Hier (31 janvier), les eurodéputés ont voté en faveur d'une résolution contre les nouvelles étiquettes recommandées par la Commission européenne. Cette résolution sera examinée par l’ensemble du Parlement après avoir obtenu le soutien d'eurodéputés issus de différents groupes politiques au sein de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire.
La Commission a proposé d'amender la réglementation en vigueur depuis cinq ans pour y ajouter des catégories nutritionnelles supplémentaires, ce qui devrait permettre aux entreprises alimentaires d'afficher sur leurs produits qu'ils contiennent au minimum 15 % de matière grasse, de sucre ou de sel en moins que les anciens produits. Ils pourraient également afficher une étiquette « sans sel ajouté » sur les aliments concernés. Actuellement, les étiquettes mentionnant une proportion réduite d'un ingrédient doivent présenter une différence d'au moins 30 % par rapport au produit standard.
L'eurodéputée allemande de centre-droit Renate Sommer, rapporteur du Parlement sur l'étiquetage alimentaire, a accusé l'exécutif européen d'essayer d'assouplir les réglementations existantes. Elle a affirmé qu'abaisser les seuils « induirait les consommateurs en erreur et permettrait aux producteurs d'utiliser cette mesure pour augmenter leurs ventes ».
« Si nous continuons à accéder à presque toutes les demandes des producteurs, il y en aura toujours plus et les consommateurs ne seront plus en mesure de faire la différence entre les produits », a déclaré Mme Sommer (Parti populaire européen) dans un communiqué suivant le vote.
Les eurodéputés favorables à la résolution ont affirmé que ces nouvelles règles d'étiquetage décourageraient les producteurs alimentaires qui souhaitent développer des recettes meilleures pour la santé et moins caloriques.
Le sel, le sucre et les matières grasses sont des ingrédients clés dans les produits emballés ou à longue conservation.
« Il est un fait que les allégations nutritionnelles et de santé influencent les consommateurs comparant des produits similaires sur les rayons des supermarchés : nous ne pouvons donc admettre les allégations trompeuses », a déclaré l'eurodéputée britannique Glenis Willmott (Socialistes et Démocrates).
Les organisations de défense de la santé et des consommateurs se sont déjà plaintes par le passé que les législateurs européens et l'Autorité européenne de sécurité des aliments aient été trop laxistes en matière d'allégation de santé sur les étiquettes alimentaires.
Elles ont également affirmé que les règles proposées par la Commission pourraient inciter les consommateurs à penser que des aliments sont plus allégés en graisse, en sel ou en sucre qu'ils ne le sont vraiment. Ce genre d'allégations ne signifie pas forcément que les aliments sont meilleurs pour la santé, ont-elles précisé.
En annonçant son projet de réviser la réglementation en la matière le 20 juin 2011, la Commission a quant à elle affirmé vouloir plus de cohérence dans l'UE et réduire la paperasserie pour encourager l'innovation dans les choix alimentaires.






