Lundi, les Gardiens de la révolution iraniens ont procédé au test de lancement de deux missiles Sejil à deux étages et de longue portée, ont reporté l’agence de presse Fars et la chaine anglophone Press TV.
Téhéran affirme que cette arme peut frapper une cible à 1 240 miles de distance (2 000 kilomètres), ce qui signifie qu’Israël, la plupart des pays arabes et certaines zones d’Europe du sud – dont une bonne part de la Turquie – se trouvent à distance de frappe.
En théorie, le missile est capable de transporter une tête nucléaire, bien qu’on estime que Téhéran n’a pas les capacités de produire ce genre d’ogives pour le moment.
Ce lancement du missile se produit à la veille de la réunion de jeudi à Genève, où les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Russie, la Chine et l’Allemagne rencontrent l’Iran à propos du programme nucléaire du pays, dont Téhéran dit qu’il est à visée pacifique.
Après avoir rencontré le président américain Barack Obama à Pittsburgh la semaine dernière, son homologue russe Dmitri Medvedev a fait savoir pour la première fois que Moscou pourrait approuver des sanctions économiques contre Téhéran. Jusqu’ici, la Russie, qui est l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Iran, avait déclaré que les sanctions contre la République islamique pourraient être contreproductives.
Selon des rapports de presse, la sanction contre l’Iran privilégiée par les Américains est une interdiction des exportations de tous les produits pétroliers ver la République islamique. Bien qu’elle dispose d’immenses réserves de pétrole, l’Iran manque de raffineries et importe 40 % du carburant qu’elle consomme.
Des considérations sur l’énergie
Jusqu’ici, la Chine, qui dépend du pétrole iranien, s’est fermement opposée aux sanctions. La Chine est le second plus important consommateur mondial de pétrole, après les Etats-Unis ; les importations du pétrole brut iranien satisfont pour le moment 15 % des besoins grandissants de la Chine.
La Turquie est un autre acteur régional qui s’oppose aux sanctions contre Téhéran.
Prenant la parole à New York le week-end dernier, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé à la plus grande prudence sur de nouvelles sanctions contre l’Iran au regard de son programme nucléaire, avertissant que toute attaque militaire contre l’Iran serait un acte de « folie ».
La Turquie est actuellement membre du Conseil de sécurité comprenant 15 pays, qui a déjà passé trois cycles de sanctions contre des usines et des individus iraniens, dans le but d’inciter Téhéran à cesser l’enrichissement en uranium visant à produire du carburant nucléaire.
M. Erdogan a déclaré qu’il aimerait voir le gaz iranien participer au projet de pipeline Nabucco. Sanctionner le gaz naturel iranien signifierait l’impasse pour Nabucco, a-t-il dit, selon le quotidien Hurriyet.
Il y a plusieurs jours, l’ancien chancelier allemand Gerhard Schroeder, qui occupe maintenant un poste exécutif dans le consortium gazier Nord Stream, soutenu par Gazprom, a aussi affirmé que Nabucco, le projet phare européen, ne serait viable qu’avec le gaz iranien.
Israel prêt à une action militaire
Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a averti, la semaine dernière aux Nations unies, que le défi le plus immédiat que connaissait l’organisation était d’empêcher les tyrans de Téhéran de se procurer des armes nucléaires.
Les chefs politiques et militaires israéliens ont depuis longtemps affirmé sans détours qu’ils envisageaient une action militaire décisive si l’Iran continuait à développer son programme nucléaire.
Cependant, selon Anthony H. Cordesman du Centre for Strategic and International studies, il n’est pas si sûr que qu’une telle action serait fructueuse. Une frappe israélienne sur l’Iran serait bien plus provocatrice que la frappe israélienne qui détruisit le réacteur irakien d’Osirak en 1981, affirme M. Cordesman dans une analyse publiée dans le Wall Street Journal.



