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La loi sur les ventes est une solution à la crise, selon Viviane Reding

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Publié 12 octobre 2011, mis à jour 13 octobre 2011

Une nouvelle loi sur les ventes transfrontalières, qui devrait être dévoilée aujourd'hui (12 octobre), pourrait aider l'UE à sortir de la crise économique, selon la commissaire en charge du dossier. Les associations d'entreprises s'opposent à cette proposition et affirment qu'elle ne facilitera pas la tâche des petites entreprises, bien au contraire.

« On parle beaucoup de la crise. Et bien, nous proposons une solution à la crise pour stimuler le commerce, la croissance et l'emploi », a déclaré la commissaire européenne à la justice, Viviane Reding, lors d'une conférence de presse hier (11 octobre).

Cette proposition, consultée par EurActiv, présente un régime facultatif, le « 28e régime », pour un nouveau droit des contrats de vente en Europe. Ce régime permettra aux acteurs du marché d'utiliser ce nouvel instrument s'ils le souhaitent lorsqu'ils concluent des ventes transfrontalières.

L'idée est que les entreprises utilisant ce système puissent réduire les coûts juridiques entraînés par la nécessité de s'adapter aux droits des contrats des 27 Etats membres, dans la mesure où ils pourront alors utiliser un système commun.

Selon la Commission, seule une entreprise sur dix exerce une activité commerciale au-delà des frontières, ce qui représente une perte potentielle de 26 milliards d'euros de capital par an.

Une coalition de groupes de pression qui œuvrent pour les entreprises s'est élevée contre cette proposition. Elle a affirmé qu'elle ne ferait que rendre plus complexes et coûteux les défis posés par le marché unique.

Les associations de défense des consommateurs avancent quant à elle que les citoyens seront moins bien protégés, étant donné que les entreprises pourront choisir entre deux systèmes et opteront sans doute pour le droit qui leur est le plus favorable.

Mme Reding a contré toutes les critiques exprimées hier en rappelant que cette loi resterait facultative et existerait parallèlement aux systèmes nationaux.

« Même si le régime juridique sur les ventes est facultatif, la soi-disant liberté des PME de choisir ou non d'appliquer ces nouvelles lois peut être remise en question. S'il devient populaire, la pression commerciale forcera les petites entreprises à utiliser un instrument qui n'est pas équilibré et reste flou », a déclaré dans un communiqué Luc Hendrickx, le directeur de la politique d'entreprise à l'UEAPME, un groupe de défense des PME.

Réactions : 

« Il est bien sûr risqué de présenter cette proposition sur le plan politique, et je m'y connais en politique », a déclaré la commissaire européenne à la justice, Viviane Reding.

« Si vous faites les choses sans jamais rien changer et que vous les gérez comme elles ont toujours été gérées, c'est très confortable. Quand un commissaire sort des sentiers battus et pousse le monde à y réfléchir, c'est comme s'il s'exprimait à l'encontre des droits de l'Homme ! » a-t-elle poursuivi.

« Dans un contexte économique difficile, l'instrument optionnel en droit européen des contrats est un exemple concret du concours que la justice peut apporter à  la croissance. Bien sûr, cela doit être le bon instrument facultatif. Dans ce cas « droit » signifie un niveau élevé de protection des consommateurs, un système simple et convivial pour les PME [...] et surtout pas d'effets négatifs sur le droit national », a déclaré Diana Wallis, une eurodéputée britannique de l'ALDE, dans un communiqué.

Monique Goyens, la directrice générale de l'organisation européenne de défense des consommateurs, le BEUC, a déclaré dans un communiqué : « Nous ne soutenons pas cette réglementation expérimentale et risquée, car elle favorise unilatéralement les entreprises qui pourront choisir le régime juridique applicable au contrat, et décider d’un niveau de protection plus faible que celui dont bénéficierait le consommateur au niveau national ».

« En introduisant ce droit européen facultatif pour les entreprises, le droit national deviendrait lui aussi purement et simplement optionnel. Ce système parallèle ne ferait qu’augmenter l’insécurité juridique, la confusion et le manque de confiance des consommateurs », a-t-elle ajouté.

« Puisque les consommateurs européens et les PME ont de telles réserves fondamentales, pourquoi pousser cette loi à tout prix ? » se demande Mme Goyens.

« Les petites entreprises passent déjà trop de temps à se conformer aux réglementations européennes sans devoir encore appliquer deux régimes juridiques différents à leurs contrats. Les consommateurs ne sont pas en position de faire un choix informé en comparant deux droits des contrats complexes », a déclaré l'eurodéputé conservateur britannique Sajjad Karim.

« Le droit commun sur les ventes comme l'envisage la Commission est un instrument déséquilibré qui ne prend pas en compte la réalité des entreprises. Les commerçants seront obligés, par exemple, de fournir des informations supplémentaires aux consommateurs sur la nature et les caractéristiques principales du nouveau régime ainsi que de répondre à leurs questions sur le droit applicable. Si une entreprise ne répond pas à ces exigences, les consommateurs auront le droit de mettre fin au contrat sans frais. Cela accroîtra l'incertitude des commerçants, apportera un fardeau administratif supplémentaire et transformera dans les faits les vendeurs en conseillers juridiques », a déclaré dans un communiqué Luc Hendrickx, le directeur de la politique d'entreprise de l'UEAPME, la voix des PME en Europe.

« La proposition de la Commission européenne pour un droit européen des contrats semble alléchante à première vue, mais elle doit être examinée avec attention. Les chambres doivent déterminer si le texte respecte son objectif louable de réduire les fardeaux administratif et juridique et offre un niveau approprié de protection des consommateurs. Nous nous interrogeons sur la valeur d'un régime qui ne serait applicable qu'aux transactions transfrontalières et non pas aux transactions intérieures. Mais un autre système de résolution des litiges est prévu et devrait faciliter la gestion des différends, ce qui est positif », a déclaré Arnaldo Abruzzini, le secrétaire général d'Eurochambres.

« Les consommateurs devraient avoir le droit de choisir le droit national avec lequel ils se sentent le plus à l'aise. Avec ces propositions, les entreprises pourront forcer les consommateurs à opter pour le régime juridique qui leur confère le moins de protection », ont déclaré dans un communiqué commun les eurodéputés du groupe de l'Alliance des conservateurs et réformistes européens au Parlement Sajjad Karim, Malcolm Harbour et Ashley Fox.

Prochaines étapes : 
  • 12 oct. : la Commission européenne dévoilera son projet de réglementation pour un droit européen des contrats.
Claire Davenport – Article traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

La croissance de l'e-commerce transfrontalier dans l'Union européenne reste assez lente. Une étude de la Commission européenne montre en effet qu'il reste encore beaucoup de progrès à faire si l'Union veut pouvoir atteindre ses objectifs pour 2020.

L'UE s'est fixé l'objectif d'augmenter à 20 % d'ici 2020 la proportion des consommateurs européens qui achètent en ligne dans d'autres pays de l'Union, comme stipulé dans l'« agenda numérique » qui vise à développer l'économie numérique.

Trente-six pour cent des consommateurs de l'UE achetaient des produits en ligne chez des commerçants de leur pays en 2010, contre 34 % en 2009, a révélé la 5e édition du tableau de bord des marchés de consommation qui a fait état d'une faible croissance de la popularité de l'e-commerce à l'échelle nationale.

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