Au cours de discussions tenues lors d’un dîner en vue d’une rencontre de deux jours, les ministres des Affaires étrangères des 27 Etats membres de l’UE ont appelé les factions palestiniennes divisées à s’unir pour faire en sorte que le cessez-le feu négocié récemment devienne permanent (EurActiv 19/01/09) et pour faciliter la distribution de l'aide humanitaire aux victimes civiles à Gaza.
Le ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a souligné la vision de l’UE selon laquelle un gouvernement palestinien uni dirigé par le président Mahmoud Abbas était une condition fondamentale au progrès et a appelé à ce que les passages à Gaza soient rouverts « de façon coordonnée et régulière ».
Les ministres ont invité leurs homologues égyptien, jordanien et turc ainsi que l’autorité palestinienne de se rendre à la rencontre. L’Egypte a un rôle particulier à jouer, dans la mesure où elle exerce une influence sur les militants du Hamas qui règnent sur la bande de Gaza, a indiqué un diplomate à EurActiv.
Le Hamas figure sur la liste de l’UE des organisations terroristes, mais le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, son homologue finlandais, Alexander Stubb, et même leur collègue français, Bernard Kouchner, sont d’avis que pour progresser, il faut « parler au Hamas », a confié un diplomate à EurActiv, ajoutant que son pays est « plus neutre » dans ce contexte.
« Mais plus nous agissons, plus nous avons besoin de travailler avec les autorités du Hamas à Gaza », a ajouté le diplomate.
L’UE est également divisée sur la question de savoir s’il faut condamner Israël pour son opération à Gaza, qui a causé la mort de 1300 personnes, des civils pour la plupart. Israël a utilisé des bombes au phosphore, dont l’utilisation est interdite dans les zones à forte densité de population et ont bombardé l’office de secours et de travaux des Nations Unies (UNRWA) dans l’enceinte de la ville de Gaza.
L’Irlande, la Belgique, Chypre, la Grève et la Suède demandent à ce qu’une enquête internationale soit conduite sur les allégations de violation du droit international par Israël, tout comme par le groupe terroriste du Hamas. Mais pour l’instant, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Roumanie sont peu disposés à défier Israël, de crainte que les mesures de l’UE visant à la réouverture des points de frontière vers Gaza soient sabotées, selon des sources diplomatiques citées par la presse israélienne.
(Avec la contribution d’agences)



