Le secrétaire général de l’OTAN Jap de Hoop Scheffer a indiqué lors d’une conférence de presse que les réunions du Conseil OTAN-Russie seraient suspendues jusqu’à ce que la Russie adhère au plan de paix négocié par la France. Il a également annoncé que l’alliance occidentale allait étendre ses relations avec la Géorgie en mettant en place une Commission OTAN-Géorgie, un mécanisme de consultation similaire à celui que l’OTAN a déjà avec l’Ukraine.
Le dirigeant de l’OTAN a indiqué que les pays membres de l’OTAN ne « claquaient pas la porte aux discussions avec la Russie », mais qu’ils ne pouvaient « pas faire comme si de rien n’était » tant que la Russie ne se soumettait pas aux principes de ses relations avec l’OTAN.
Echange verbal animé entre les Etats-Unis et la Russie
La secrétaire d’Etat américaine Condoleeza Rice s’est montrée plus directe, estimant que la Russie se comportait en « hors-la-loi ». Au sujet des actions envisageables au cas où la Russie ne se soumettrait pas au plan de paix, elle a répondu que la Russie était clairement en train de s’isoler et qu’elle se mettait de plus en plus dans une position de hors-la-loi. Aussi la Russie viole-t-elle clairement l’accord de cessez-le-feu qu’elle avait signé de plein gré. Selon Mme Rice, l’attitude des forces russes chez leur voisin géorgien est tout à fait inappropriée. Elle a ajouté que l’OTAN ainsi que l’UE avait demandé des comptes à la Russie. A son avis, la situation va perdurer.
A Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov a répliqué en affirmant que la déclaration approuvée lors de la réunion de l’OTAN était arbitraire et partiale.
Il a accusé l’OTAN de chercher à sauver ce qu’il a appelé le « régime criminel » du président géorgien Mikhaïl Saakashvili, un allié proche de l’Occident qui ne ménage pas ses efforts pour obtenir une adhésion à l’alliance.
M. Lavrov a indiqué : « Il me semble que l'Otan tente de faire d'un agresseur une victime, de blanchir un régime criminel » et de sauver un régime défaillant.
Le ministre russe a également insisté sur le fait que son pays n’occupait pas la Géorgie et qu’il n’avait aucun projet d’annexion de la région séparatiste d’Ossétie du Sud.
M. Medvedev promet le retrait des troupes
Entre-temps, le président russe Dmitri Medvedev a réitéré son engagement de retirer la quasi-totalité des troupes russes de Géorgie avant le week-end. Lors d’une conversation téléphonique avec son homologue français Nicolas Sarkozy, dont le pays occupe actuellement la présidence de l’UE, M. Medvedev a promis de retirer la totalité de ses troupes de l’ex-république soviétique les 21 et 22 août, à l’exception d’un contingent de 500 soldats. Selon l’accord de cessez-le-feu, toutes les troupes de combat doivent se retirer à l’exception d’un effectif indéterminé de soldats chargés du maintien de la paix. Toutefois, la nature de leur mandat ainsi que leur marge de manœuvre restent peu claires.
La Russie rejette la résolution de l’ONU
A New York, la France a présenté un nouveau projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU sommant la Russie de se conformer au cessez-le-feu, notamment par rapport au retrait complet des troupes. Mais la Russie a déclaré mardi que c’était inacceptable.
L’ambassadeur russe à l’ONU Vitaly Churkin, dont le pays détient le droit de veto au Conseil de sécurité, a fait comprendre que sa délégation n’accepterait pas le texte car il n’inclut que deux des six points figurant dans l’accord de paix négocié par M. Sarkozy.



