Ce vote s'est déroulé deux jours après que la commission parlementaire se soit prononcée contre la proposition d'ajouter de nouvelles catégories nutritionnelles à une réglementation établie il y a cinq ans sur les allégations de santé mentionnées sur les emballages des aliments. La proposition de l'exécutif européen aurait autorisé les entreprises du secteur alimentaire à affirmer que grâce à de nouvelles recettes, certains aliments contiennent au moins 15 % de graisse, de sucre ou de sel en moins.
Matthias Groote, le président de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, a salué la décision des eurodéputés.
« Je suis contente que le Parlement européen veille aux intérêts des consommateurs qui doivent pouvoir acheter en connaissance de cause », a déclaré l'eurodéputé allemand (Socialistes et Démocrates) à l'issue du vote. Les eurodéputés ont rejeté la proposition de l'exécutif européen à 393 contre 161, avec 21 abstentions.
Cette décision était soutenue par les groupes de défense de la santé et des consommateurs, qui arguaient que les modifications d'étiquetage proposées auraient pu induire les consommateurs en erreur en leur faisant croire qu’ils achetaient des aliments meilleurs pour la santé. Les règles en vigueur imposent par exemple que les produits étiquetés « à teneur réduite en sucre » contiennent effectivement au minimum 30 % de sucre en moins que les autres produits du même type.
Mardi dernier, l'eurodéputée allemande de centre-droit Renate Sommer, rapporteur du Parlement sur l'étiquetage alimentaire, a affirmé que les propositions de l'exécutif européen « induiraient les consommateurs en erreur et permettraient aux producteurs d'utiliser cette mesure pour gonfler leurs ventes ».
L'une des principales associations du secteur, FoodDrinkEurope, a toutefois déclaré que le rejet de la proposition de la Commission revenait à refuser de fournir aux consommateurs des informations concernant les améliorations nutritionnelles des produits qu'ils achètent.
Le président de l'association, Jesús Serafín Pérez, a déclaré que ce vote était « une pilule difficile à avaler pour les entreprises du secteur qui se sont évertuées, depuis des années, à volontairement trouver d'autres recettes pour leurs produits afin qu'ils correspondent aux goûts des consommateurs et à leurs attentes en matière de santé publique ».
La Commission aurait autorisé une nouvelle étiquette « teneur réduite », qui serait venu s'ajouter à la liste déjà longue des allégations nutritionnelles comme « pauvre en matières grasses », « sans matière grasse » ou encore « sans sucre ».
Lors de l'annonce de son projet de réviser la réglementation en la matière le 20 juin 2011, la Commission avait quant à elle affirmé souhaiter plus de cohérence dans l'UE et réduire la paperasserie pour encourager l'innovation dans les choix alimentaires.






