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Georgieva veut que le drapeau européen rayonne dans les zones sinistrées

Publié 19 août 2010 - Mis à jour 20 août 2010
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La commissaire chargée de la coopération internationale, de l'aide humanitaire et de la réaction aux crises Kristalina Georgieva a dit hier (18 août) qu'elle ferait tout son possible pour s'assurer que l'UE, qui est en général le plus grand donateur dans les zones sinistrées, voit son drapeau voler. Elle a affirmé que cela n'avait pas été possible jusqu'ici car les organisations humanitaires responsables de la distribution de l'aide de l'UE avaient insisté pour mettre en avant leur marque.

Interrogée par EurActiv pour savoir pourquoi les émissions de télévision ont montré l’aide distribuée au Pakistan dans des sacs estampillés du drapeau américain sans jamais montrer l’emblème européen, Mme Georgieva a donné plusieurs raisons.

Premièrement, les européens ont tendance à faire preuve de plus de modestie, a-t-elle dit, s’adressant à la presse bruxelloise. Lorsque nous parlons de nous-mêmes, nous usons rarement de superlatifs. Dans mon pays (la Bulgarie), lorsque quelque chose est réellement brillant, nous disons « pas trop mal ». L’élément culturel est donc prédominant, a-t-elle soutenu.

Deuxièmement, elle a dit que l’Europe avait choisi de travailler principalement avec les organisations partenaires présentes sur le terrain, comme au Pakistan. Mais ces organisations, telles que la Croix Rouge ou Save the Children, ont leurs propres logos à promouvoir et sont relativement réticentes à utiliser l’emblème européen, a-t-elle ajouté.

Parfois, ceci peut être expliqué par le fait que leur travail peut sembler faire l’objet d’une politisation, parfois par des raisons purement sécuritaires, ou encore parce qu’ils veulent exhiber leur logo, ce qui est compréhensible, a expliqué la commissaire.

Nous discutons de ces questions avec eux, a continué Mme Georgieva, expliquant que son raisonnement veut que les Européens fassent des sacrifices en temps de détresse, ouvrant leur porte-monnaie à ceux qui sont dans des situations de terribles besoins.

Augmenter la visibilité de l’Europe et s’assurer que notre drapeau rayonne lorsque nous sommes à l’étranger à aider les gens qui sont dans le besoin est une chose que je trouve extrêmement importante, en particulier maintenant, alors que nous nous débattons toujours contre les crises économiques et financières, que la vie est difficile pour beaucoup de gens ici et que nous avons nos propres désastres à domicile, a-t-elle dit.

Mme Georgieva a rapporté avoir dit aux organisations humanitaires que celles-ci devraient en faire plus pour aider l’UE et pourraient l'aider en brandissant son drapeau. Elle a déploré le fait qu’en dépit d’être le donateur le plus important au Pakistan, touché par des inondations sans précédent, lorsqu’elle lit les journaux elle ne voit pas l’Union reconnue pour cette aide à sa juste valeur.

La commissaire a ajouté que la question de la visibilité faisait partie des sujets importants parmi les propositions politiques visant à renforcer la capacité de l’UE à réagir face aux crises (EurActiv 17/08/10), qui seront rendues publiques à la fin du mois de septembre. Se référant manifestement à une récente lettre du président français Nicolas Sarkozy, elle a dit être vraiment encouragée par la volonté des Etats membres de prendre une décision cet automne.

Pendant ce temps, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a répondu à M. Sarkozy. La lettre de M. Barrosocouvre les différentes étapes de la réponse au désastre pakistanais, dont l’appel à une conférence entre les donateurs, incluant également le sujet parmi les questions principales de la rencontre informelle entre les ministres des affaires étrangères de l’UE qui se tiendra le 10 septembre à Bruxelles.

Les ânes, plus importants que les hélicoptères

Lorsqu’on lui a demandé d’expliquer la situation humanitaire au Pakistan, où l’UE envoie des premiers secours à hauteur de 70 millions d’euros – ce qui pourrait paraître modeste au vu de la taille de la tragédie – Mme Georgieva a dit qu’en réalité 70 millions était un nombre significatif au vu de la capacité d’absorption sur le terrain.

Elle a expliqué que le principal problème était d’assurer que l’aide atteigne réellement les personnes dans le besoin, et qu’à certains endroits les ânes étaient un moyen de transport plus précieux que les hélicoptères.

Mme Georgieva a félicité la haute représentante aux affaires étrangères Catherine Ashton et le président de la Commission M. Barroso pour avoir contacté les niveaux politiques les plus élevés des Etats membres afin d’obtenir une assistance additionnelle pour le Pakistan. Onze pays ont répondu, et leur aide additionnelle s’élève à un supplément de 40 millions d’euros. Elle a cité l’Autriche, la Bulgarie, la France, l’Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Slovaquie, l’Espagne, la Suède et la Grande-Bretagne. Au total, l’UE a consacré 150 millions de dollars jusqu’à présent, soit un tiers de la somme demandée par les Nations Unies, a-t-elle expliqué.

Mme Georgieva a dit qu’elle se rendrait au Pakistan lundi, et qu’elle contribuerait à la préparation de la conférence des donateurs pour le Pakistan demandée par les Nations Unies.

Prochaines étapes : 
  • 10 sept. : Les ministres de l’UE doivent tenter de solutionner la situation au Pakistan.
Contexte : 

Près de la moitié des quelques 459 millions de dollars nécessaires au financement des premiers efforts d’aide humanitaire consécutifs aux inondations sans précédent au Pakistan a été assurée après des jours de lobbying des donateurs et suite à des avertissements selon lesquels le pays fait face à une catastrophe humanitaire qui monte en flèche, ont dit les Nations unies ce mercredi, citées par Reuters.

Toutefois, en dépit des nouveaux financements, seule une petite minorité des six millions de Pakistanais ayant désespérément besoin de nourriture et d’eau potable ont reçu de l’aide après que les inondations ont tué près de 1 600 personnes et laissé deux millions de personnes sans domicile.

Jusqu’à présent, les rations alimentaires et l’accès à l’eau potable n’ont été fournis qu’à environ 700 000 des survivants aux inondations, ont dit les Nations unies.

L’Organisation internationale pour les migrations a déclaré qu’il restait encore quelques 700 000 ménages n’ayant pas d’abris.

Des centaines de villages sont isolés, les autoroutes et les ponts ont été coupés en deux par les inondations et des centaines de milliers de bétails – moyens de subsistances de beaucoup de villageois – se sont noyés.

Dans un signe possible de sursis pour les agences d’aide humanitaire, les autorités ont dit que la mousson allait peut-être pouvoir faciliter les choses. 

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