Le 14 janvier 2008, la Commission a adopté sa proposition visant à amender le règlement relatif aux nouveaux aliments. L’objectif, selon l’exécutif européen, consiste à permettre à faciliter la mise sur le marché de nouveaux aliments sûrs et innovants et à encourager le développement de nouveaux types d’aliments et de nouvelles techniques de production alimentaire.
Le règlement révisé inclura les aliments dérivés des plantes et des animaux, produits par des techniques de culture non traditionnelle, ainsi que les aliments modifiés par de nouveaux procédés de production, comme la nanotechnologie ou la nanoscience, qui peuvent avoir un impact sur les denrées alimentaires. Les techniques de culture non traditionnelle désignent le clonage d’animaux dans le cas présent.
L’expression « nouveaux aliments » porte sur les groupes d’aliments comme les algues, les champignons, les micro-organismes et les ingrédients alimentaires isolés à partir d’animaux, ainsi que les aliments ayant une structure moléculaire délibérément altérée ou contenant de l’huile ou des produits laitiers enrichis en substances chimiques réduisant le cholestérol.
La Commission a proposé la création d’un système d’autorisation centralisé, qui simplifierait et accélèrerait la commercialisation de nouveaux aliments. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) serait chargée d’évaluer les risques lors des demandes d’autorisation des nouveaux aliments. La Commission proposerait ensuite d’autoriser l’aliment s’il a été jugé sûr par l’AESA.
Le système d’autorisation centralisé, actuellement appliqué aux produits génétiquement modifiés, est contesté par plusieurs Etats membres qui critiquent l’influence proOGM de l’AESA en autorisant de nouveaux OGM et qui préfèreraient que leurs experts nationaux aient davantage de poids en la matière. En présentant la proposition sur les nouveaux aliments et en répondant aux questions des journalistes, une porte-parole de la Commission a admis que ce n’était pas le meilleur moment pour présenter la proposition.
Concernant les aliments traditionnels en provenance de pays tiers, qui n’ont jamais été des produits de consommation dans l’UE, une évaluation et une gestion plus proportionnelle de la sécurité pour les aliments jugés sûrs dans le passé a été proposée. Cela signifie que si l’on peut démontrer qu’un aliment a toujours été sûr dans un pays tiers et qu’aucune objection n’est formulée par un Etat membre ou pas l’AESA, l’aliment pourra être commercialisé sur la base d’une attestation émanant d’une autorité de sécurité alimentaire du pays tiers.
La proposition fixe également des règles de protection des données, afin de permettre aux entreprises de bénéficier de nouvelles preuves scientifiques et des données relatives à la propriété industrielle une fois l’aliment autorisé. Une autorisation d’exclusivité sur le marché pour une durée de cinq ans concernant les nouveaux types d’aliments et les nouvelles techniques de production alimentaire est proposée pour encourager l’innovation.



