Alors qu’il semble faire profil bas sur certaines questions nationales après avoir déçu bien des attentes depuis son élection en 2008, le président américain Barack Obama va rencontrer les dirigeants européens en novembre, immédiatement après les élections américaines à mi-parcours.
Bien que les détails de l’agenda ne soient pas encore finalisés, la réglementation financière, le changement climatique, le commerce, la prolifération nucléaire, le terrorisme et la politique des visas seront au centre des discussions.
L’UE et les Etats-Unis ont suivi des approches similaires en annonçant le sommet, soulignant tous deux que dans le sillage de la crise financière, la relation économique transatlantique était vitale pour la prospérité mondiale. Les deux pouvoirs ont assuré leurs engagements à la coopération afin de promouvoir une croissance forte et soutenue de leurs économies, peut-on lire dans deux notes publiées hier par la Maison Blanche et la Commission Européenne.
Le mois dernier, toutefois, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso s’est déclaré profondément déçu de l’état actuel des relations transatlantiques, les décrivant comme une opportunité ratée pour l’Europe.
La relation transatlantique ne se développe pas à son plein potentiel. Je pense que nous devrions faire bien plus de choses ensemble. Nous avons des conditions comme jamais nous n’en avons eu auparavant et il serait dommage de louper cette opportunité, a-t-il dit dans un entretien accordé au Times.
Certains fonctionnaires français pensent la même chose et auraient souligné le fait que le président Obama ne semble intéressé que par l’Asie et la Russie et non par l’Europe. Nous n’avons pas l’impression d’avoir une relation privilégiée. Ils semblent nous prendre pour acquis à certains moments, a dit un assistant de Nicolas Sarkozy à la presse.
Plus tôt dans l’année, Herman Van Rompuy, le président permanent du Conseil européen, a exprimé son point de vue sur la relance des relations entre les deux pouvoirs, la décrivant comme se trouvant à un moment décisif.
Nous ne devons pas traiter chaque divergence comme une crise, a dit M. Van Rompuy, même si la possibilité de démontrer l’unité avec la superpuissance sera bien accueillie dans les capitales européennes qui cherchent à réveiller la confiance dans les marchés internes.
En dépit des perceptions, l’UE a tenu un nombre record de sommets bilatéraux pendant la récente présidence espagnole, soulevant la question de la capacité du traité de Lisbonne à stimuler les aspects stratégiques de sa politique étrangère.
La rebuffade de M. Obama concernant un sommet entre les Etats-Unis et l’UE à Madrid (voir "Background") a réitéré les doutes et a provoqué le silence de l’Europe suite à l’appel visant à retirer les prisonniers de la baie de Guantanamo et à contribuer aux efforts des troupes de l’OTAN en Afghanistan.
Un autre point de désaccord concerne le soutien américain à l’adhésion de la Turquie à l’UE, une question qui divise les Etats membres. L’UE s’est également pris un coup lors de la conférence sur le climat lors du sommet des Nations Unies à Copenhague en décembre 2009, lorsque le président Obama a repoussé l’UE afin de garantir un accord avec la Chine et l’Inde (EurActiv 19/12/09).
Le sommet prendra place sous la présidence belge de l’UE. Contrairement à la précédente occasion, lors de la visite de M. Obama au sommet entre les Etats-Unis et l’UE de Prague en mai 2009 sous la présidence tchèque, cette fois-ci l’hôte ne sera pas le détenteur de la présidence.
En raison du sommet de l’OTAN qui aura lieu à Lisbonne les 19 et 20 novembre, M. Obama va rencontrer les leaders européens immédiatement après. Cet horaire serré évite les risques que les administrateurs américains ne visitent un pays qui est actuellement encore en train de lutter pour former son gouvernement.
Afin de se préparer au prochain sommet, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères Catherine Ashton va se rendre à Washington le mois prochain et rencontrer la secrétaire d’Etat Hilary Clinton, qui l’a décrite comme une homologue égale dans la résolution des problèmes mondiaux après les années de la « Question Kissinger », dominant les relations entre les deux partenaires.



