S'adressant à des diplomates lors de la réception de l'Elysée pour la nouvelle année, M. Chirac a déclaré que "le statu quo institutionnel condamnerait à terme l'Union à l'inertie et à la paralysie". Le chef de l'Etat veut relancer l'idée des "groupes pionniers" pour faire progresser le processus. Il a indiqué qu'il espérait que les dirigeants des Etats membres seraient en mesure, lors du conseil européen de juin 2006, de "prendre les décisions nécessaires pour améliorer le fonctionnement des institutions en partant du cadre des traités existants". M. Chirac a mentionné notamment la nécessité de renforcer la coopération dans le domaine de la sécurité intérieure et de la justice, et de la défense, mais aussi d'assurer une meilleure association des parlements nationaux aux processus de décision européen."
Alors que les médias belges ont souligné que les remarques de M. Chirac faisaient écho aux anciennes propositions du Premier ministre belge Guy Verhofstadt, les hommes politiques des autres Etats membres, ainsi que le président de la Commission President José Manuel Barroso, ont réagi de façon moins enthousiaste. M. Barroso a indiqué que la dernière chose dont l'Union avait besoin était de se retrouver davantage divisée en blocs rivaux. Dans la même lignée, le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel a déclaré: "Je ne veux pas voir de nouvelles lignes de division à travers l'Europe."
Hans-Gert Pöttering et Martin Schulz, les dirigeants respectifs des groupes PPE-DE et PSE, ont indiqué qu'ils étaient également réticents à la proposition de M. Chirac.
L'initiative de M. Chirac a pris le gouvernement allemand par surprise. Le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré que M. Schüssel consultait actuellement les gouvernements européens sur différentes propositions pour relancer le processus constitutionnel, mais que l'initiative publique de M. Chirac 'ne facilite pas les choses [...] Cela arrive un peu tôt pour la présidence de l'UE."
Le processus constitutionnel a subi un nouveau revers le 11 janvier 2006, lorsque le ministre hollandais des affaires étrangères, Ben Bot, a déclaré, à l'issue d'une réunion avec son homologue autrichien Ursula Plassnik, que la constitution européenne était morte pour les Pays-Bas.



