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27 novembre 2009
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Iran : l’UE à la tête des pressions occidentales [FR][en][de

Publié: mardi 16 juin 2009   

L’Europe a exigé le 15 juin que l’Iran enquête sur la victoire électorale du Président Mahmoud Ahmadinejad. Washington a cependant préféré adopté un ton plus prudent, tout en appelant à mettre fin aux répressions contre les manifestations de l’opposition.

Contexte:

L’élection présidentielle de la République islamique d’Iran qui s’est tenue le 12 juin a dévoilé des divisions sociétales profondes entre les conservateurs et les réformistes. La population citadine éduquée, les femmes et les jeunes générations favorisent l’ouverture, et ont placé leur confiance dans le candidat Mir Hossein Moussavi.

Après que le Président en place, Mahmoud Ahmadinejad, ait été déclaré vainqueur, les réformistes ont déclaré que les élections étaient truquées et ils sont descendus dans la rue, exigeant la justice et des réformes.

Le monde regarde avec inquiétude les évènements en Iran, un pays qui possède la capacité de tirer des missiles balistiques aussi loin que le territoire américain (EurActiv 04/02/09) et qui développe un programme nucléaire. 

Le 25 février, l’Iran a testé sa première usine de production nucléaire sur le site de Bushehr, utilisant des barres de combustibles factices. Des officiels affirment que les prochains essais utiliseront de l’uranium enrichi.

Un récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique indique que l’Iran possède désormais 1 010 kilogrammes d’uranium faiblement enrichi, soulevant des inquiétudes sur le fait que ce pays a désormais de l’uranium en quantité suffisante – et les moyens de l’enrichir encore plus – pour produire à la fois du carburant nucléaire et le noyau fissile des ogives nucléaires. 

A lire aussi:

Autres articles:

A la tête de l’UE, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont appelé l’Iran à clarifier le résultat, alors que des tirs sporadiques ont éclaté à Téhéran après d’importantes manifestations des partisans du candidat modéré Mir Hossein Moussavi.

Le Président français Nicolas Sarkozy a affirmé dans une déclaration que toute manipulation de l’élection serait inacceptable.

M. Sarkozy a condamné la violence contre les manifestants, les arrestations d’opposants et d’hommes politiques, les restrictions aux libertés publiques, à la liberté d’expression et de communication, et les obstacles au travail des journalistes étrangers et iraniens, selon cette déclaration.

A Washington, où le Président Barack Obama a promis d’essayer de mettre fin à 30 ans d’hostilités avec Téhéran, l’administration a souligné qu’elle attendait l’issue des marchandages post-électoraux avant de faire des commentaires définitifs.

Nous sommes profondément troublés par les mentions de violence dont on nous a fait part, ainsi que d’arrestations et d’irrégularités possibles lors du vote, a expliqué le porte-parole du Département d’Etat Ian Kelly, ajoutant que Washington était encore en train d’examiner ce qui s’était passé lors de l’élection.

Nous appelons les autorités iraniennes à respecter le droit de son peuple à s’exprimer de manière pacifique, a-t-il déclaré.

M. Kelly a affirmé que de sérieux doutes pesaient sur les résultats officiels, qui ont crédité le Président sortant M. Ahmadinejad d’une victoire éclatante. M. Moussavi souhaite que les résultats de l’élection de vendredi soient annulés.

Les autorités en Iran doivent prendre ces inquiétudes au sérieux. Ils doivent les examiner. Mais je ne vais rester ici aujourd’hui et prévoir comment nous allons réagir, quelle que soit l’issue, a ajouté M. Kelly.

Nous sommes paralysés par le fait que les Iraniens n’autorisent pas de surveillance internationale. Nous n’avons pas de diplomates sur le terrain, a-t-il déclaré.

Programme nucléaire iranien

Les pays européens ont travaillé avec les Etats-Unis pour essayer de persuader Téhéran de ne pas développer d’armes nucléaires.

Le Conseil des Gardiens iraniens, dont le président, l’Ayatollah Ahmad Jannati, a appuyé M. Ahmadinejad avant le vote, a déclaré qu’il prendrait sa décision d’ici dix jours sur deux plaintes qu’il a reçu de la part de M. Moussavi et d’un autre candidat malheureux, Moshen Rezaie. Le Conseil doit approuver les résultats pour que ces derniers soient validés.

La Chancelière allemande Angela Merkel a déclaré lors d’une conférence de presse à Berlin qu’il y avait des signes d’irrégularités. Le porte-parole du gouvernement Thomas Steg a affirmé aux reporters qu’il devrait y avoir un examen rapide des allégations de manipulation.

Nous sommes très inquiets de ce que nous considérons comme une réaction disproportionnée des forces de sécurité contre les protestataires, des gens qui ont le droit d’exprimer leur opinion, a déclaré M. Steg.

M. Ahmadinejad et des officiels du ministère de l’Intérieur ont démenti les accusations de trucage du scrutin.

Le résultat a alarmé les puissances occidentales qui essayent de persuader le cinquième plus important exportateur de pétrole au monde de réfréner ses projets nucléaires, dont ils suspectent les visées militaires, une accusation que dément l’Iran.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a déclaré que l’Iran devait s’occuper des questions soulevées à propos de l’élection et que ses réactions aux protestations allaient affecter ses relations avec les autres pays. S’exprimant devant le Parlement, il a ajouté que la manière dont le régime répondait aux manifestations –légitimes–  aurait des implications pour les relations de l’Iran avec le reste du monde dans le futur. Il n’a pas développé son commentaire.

Daniel Rackowski, analyste à l’Institut Transatlantique à Bruxelles, a critiqué l’approche américaine. Lorsqu’il s’agit de l’Iran, les Etats-Unis ont récemment pris des risques et sont excessivement prudents, a-t-il dit.

Les Etats-Unis savent sans aucun doute qu’ils devront travailler avec M. Ahmadinejad et qu’ils seront ceux qui mèneront la majeure partie des négociations, et non l’Union européenne. Donc je pense que l’Union européenne peut se montrer plus critique tandis que la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton devra travailler avec eux.

(EurActiv avec Reuters. Cet article a été traduit de l’anglais par EurActiv.)

Positions:

Le 15 juin le Président américain Barack Obama s’est adressé à la presse après avoir reçu le Premier ministre italien Silvio Berlusconi. M. Obama s’est déclaré troublé par les violences qu’il avait vu à la télévision.

Je pense que dans un processus démocratique – liberté de parole, capacité des personnes à la dissidence pacifique – ce sont des valeurs universelles et elles doivent être respectées. Et là où je vois des violences perpétrées sur les personnes qui protestent de manière pacifique, et à chaque fois que le peuple américain est témoin de cela, je pense qu’il en est légitimement troublé, a déclaré M. Obama.

Etant donné que les Etats-Unis n’ont pas d’ambassade en Iran, il a ajouté qu’il ne pouvait pas s’exprimer définitivement d’une façon ou d’une autre sur ce qui s’est passé au regard de l’élection.

Ce que je peux dire, a-t-il poursuivi, c’est qu’il semble y avoir un fort ressentiment de la part des gens qui ont mis tant d’espoir et se sont tant engagés pour la démocratie, et qui se sentent trahis à présent. Pour lui, il est important d’aller de l’avant, et que des enquêtes se déroulent de manière à ne pas finir en bain de sang ni à l’étouffement des voix des personnes qui veulent s’exprimer.

Par rapport aux rapport irano-américains, il a souligné que Washington était résolu à empêcher une course aux armes nucléaires dans le Moyen-Orient que l’Iran déclencherait par sa détention d’une arme nucléaire, et était dévoué à s’assurer que l’Iran n’exporte aucune activité terroriste.

M. Obama s’est adressé aux manifestants et à la jeunesse iranienne, leur affirmant que le monde les regardait.

Je voudrais dire à ces gens qui ont mis tant d’espoir et d’énergie et d’optimisme dans le processus politique, je voudrais leur dire que le monde regarde et qu’il s’inspire de leur participation, et ce peu importe l’issue finale des élections. Et ils devraient savoir que le monde regarde. Et tout particulièrement à la jeunesse d’Iran, je veux qu’ils sachent que nous, aux Etats-Unis, nous ne voulons en aucun cas prendre des décisions pour le peuple d’Iran, mais nous croyons que les iraniens et leurs voix devraient être entendus et respectés, a conclu M. Obama.

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