Vendredi 2 janvier, un porte-parole de la présidence tchèque a décrit l’incursion terrestre israélienne dans le territoire palestinien de Gaza « d’action plus défensive qu'offensive », ce qui a immédiatement été perçu par la presse comme un signe de la désunion européenne sur le conflit. En effet, la France, qui a tenu les rênes de l’UE jusqu’à fin 2008, avait déjà condamné l’attaque et avait appelé à un cessez-le-feu immédiat.
Le ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg a tenu hier à clarifier les mots de son porte-parole et a indiqué que tout le monde fait des erreurs. Mais le couac n’a pas vraiment calmé les craintes relatives à la présidence tchèque de l’UE selon lesquelles celle-ci sera difficile (lire le LinksDossier d’EurActiv sur la présidence tchèque de l’UE).
M. Schwarzenberg est connu pour ses positions pro-israéliennes et a également été cité pour avoir défendu l’opération militaire israélienne. « L’entrée des forces terrestres israéliennes dans la Bande de Gaza n’est pas surprenante, nous avions depuis un certain temps des signes qu’Israël envisageait une telle action. Même le droit incontestable d’un État à se défendre ne légitime pas que soient entreprises des actions dont les principales victimes sont les populations », selon la position officielle du gouvernement tchèque.
Plus tôt, juste avant l’offensive terrestre, les dirigeant de l’UE ont qualifié d’inacceptables les attaques du Hamas (groupe palestinien qui contrôle la bande de Gaza) et ont décrit les représailles israéliennes comme disproportionnées. Après que l’offensive terrestre a été lancée, des dirigeants européens de haut niveau tel que le Premier ministre britannique Gordon Brown ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et notamment à mettre un terme aux attaques de roquettes du Hamas contre Israël.
Les Pays-Bas également en désaccord
Mais la confusion ne s’arrête pas là. En effet, le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende a également montré de la sympathie pour les actions israéliennes, indiquant que l’offensive ne pouvait pas être condamnée tant que le Hamas continue de tirer des roquettes.
« Condamner Israël ne rime à rien car il faut traiter la question des deux côtés », a estimé le chef du gouvernement dans un entretien à la télévision néerlandaise.
Institutions en hibernation
Les évènements ont pris l’UE par surprise, dans la mesure où traditionnellement, les institutions européennes hibernent lors des vacances de fin d’année. La brève guerre en Géorgie en août 2008 était de la même façon inattendue, bien qu’à cette occasion, la présidence française a rapidement pris les choses en main.
Deux visites séparées de l’UE dans la région sont maintenant attendues, ce qui largement perçu comme un manque de coordination, la première devant être conduite par le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, la seconde par le président français Nicolas Sarkozy. Parmi la délégation tchèque figureront le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, son homologue suédois, Carl Bildt (représentant la future présidence de l’UE) et la commissaire européenne aux Affaires extérieures Benita Ferrero-Waldner.
La mission de l’UE devait commencer tard dimanche (4 janvier) au Caire et devait être suivie aujourd’hui par des rencontres à Jérusalem avec le président israélien Shimon Peres et le premier ministre Ehud Olmert. De là, la délégation se rendra dans la ville cisjordanienne de Ramallah pour rencontrer le président palestinien Mahmud Abbas. M. Sarkozy participera aussi aux rencontres avec le président palestinien Mahmud Abbas et le Premier ministre palestinien Salam Fayyad.
M. Sarkozy voyagera lundi jusqu’à la station balnéaire égyptienne au bord de la mer rouge, Charm el-Cheikh, pour des pourparlers avec le président Hosni Mubarak, avant de se rendre à Jérusalem afin de rencontrer Ehud Olmert. Mardi, il se rendra en Syrie pour discuter avec le président Bashar al-Assad et au Liban, afin de rendre visite aux troupes françaises servant dans un contingent des Nations-Unies au sud du Liban.
Selon le Times de Londres, la visite de M. Sarkozy au Moyen-Orient a montré que « super Sarko l'hyperactif » n’allait pas terminer sa tâche de président de l’Europe aussi vite, en dépit des suppositions tchèques à la barre de l’UE.
Aide d’urgence
L’UE, qui est le plus important donateur des Palestiniens, a annoncé qu’elle accorderait un supplément de trois millions d’euros afin de répondre à la crise humanitaire qui touche la bande Gaza.
Environ 1,5 million de personnes sont entassées sur une surface qui représente un peu plus de 1 % de la taille de la Belgique a déclaré hier Louis Michel, commissaire européen au Développement et à l'aide humanitaire. Selon lui, la population compte sur des approvisionnements de l’extérieur pour pouvoir survivre.



