De retour d’une visite en Géorgie, vendredi (27 février), l’eurodéputé britannique Richard Howitt, porte-parole du parti travailliste britannique pour les Affaires étrangères et l’élargissement au Parlement européen, a expliqué que toute décision de prolonger le mandat de la mission européenne doit être coordonnée avec l’ONU. La visite a eu lieu une semaine après que Pavel Felgenhauer, analyste militaire russe, a prédit que la Russie finira son travail cet été en lançant d’autres attaques militaires contre la Géorgie.
Après sa rencontre avec les plus hautes autorités géorgiennes, M. Howitt a indiqué que Tbilissi exerçait des pressions contre l’UE afin que cette dernière en fasse davantage pour l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud.
« Il ne fait aucun doute que les Géorgiens souhaitent que la mission de l’UE soit prolongée et étendue. Certains m’ont révélé que leur scénario idéal serait que les Européens viennent armés et se battent pour pouvoir rester en Ossétie du Sud et en Abkhazie, ce qui ne risque pas d’arriver », a indiqué M. Howitt.
L’eurodéputé a expliqué que le mandat officiel de l’EUMM échoit en septembre, ajoutant que l’un des objectifs de la mission du Parlement est de trancher la question de savoir si une extension devrait être recommandée.
Il y a un argument en faveur de l’extension de la mission de l’UE, a déclaré M. Howitt, parce que les observateurs peuvent toujours rendre compte objectivement de la violence et jouer un rôle dissuasif empêchant que le conflit n’éclate à nouveau. Par contre, il a indiqué qu’il n’était pas possible que l’UE envoie des missions d’observateurs dans tous les points chauds.
« Le message que je veux transmettre aux Géorgiens, c’est qu’ils ne placent pas la mission de police au centre de leur relation avec l’UE, parce qu’ils pourraient involontairement envoyer un message erroné aux Russes », a indiqué M. Howitt.
«Les Géorgiens devraient citer, comme exemple d’engagement fort pour la paix et la stabilité futures du pays, les quelque cinq milliards de dollars d’engagements financiers réalisés par l’Europe et la communauté internationale l’année dernière, ainsi que la création de la nouvelle relation de l’UE avec ses partenaires de l’Ouest, au lieu de mentionner uniquement le destin de cette mission spécifique », a insisté M. Howitt.
Rappelant que la mission de l’ONU en Abkhazie a l’avantage de pouvoir patrouiller en Abkhazie même, ce que les observateurs de l’EUMM ne peuvent pas faire, l’eurodéputé a appelé à une solution pragmatique.
« Peut-être qu’il est moins important de savoir qui fait ce travail, tant que le travail est fait. Si les Nations unies peuvent le faire, peut-être que la mission de l’UE n’a pas besoin d’effectuer ce travail», a-t-il poursuivi, faisant allusion au fait que l’UE pourrait décider de ne pas étendre la mission.
Mais M. Howitt a averti qu’au cas où Moscou userait de son droit de veto quant à l’extension de la mission de l’ONU, l’UE devrait garder sa propre équipe, étant donné que la décision de l’UE, prise en septembre, interviendra après celle de l’ONU, qui aura lieu en juin.



