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Le quartier européen à Bruxelles prêt pour une rénovation « spectaculaire » [FR]

Publié 06 mars 2009
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La Commission européenne veut conférer au quartier une atmosphère plus symbolique et plus humaine. C’est ce qu’a déclaré hier (5 mars) le vice-président de la Commission européenne Siim Kallas, lors de l’annonce des vainqueurs du concours visant à revitaliser le quartier. 

La proposition qui a été choisie, proposée par une équipe multinationale dirigée par l’architecte français Christian de Portzamparc, créera un quartier symbolique pour les institutions européennes, et donnera un corps et une âme au projet politique européen, selon M. Kallas. Elle procurera en outre à la Commission l’espace nécessaire pour ses bureaux. 

La rue de la Loi se concentre sur un nouveau développement

Axée sur la rue de la Loi, qui part du rond-point Schuman – siège du Berlaymont, qui abrite l’exécutif européen – et va jusqu’aux boulevards intérieurs de la capitale belge, la rénovation permettra la construction de nouveaux bureaux, d’espaces publics, de magasins, et éventuellement d’une crèche destinée  aux employés des institutions européennes. 

L’idée est de regrouper les départements dans des bâtiments plus grands et plus efficaces, et de s’assurer d’une véritable mixité des bâtiments accueillant des bureaux, des magasins et des appartements, selon l’exécutif européen. Le but ultime est de réduire l’empreinte environnementale globale de la Commission, tout en permettant de bonnes connections des transports publics, et en contribuant à l’embellissement de la rue de la Loi et de ses environs. 

L’exécutif européen et la Région de Bruxelles-Capitale veulent utiliser 400 000 m² de surface détenue par la Commission de chaque côté de la rue de la Loi, et y déménager 230 000 m² de bureaux. Actuellement, l’exécutif européen n’occupe que 170 000 m² de la surface soumise à l’appel à propositions. 

La vision de M. Portzamparc, décrite au cours d’une présentation qui a eu lieu hier, consiste en un ensemble de grandes tours de verre autour du bloc du Charlemagne, érigé en bâtiment phare, et concentre la plupart des nouvelles constructions le long de ce côté de la rue de la Loi. 

Le Ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale, Charles Picqué, a décrit les tours proposées comme des bâtiments iconiques placés parmi les plus hauts bâtiments de Bruxelles. Construire des bâtiments plus hauts permet de transformer des espaces clos en espaces ouverts, a-t-il expliqué. 

Le quartier européen n’est pas novice en matière de nouvelles constructions. En effet, les nouveaux locaux du Conseil sont actuellement construits à côté des locaux du Justus Lipsius, et la gare ferroviaire sous le rond-point Schuman est modernisée en vue de mieux se raccorder au métro et au réseau ferroviaire national. 

Densité augmentée …

Un représentant de l’UE a souligné que l’objectif du nouveau projet était d’augmenter la densité de la rue de la Loi, pas de construire une ligne d’horizon. Il a néanmoins souligné le besoin de préserver la vue sur l’arche du Parc du Cinquantenaire. 

… mais plus d’espaces ouverts

En effet, la présentation montre également un trafic routier réparti sur deux voies de chaque côté de la rue, avec un boulevard élargi, et plus d’espaces verts. 

M. Picqué a averti que la mobilité était la clé du succès de tout futur développement. Nous n’allons pas supprimer le trafic, mais nous voulons parvenir à un trafic automobile sur deux voies, des transports publics, et une rue de la Loi plus verte, a-t-il expliqué, admettant qu’ils allaient devoir mener une réflexion plus importante. 

« Couloir à véhicules »

A l’heure actuelle, la rue de la Loi est l’un des axes les plus empruntés de la ville et se caractérise par un immense tunnel reliant le centre de Bruxelles au réseau autoroutier. Je ne suis pas favorable à la conservation de l’actuel couloir à véhicules, mais nous devons respecter le défi a indiqué M. Picqué, ajoutant qu’il s’agissait d’une question de mobilité couplée à des contraintes fonctionnelles. 

M. Picqué a souligné rapidement que l’idée n’était pas de tout détruire pour tout reconstruire. Nous n’allons pas tout raser et créer à la place un grand quartier de bureaux, et nous ne procéderons pas à des expropriations massives, a-t-il déclaré, laissant entendre que la réorganisation du quartier pourrait prendre environ 15 ans.

Le commissaire Kallas a refusé d’admettre que le coût poserait problème, déclarant que l’exécutif européen financera la construction des nouveaux bâtiments sur son propre budget. Si la Commission préfère être propriétaire de ses bâtiments, la location est également possible, a-t-il expliqué, ajoutant que le coût ne dépassera pas les limites budgétaires. 

L’exécutif européen cherche également à tendre vers plus de décentralisation, en développant de un à trois sites en dehors du quartier européen central. Il examine actuellement neuf locations, et prendra sa décision en cours d’année.

Réactions : 

Avec 80 % d’immeubles de bureaux et trop peu de logements, le quartier européen est toujours largement considéré comme un ghetto urbain, a déclaré le vice-président de la Commission, Siim Kallas, qui s’est plaint des erreurs commises par le passé.

Si nous pouvons passer d’un espace « tout bureaux » et aller vers un projet urbain et architectural fort pour le quartier européen, nous montrerons l’ampleur de nos ambitions concernant la capitale européenne. Nous nous donnerons corps et âme à ce projet politique européen, a ajouté M. Kallas.

Le Ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale a déclaré que l’idée sous-jacente du projet était de définir une forme urbaine pour la rue de la Loi et de catalyser la nouvelle conception du quartier européen. Mais il a prévenu que le projet était toujours à l’étude. 

A propos des normes environnementales, M. Picqué a indiqué que les principales caractéristiques du projet consistaient en de nouvelles technologies de performances énergétiques et des sources alternatives d’énergie. Il a ajouté qu’il ne pouvait en révéler davantage, mais qu’il ne pouvait imaginer une solution qui ne prendrait pas en compte la durabilité. 

Le commissaire Kallas a fait écho à ces propos. Il a indiqué que le projet est toujours à l’étude et que les immeubles individuels étaient encore à venir. Les normes environnementales seront les plus hautes possible, pour des raisons économiques et symboliques, a-t-il conclu. 

La conception urbaine proposée par l’équipe victorieuse répond aux objectifs du projet pour le quartier européen, c'est-à-dire la création d’une forme urbaine originale portant une identité forte et symbolique pour l’Europe, s’intégrant parfaitement aux voisinages immédiats ; et la mise en avant d’un projet de ville conviviale et respectueuse de l’environnement, combinant les logements et les bureaux, et donnant la priorité aux modes de transport doux (transports publics, piéton et par cycle), peut-on lire dans un communiqué de presse de la Région de Bruxelles-Capitale.

Prochaines étapes : 
  • Juin 2009 : Bruxelles accueillera une exposition ouverte au public des projets sélectionnés.
  • Automne 2009 : les architectes présenteront le concept final.
  • 2011 : début de la construction.
Contexte : 

Le 5 septembre 2007, le vice-président de la Commission, Siim Kallas et le Ministre-président du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, Charles Picqué, ont dévoilé des projets conjoints pour une rénovation majeure du quartier européen de Bruxelles (EurActiv 06/09/07). 

Un concours à l’échelle européenne, lancé le 3 avril 2008, a permis à 35 équipes d’architectes de présenter leurs propositions de rénovation du quartier de la rue de la Loi. Cinq projets ont été présélectionnés, puis un comité consultatif composé d’experts internationaux, de représentants de la Commission, de la ville de Bruxelles et de la région de Bruxelles-Capitale, ont désigné le gagnant.

Les bâtiments de l’UE occupent au total 1,9 millions de mètre carrés de bureaux à Bruxelles, dont 1 million pour la Commission et ses agences exécutives. L’exécutif européen occupe 55 bâtiments dans toute la ville. Les dépenses relatives aux bâtiments déclarées en 2008 étaient de 206,9 millions d’euros, principalement affectées aux achats (129,5 millions d’euros) et à la location (77,4 millions d’euros) des bâtiments. 

Conscients des critiques émises par le passé quant à la politique de la Commission en matière de bâtiments – et en particulier, quant à son siège, le Berlaymont – MM. Kallas et Picqué ont souligné le fait que les nouveaux projets devaient avoir un meilleur rapport qualité/prix.  

Vidé de ses occupants en 1991, le bâtiment du Berlaymont a finalement rouvert en 2004, au terme d’un programme de rénovation qui a duré 13 ans, a coûté 1 milliards d’euros, et a entraîné des craintes quant à la sécurité, en raison de l’utilisation d’amiante pour son isolation. 

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