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La France joue la carte de la PAC pour freiner la hausse des prix alimentaires [FR]

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Publié 29 avril 2008, mis à jour 14 décembre 2012
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Selon le ministre français de l’Agriculture Michel Barnier, dont le pays occupera la prochaine présidence de l’UE en juillet, les politiques agricoles régionales devraient servir d’exemple aux pays en développement afin de mettre en place des politiques agricoles régionales d’autosuffisance et de lutter contre la hausse des prix alimentaires.

Dans un entretien accordé au Financial Times publié le 28 avril 2008, M. Barnier a déclaré que le monde est actuellement témoin des conséquences d’une libéralisation excessive du marché. Selon lui, il est impensable de laisser la population dépendre exclusivement du marché en ce qui concerne l’alimentation. 

Le ministère de l’Agriculture de la plus grande puissance agricole de l’Europe a fortement soutenu la politique agricole commune (PAC) de l’UE et sa politique de subventions, dont la majeure partie revient toujours à la France.

Il a déclaré que les subventions de la PAC – d’une valeur de 55 milliards d’euros – ne sont en aucun cas responsables de l’envolée actuelle des prix des matières premières et a affirmé que les versions régionales de la politique agricole de l’UE pour l’Afrique et l’Amérique latine contribueraient en fait à résoudre la crise. Selon lui, il s’agit d’une politique qui nous permet de produire pour nous alimenter. Le principe consiste à mettre les ressources en commun pour soutenir la production. Il a ajouté que l’UE devrait aider les pays en développement à mettre en place de tels systèmes régionaux de subventions agricoles.

Les remarques de M. Barnier ont reçu un accueil mitigé des think-tanks indépendants basés à Bruxelles. Jorge Nunez Ferrer, un expert sur la réforme de la PAC de l’UE au Centre for European Policy Studies (CEPS), a déclaré à Forbes.com qu’il avait « pratiquement eu une crise cardiaque » à la lecture des idées du ministre français. Il a affirmé que la PAC est une politique qui s’adresse à un groupe de pays riches, ayant très peu de producteurs qui produisent beaucoup et exportent de grandes quantités vers d’autres pays. Par conséquent, ce n’est pas un modèle approprié pour les pays pauvres.

S’exprimant sur un portail d’informations économiques, Indhira Santos, chargée de recherche à Bruegel, estime qu’il s’agit là d’un argument contre le libre échange. Elle s’est également demandée pourquoi les consommateurs devraient soutenir les agriculteurs à un moment où les prix sont élevés, alors que ce sont ces mêmes agriculteurs qui devraient mettre un terme à cette situation.

La commissaire européenne à l’Agriculture et au développement durable, Mariann Fischer-Boel, a insisté sur le fait qu’il n’existe pas de lien entre les subventions agricoles de l’UE et l’augmentation des prix alimentaires.

Un « bilan de santé » non-législatif de la PAC a été proposé par la Commission en novembre 2007 pour préparer les débats en prévision des propositions législatives officielles en mai 2008. La Commission a présenté, entre autres, un régime de subventions plus strict et un changement plus important du financement provenant des paiements directs pour privilégier l’aide au développement rural – des idées auxquelles les 27 ministres européens en charge de l’Agriculture s’opposent très fortement. 

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