefois, a été remis en question quand le fils de M. Kadhafi, Seif Al-Islam Kadhafi, a insisté sur le fait que la décision de libérer M. Megrahi était liée à des accords commerciaux.
Dans toutes les discussions avec les Anglais concernant la Libye, j’ai toujours mis l’affaire Megrahi sur la table, aurait dit Seif. Seif est largement considéré comme le prochain dirigeant libyen en devenir.
Pire, M. Kadhafi lui-même a jeté de l’huile sur le feu en remerciant la Reine, le Prince Andrew et Gordon Brown pour la libération de M. Megrahi, qu’il a reçu en grande pompe lors d’une apparition télévisée, jeudi.
Le gouvernement écossais se bat pour sa survie
En parallèle, les partis d’opposition en Ecosse seraient en train de préparer un vote de méfiance sur la décision de libérer M. Megrahi prise par Kenny MacAskill, le secrétaire écossais à la justice.
L’Ecosse est gouvernée par un gouvernement minoritaire du Parti national écossais (SNP), qui fait campagne pour l’indépendance de l’Ecosse. Pourtant, ce n’est pas tant le sort du gouvernement écossais que les autorités craignent le plus, mais plutôt des révélations gênantes, selon des observateurs.
Des théories du complot au centre de l’attention
Bien qu’ayant été longtemps traitées de théories du complot, les allégations selon lesquelles M. Megrahi puisse être innocent de ses charges commencent à sortir de l’ombre. Selon de nombreux commentateurs britanniques, M. Megrahi a été libéré parce que les autorités britanniques craignaient qu’un appel possible sur l’affaire Megrahi l’aurait déclaré innocent, mettant le monde judiciaire dans l’embarras.
L’officier de la CIA à la retraite Robert Baer affirme qu’un témoin clé – un national maltais – a été manipulé et que l’appel aurait montré au-delà de tout soupçon possible que l’attentat avait été orchestré par l’Iran (EurActiv 19/08/09).
Le professeur Robert Black de l’université d’Edimbourg, qui a suivi l’affaire Lockerbie depuis son commencement, a affirmé que Malte devrait exiger une enquête séparée sur l’attentat, afin de rétablir la réputation du pays et de la sécurité de ses aéroports. Une telle enquête, a-t-il suggéré, pourrait être mené par l’Union européenne à la demande de Malte.
Je pense que le gouvernement maltais devrait faire lourdement pression au sein de l’UE pour une enquête sur Lockerbie, a commenté le professeur Black.
Le premier ministre adjoint de Malte, Tonio Borg, a rapidement réagit dimanche, en affirmant que son pays n’entretenait aucune relation avec le désastre de Lockerbie.
Kenny MacAskill, Secrétaire d’Etat écossais à la Justice, a fait la déclaration suivante au Parlement hier, soulignant que c’était sa décision de libérer M. Megrahi pour raisons personnelles.
Les décisions sont une conséquence du poste de Secrétaire à la justice que je suis fier et honoré d’occuper. Les demandes ont été faites conformément à la loi, et j’ai été obligé d’en tenir compte. Les avis finaux de mes fonctionnaires ont été rendus tard le vendredi 14 août 2009. J’ai réfléchi à cet avis avant de prendre et d’annoncer mes décisions. Il relevait de ma responsabilité de trancher sur ces deux demandes. Cela a été ma décision et ma décision à moi seul, a-t-il déclaré, selon une transcription officielle obtenue qu’EurActiv s’est procurée.
Le ministre écossais a insisté sur le fait que M. Megrahi a pris seul la décision de retirer son appel. Il a ajouté qu’il restait certaines inquiétudes relatives à l’affaire Lockerbie, pointant qu’il ne revenait pas à l’Ecosse de décider de poursuivre les investigations, mais plutôt à une autorité mondiale.
Il demeure des inquiétudes sur certaines questions plus larges relatives à l’horreur de Lockerbie. C’est une question mondiale, et de nature internationale. Les questions qui doivent être posées et auxquelles il faut répondre dépassent la juridiction du droit écossais et des attributions limitées du gouvernement écossais. Si une enquête supplémentaire était jugée appropriée, elle devrait alors être initiée par ceux qui disposent du pouvoir et de l’autorité requis. Le gouvernement écossais serait heureux de coopérer pleinement à une telle enquête, a déclaré M. MacAskill.