Les ministres des Affaires étrangères, qui se sont réunis lundi et mardi à Bruxelles avec les ministres européens de la Défense dans le cadre d’un « jumbo CAGRE » (Conseil Affaires générales et Relations extérieures), n’ont pas réussi à trouver une position unanime en vue du sommet UE-Russie qui se tiendra à Nice le 14 novembre. La Lituanie est le seul pays opposé à la reprise des négociations. Néanmoins, les négociations avec la Russie devraient se poursuivre puisqu’il ne fallait pas, du point de vue juridique, une unanimité lors de la rencontre du Conseil pour relancer les négociations entre Bruxelles et Moscou. Comme l’a déclaré récemment M. Sarkozy (EurActiv 22/10/08), le 1er septembre il n’a pas été décidé de suspendre les négociations mais de les reporter. Toutefois, compte tenu de l’importance politique de la question, la Commission et le Conseil ont réalisé des efforts considérables pour aboutir à une décision unanime. Un certain nombre de pays, notamment la Pologne, ont été d’accord avec la vision selon laquelle négocier avec la Russie est le meilleur moyen de défendre les intérêts de l’UE. Même pour les pays qui soutiennent la reprise des négociations entre l’UE et la Russie, la décision de ne pas prendre en compte l’opinion d’un petit pays membre a laissé un arrière-goût amer. Le ministre slovaque des Affaires étrangères Jan Kubis a déclaré à Euractiv que si un pays plus grand s’était opposé à la décision, tout se serait probablement déroulé différemment.
Les représentants des institutions européennes ont minimisé les implications politiques de la décision. Au nom du Conseil, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a indiqué que le dialogue avec la Russie doit se poursuivre. Il a toutefois signalé que l’Union ne néglige pas le fait que la Russie a modifié les frontières géorgiennes en permettant aux régions séparatistes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie de déclarer leur indépendance unilatéralement.
La commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner a déclaré que la date de reprise des négociations serait fixée après le sommet UE-Russie du 14 novembre à Nice et après le second tour des pourparlers du 18 novembre à Genève sur la résolution de l’après conflit en Géorgie.
« Cela ne veut pas dire que nous faisons un cadeau à la Russie, et cela ne veut pas dire que nous modifions notre position par rapport aux événements de l'été dernier en Géorgie. Les actions russes dirigées contre la Géorgie sont inacceptables », a-t-elle affirmé.



