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7 septembre 2008
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Les petits producteurs de lait protestent contre la suppression des quotas [FR][en

Publié: jeudi 7 février 2008   

Les organisations de petits éleveurs européens dénoncent les initiatives de la Commission visant à diminuer les prix du lait, qui, selon eux, nuisent aux petits producteurs et profitent uniquement aux exploitations laitières industrielles, à l’industrie agro-alimentaire et aux détaillants. 

Contexte:

En novembre 2007, la Commission a présenté ses propositions pour la réforme de la politique agricole commune (PAC), également connue comme le bilan de santé de la PACexternal

Concernant le marché du lait, la Commission a suggéré une augmentation progressive des quotas pour permettre un « atterrissage en douceur » de ce secteur, avant la fin des quotas prévue le 31 mai 2015. 

Les quotas laitiers existent dans les Etats membres de l’UE depuis 1984, sauf en France où ils ont été introduits il y a quelques années seulement. 

Autres articles:

Appelant à des prix stables et à une production laitière durable dans toutes les régions d’Europe, les producteurs européens affirment que la récente hausse des prix du lait et les tensions actuelles sur le marché sont une bonne raison pour une nouvelle régulation. 

Dans leur appel, lancé le 5 février, la Coordination paysanne européenne (CPEexternal ) et l’organisation des agriculteurs espagnols COAGexternal exhortent les législateurs européens et les parties prenantes à faire pression sur les gouvernements pour s’opposer aux plans de réforme de la Commission et préserver le système actuel. Selon eux, le marché risque de dériver vers des exploitations laitières de plus en plus grandes et intensives. 

Dans sa propositionexternal de bilan de santé de la PAC, la Commission affirme que les quotas laitiers ne sont plus pertinents, car l’UE connaît actuellement une demande croissante de produits à haute valeur ajoutée, particulièrement des produits laitiers frais et du fromage. 

Ainsi, la principale préoccupation de l’exécutif européen est d’assurer une transition douce vers une politique axée sur les besoins du marché du lait, en augmentant progressivement les quotas à partir de maintenant jusqu’en 2015 pour permettre en atterrissage en douceur de ce secteur. Le 12 décembre 2007, la Commission a proposéexternal une augmentation de 2 % des quotas laitiers à partir d’avril 2008. L’exécutif européen a également proposé d’examiner des mesures permettant d’aider les producteurs de lait dans les régions européennes dépendant fortement de la production laitière. 

Les plans de réforme de la Commission sont soutenus par l’Association laitière européenne (EDAexternal ), qui approuve la suppression des quotas laitiers, mais souligne la nécessité de mesures progressives appropriées. 

Positions:

La commissaire à l’Agriculture et au Développement rural Mariann Fischer Boel a été ferme : dans le cadre de la législation actuelle, le système des quotas laitiers va être supprimé en 2015 et ne sera pas renouvelé. Cela doit désormais être considéré comme acquis, afin de concentrer tous les efforts sur la question suivante : comment permettre un atterrissage en douceur du secteur ? C’est dans l’intérêt de ce secteur que l’UE se prépare pour un monde sans quotas. La commissaire s’est déclarée convaincue que l’augmentation des quotas doit faire partie du paquet. 

Mais cette opinion est contestée par Gérard Choplin, de la Coordination paysanne européenne (CPE). D’après lui, la Commission, même si elle l’affirme, ne veut pas nécessairement garder les prix du lait élevés. Ainsi, elle a régulièrement augmenté les quotas laitiers pour permettre une hausse de la production et maintenir une pression sur les prix. Personne ne souhaite payer des compensations, ainsi est-il préférable que la valeur d’un quota diminue ; c’est le but de la Commission. 

Pour M. Choplin, les détaillants et l’industrie laitière ont intérêt à mettre fin aux quotas, afin que les prix baissent. Plus les exploitations sont grandes, moins l’industrie dépense pour collecter le lait et plus les prix sont bas. Ainsi, lorsque les prix du lait augmentent, les plus gros bénéfices reviennent à l’industrie agro-alimentaire et aux détaillants. C’est également en raison de la concentration trop importante du secteur de la distribution dans certains pays, comme au Royaume-Uni et en France, et en raison du manque de concurrence. 

La CPE demande que la régulation du marché européen du lait soit maintenue au-delà de 2015, en conservant les quotas de production laitière et en améliorant leur mise en œuvre. Les quotas laitiers, affirme la CPE, sont indispensables pour équilibrer les marchés et assure la stabilité des prix tant pour les producteurs que pour les consommateurs. 

Les producteurs souhaitent également que les produits laitiers ne soient plus exportés à des prix inférieurs aux coûts de production. L’instabilité croissante des marchés agricoles et la volatilité des prix sont incompatibles avec le maintien d’exploitations laitières à taille humaine et durables dans toutes les régions européennes, où la production laitière s’effectue dans de bonnes conditions naturelles. 

L’Association laitière européenne (EDA), la plateforme de l’industrie laitière européenne, est largement favorable à la suppression des quotas. Pour elle, les avantages du système de quotas laitiers sont désormais difficiles à justifier, étant donné les réformes précédentes de la PAC qui ont supprimé les mécanismes de soutien au marché. Pour préparer la fin des quotas laitiers, des mesures progressives appropriées sont nécessaires. A ce jour, en l’absence de direction politique claire de la Commission sur la réforme des quotas, les producteurs de lait européens continuent d’acquérir des quotas laitiers additionnels. Cela empêche les investissements réalisés au niveau de l’exploitation et constitue un obstacle à l’installation de jeunes producteurs et de nouveaux entrants potentiels. 

L’Association partage l’inquiétude des petits producteurs sur la chute du nombre de producteurs de lait européens dans certaines régions. D’après elle, il est discutable de savoir comme les producteurs dans ces régions peuvent conserver une viabilité financière, dans la mesure où l’UE s’oriente vers un système de marché non aidé. 

L’EDA met également en garde contre une politique de marchés non aidés, qui, associée à une politique alimentaire bon marché et à des mécanismes de régulations coûteux, pourrait entraîner une baisse importante de la production alimentaire dans certaines régions. Ainsi, l’EDA exhorte la Commission à reconnaître que toutes les régions ne peuvent pas conserver des méthodes traditionnelles de production laitière dans un marché non aidé. Des initiatives ciblées de financement du développement durable sont nécessaires pour ne pas porter préjudice aux exploitations familiales en Europe. 

Prochaines étapes:

  • Fév. 2008 : le Parlement doit donner son avis sur le bilan de santé de la PAC. 
  • 18 mars 2008 : conclusions du Conseil Agriculture et Pêche. 
  • 20 mai 2008 : la Commission doit présenter ses propositions législatives. 
  • 27 mai 2008 : discussions informelles du Conseil Agriculture et Pêche. 
  • Nov. 2008 : possible adoption par les ministres européens de l’Agriculture. 
  • 2008-2009 : discussions sur le budget de la PAC pour la période post 2012.

Liens

Lettres à l'éditeur
Concerns over mercury use in dental amalgam
<a href="http://www.env-health.org/" rel="nofollow">Genon Jensen, Executive Director, Health and Environment Alliance</a>
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