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L’heure de la décision approche pour la mission de l’UE en Géorgie [FR]

Publié 02 mars 2009
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Georgia Russia
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L’UE et les Nations unies doivent prendre une décision sur l’avenir de la mission de surveillance de l’UE aux frontières des régions séparatistes d’Abkhasie et d’Ossétie du sud, a déclaré à EurActiv l’eurodéputé Richard Howitt.

De retour d’une visite en Géorgie, vendredi (27 février), l’eurodéputé britannique Richard Howitt, porte-parole du parti travailliste britannique pour les Affaires étrangères et l’élargissement au Parlement européen, a expliqué que toute décision de prolonger le mandat de la mission européenne doit être coordonnée avec l’ONU.  La visite a eu lieu une semaine après que Pavel Felgenhauer, analyste militaire russe, a prédit que la Russie finira son travail cet été en lançant d’autres attaques militaires contre la Géorgie. 

Après sa rencontre avec les plus hautes autorités géorgiennes, M. Howitt a indiqué que Tbilissi exerçait des pressions contre l’UE afin que cette dernière en fasse davantage pour l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. 

« Il ne fait aucun doute que les Géorgiens souhaitent que la mission de l’UE soit prolongée et étendue. Certains m’ont révélé que leur scénario idéal serait que les Européens viennent armés et se battent pour pouvoir rester en Ossétie du Sud et en Abkhazie, ce qui ne risque pas d’arriver », a indiqué M. Howitt. 

L’eurodéputé a expliqué que le mandat officiel de l’EUMM échoit en septembre, ajoutant que l’un des objectifs de la mission du Parlement est de trancher la question de savoir si une extension devrait être recommandée. 

Il y a un argument en faveur de l’extension de la mission de l’UE, a déclaré M. Howitt, parce que les observateurs peuvent toujours rendre compte objectivement de la violence et jouer un rôle dissuasif empêchant que le conflit n’éclate à nouveau. Par contre, il a indiqué qu’il n’était pas possible que l’UE envoie des missions d’observateurs dans tous les points chauds. 

« Le message que je veux transmettre aux Géorgiens, c’est qu’ils ne placent pas la mission de police au centre de leur relation avec l’UE, parce qu’ils pourraient involontairement envoyer un message erroné aux Russes », a indiqué M. Howitt.   

«Les Géorgiens devraient citer, comme exemple d’engagement fort pour la paix et la stabilité futures du pays, les quelque cinq milliards de dollars d’engagements financiers réalisés par l’Europe et la communauté internationale l’année dernière, ainsi que la création de la nouvelle relation de l’UE avec ses partenaires de l’Ouest, au lieu de mentionner uniquement le destin de cette mission spécifique », a insisté M. Howitt. 

Rappelant que la mission de l’ONU en Abkhazie a l’avantage de pouvoir patrouiller en Abkhazie même, ce que les observateurs de l’EUMM ne peuvent pas faire, l’eurodéputé a appelé à une solution pragmatique. 

« Peut-être qu’il est moins important de savoir qui fait ce travail, tant que le travail est fait. Si les Nations unies peuvent le faire, peut-être que la mission de l’UE n’a pas besoin d’effectuer ce travail», a-t-il poursuivi, faisant allusion au fait que l’UE pourrait décider de ne pas étendre la mission. 

Mais M. Howitt a averti qu’au cas où Moscou userait de son droit de veto quant à l’extension de la mission de l’ONU, l’UE devrait garder sa propre équipe, étant donné que la décision de l’UE, prise en septembre, interviendra après celle de l’ONU, qui aura lieu en juin. 

Prochaines étapes : 
  • Juin 2009 : décision de l’ONU sur l’extension de sa mission d’observation
  • Sept. 2009 : la mission de l’EUMM arrive à terme.
Contexte : 

L’Abkhazie et l’Ossétie du Sud ont déclaré leur indépendance à l’égard de la Géorgie en août dernier, à la suite de la brève guerre entre la Géorgie et la Russie. Pour l’instant, elles n’ont été reconnues que par la Russie et le Nicaragua. 

En septembre dernier, les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé d’envoyer 200 observateurs avant le 1er octobre pour surveiller le cessez-le-feu en Géorgie. Ils ont en outre nommé un diplomate allemand, Hansjörg Haber, à la tête de la mission, à laquelle on se réfère sous le nom d’EUMM. Le siège de la mission, qui a été lancée avec succès malgré des délais courts, se trouve à Tbilissi et dispose également de bureaux régionaux. 

L’EUMM ne se trouvera pas sous l’autorité de l’ONU ou de l’OSCE. Elle sera en effet une mission autonome conduite par les Européens selon la politique européenne de sécurité et de défense (PESD).

Les observateurs de l’EU ne disposent pas d’un mandat leur permettant de patrouiller en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Une mission de l’ONU, en revanche, a obtenu un mandat pour patrouiller en Abkhazie, mais il arrive à échéance en cours d’année. La Russie a clairement fait savoir que l’Abkhazie acceptera une extension du mandat de l’ONU à condition que la mission soit renommée. Du point de vue de Moscou, le titre actuel de la mission, MONUG (Mission d'observation des Nations unies en Géorgie), est hors de propos (EurActiv 03/10/08).

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