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L'UE convaincue du soutien du Royaume-Uni sur la TTF

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Publié 27 septembre 2011

Alors que la Commission européenne se prépare à dévoiler un projet de proposition portant sur une taxation des transactions financières de haute valeur, des sources à l’UE sont d’avis qu’il sera possible de convaincre le pays le moins enthousiaste, le Royaume-Uni, de la soutenir.

La semaine prochaine, la Commission européenne dévoilera une proposition de taxe sur les transactions financières, qui concernera un grand nombre d'échanges et d’établissements financiers.

Au sein de l'UE, cette taxe a obtenu le soutien de la part des Etats et des contribuables, les plus touchés par des sauvetages bancaires coûteux. Mais Londres, qui abrite plus de la moitié de l'activité financière européenne, ne la soutiendra que si tous les centres financiers du monde, tels que Hong Kong, Shanghai, Singapour et New York, font de même.

« Une fois qu'ils auront vu la proposition, je pense qu'ils changeront d'avis », a affirmé une source de la Commission. Cette source semblait avoir bon espoir que le Royaume-Uni soutienne la taxe, car la proposition recouvrirait un large éventail de transactions, d'acteurs, de taux et d'utilisations des bénéfices.

Le projet de TTF, consulté par EurActiv, établit un faible taux minimal, inclut tous les établissements à l'exception des contreparties et des banques centrales, et les bénéfices peuvent alimenter le budget européen comme les caisses nationales des Etats.

C'est pourtant toujours le projet initial qui sera soumis à l'examen des Etats membres, du Parlement européen et des groupes de pression qui souhaitent influencer la législation.

D'autres sources à l'UE sont toutefois convaincues que la Commission aura plus de mal qu'elle ne l'imagine à convaincre le Royaume-Uni des bienfaits de la taxe. « Regardez la Suède dans les années quatre-vingt-dix, toutes ces activités qui ont simplement migré vers Londres », a affirmé l'une des sources, citant un prélèvement sur les transactions introduit en Suède en 1984 et aboli en 1991.

Les ONG affirment cependant que la comparaison est inadéquate. La TTF européenne, tout comme la taxe britannique actuelle, un droit de timbre sur les actions, sera payée peu importe l'endroit où se trouve l'opérateur de marché, dès lors que l'entreprise est inscrite au registre européen. En Suède, la taxe ne concernait que les transactions effectuées à l'intérieur des frontières du pays.

« En fin de compte, la TTF suédoise a été mal conçue et donc peu efficace. Mais affirmer qu'aucune TTF ne fonctionnera, simplement parce que la TTF suédoise comportait des failles, est un argument quelque peu abusif qui ne tient pas vraiment la route », a déclaré Charlotte Gill, responsable de la politique et de la communication chez Stamp Out Poverty.

Même si le Royaume-Uni devra aligner son droit de timbre sur la proposition, une source de la Commission a déclaré que ce ne devrait pas poser de difficultés, car le taux minimal proposé par l'UE sera bien inférieur au taux actuel de 0,5 % pratiqué dans le pays.

A la Commission, la rumeur d’un taux de 0,2 % avait précédemment été évoquée, ce qui correspondrait à 30 à 50 milliards d'euros par an.

Le droit de timbre britannique, antérieur même à la création de l'UE, fait toujours l'objet de l'opposition du lobby financier du pays, car il augmenterait le coût du capital et réduirait les retraites.

Selon une étude de 2009 effectuée par le cabinet de conseil Oxera, le droit de timbre rend les fonds propres plus coûteux, et ce jusqu'à 12 % dans certains secteurs tels que les technologies.

Si la Commission européenne reconnaît que la TTF augmentera le coût du capital et réduira légèrement le PIB, elle n'a pas communiqué d’estimations chiffrées. « L'analyse d'impact a également montré que de légers effets négatifs sur le PIB et l'emploi ne peuvent être évités puisqu'ils sont liés à l'augmentation du coût du capital », explique la proposition.

Claire Davenport – traduit de l’anglais par EurActiv

Réactions : 

S'exprimant en amont d'un sommet européen de deux jours les 23 et 24 juin, José Manuel Barroso, président de la Commission, a déclaré : « Tous les secteurs doivent contribuer à la crise économique, et aucun davantage que le secteur financier ».

 Il a ajouté que les énormes bonus du secteur financier illustraient le fait que les entreprises faisaient des bénéfices excessifs et persistaient à prendre des risques inconsidérés.

Bill Gates, le fondateur de Microsoft, a soutenu vendredi (23 septembre) la TTF pour qu’elle contribue au développement dans les pays pauvres, mais la France a reconnu que la plupart des pays du G20 n'étaient pas très favorables à cette idée.

Dans un rapport présenté lors d'une réunion des ministres du G20 à Washington, le milliardaire philanthrope a proposé une taxe sur les transactions financières, le tabac et les carburants du transport maritime et aérien.

Commentant le soutien de Bill Gates à la TTF lors des récentes discussions du G20, Nicolas Mombrial, porte-parole d'Oxfam, a affirmé : « On est partis pour une TTF, et l'Américain le plus riche est avec nous. Nous sommes sur la voie d'un accord qui stabilise les marchés et dégage des milliards pour aider les pays pauvres à lutter contre la pauvreté et le changement climatique. La France et l'Allemagne soutiennent d'ores et déjà la TTF, mais tous les Etats membres doivent user de toute leur influence pour s'assurer qu'elle est utilisée pour aider les pauvres et les nécessiteux et non pas pour alimenter les caisses de l'UE.

« Ce soir personne ne peut plus dire qu'une taxe sur les transactions financières […] n'est pas techniquement faisable », a déclaré François Baroin, ministre français des finances, lors d'une conférence suivant une réunion du G20 sur les questions de développement, la semaine dernière. Il a ajouté que des progrès étaient effectués quant à la cohérence technique du projet.

« Une  taxe européenne sur les transactions financières sera clairement partiale vis-à-vis du Royaume-Uni, qui abrite le plus grand centre financier d'Europe et exige un arrangement complexe de répartition de la charge, afin de la rendre équitable », a déclaré Open Europe, un groupe de réflexion britannique conservateur.

Ross Buckley, professeur à l'Université de Nouvelle-Galles-du-Sud, a déclaré : « Une taxe sur les transactions financières est une taxe qu'il vaut la peine d'avoir, même si on n'a pas besoin d'augmenter ses recettes, car cela améliorera les opérations des marchés financiers en réduisant le volume d'échanges à très court terme effectué de manière informatique ».

Prochaines étapes : 
  • 5 oct. : la Commission européenne dévoilera son projet de taxe sur le s transactions financières.

Contexte : 

La taxe sur les transactions financières (TTF) est l'une des nombreuses propositions faites pour taxer les banques et mettre un frein à la spéculation des marchés. De nombreux pays ont déjà mis en place un impôt sur les actifs et les passifs des banques. La Commission européenne et le FMI ont également déjà examiné la possibilité d'une taxe sur les activités financières, qui taxerait les bénéfices et les bonus.

Tentant de réduire les contributions nationales au budget de l'UE, la Commission a également récemment proposé d'utiliser une TTF à cet effet. La Commission fera une proposition complète de taxe la semaine prochaine (5 octobre). Le Royaume-Uni est le plus farouchement opposé à cette taxe, affirmant que cette action encouragerait les banques à déplacer leurs activités vers des paradis fiscaux.

Le projet européen de taxe a été conçu de manière à couvrir le plus de transactions financières possible impliquant des actions, des obligations, des dérivés, des produits structurés et dérivés de gré à gré, qui ne passent actuellement pas par les bourses.

Il couvrirait tous les établissements financiers à l'exception des contreparties centrales et des banques centrales. Les activités quotidiennes telles que les services de paiement et les prêts hypothécaires ne seraient pas non plus inclus.

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