Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE doivent discuter de la révision de la stratégie de Lisbonne lors du Conseil européen de printemps, organisé les 22 et 23 mars 2005.
S'appuyant sur les recommandations formulées par le groupe d'experts placé sous la direction de l'ancien premier ministre néerlandais Wim Kok, la Commission a proposé un recentrage de la stratégie de Lisbonne sur les objectifs de croissance et d'emploi (voir EurActiv, 31 jan. 2005). Cette initiative de l'exécutif européen a relancé le débat portant sur l'équilibre à trouver entre les trois dimensions (économique, sociale et environnementale) de la stratégie de Lisbonne.
Lors du sommet, les dirigeants européens devraient notamment réfléchir aux moyens :
- de permettre une "meilleure appropriation" de la stratégie de Lisbonne par les Etats membres par la mise en oeuvre de plans d'action nationaux ;
- de simplifier la stratégie en la recentrant sur un nombre réduit d'objectifs.
Même si tout le monde s'accorde sur les objectifs généraux de la stratégie (créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité, stimuler la croissance et renforcer la compétitivité de l'économie européenne, etc.), le choix des moyens permettant de les atteindre donne lieu à des débats extrêmement vifs, épousant les frontières partisanes mais aussi - parfois - nationales.
La proposition de directive Bolkestein, visant à libéraliser le marché intérieur des services, constitue l'un des sujets les plus sensibles du moment : elle cristallise le débat en cours sur le thème du compromis à trouver entre renforcement de la compétitivité de l'économie européenne et préservation d'un niveau élevé de protection sociale.
Après s'être montré hésitant, le gouvernement français a dû prendre ouvertement position contre le projet de directive, de peur que l'amalgame entre le contenu de celui-ci (jugé trop nettement libéral) et le texte de la Constitution ne vienne alimenter le "non" lors du référendum du 29 mai.



