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Selon Angela Merkel, il faut repenser le projet européen [FR]

Publié 12 mai 2006 - Mis à jour 05 mars 2007
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Germany Merkel
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La chancelière allemande Angela Merkel estime qu'il faut alléger la bureaucratie dans les institutions et qu'il est urgent de réviser le projet européen en profondeur et de définir une nouvelle mission pour l'UE.

Mission de l'UE :

Malgré le "succès indéniable" de l'UE en tant que "communauté de la paix", Angela Merkel considère qu'il faut redéfinir la mission de l'Europe, indiquant que sa raison d'être à la suite de la Seconde guerre mondiale ne suffit plus, selon elle, à inspirer les citoyens dans le monde d'aujourd'hui. "Je ne veux pas dramatiser les choses, mais j'estime qu'il faut plus que jamais une nouvelle raison d'être à l'UE. Nous devons, et j'en suis profondément convaincue, réviser en profondeur le projet européen."

Mme Merkel a également souligné la nécessité de "placer les citoyens au centre et d'expliquer ce que l'Europe signifie pour leurs emplois, leur prospérité, leur sécurité sociale, leurs soins de santé et leur retraite."

Croissance et emploi

Pour la chancelière allemande, les hommes politiques doivent démontrer aux citoyens que l'économie sociale de marché ("une idée européenne") peut survivre. L'Europe doit redevenir une 'success story' en termes d'économie, d'emploi, d'éducation, de recherche et d'innovation. Elle soutient donc l'agenda de Lisbonne pour la croissance et l'emploi.

Mme Merkel a ajouté que les dirigeants politiques devaient réaliser que de nombreux citoyens sont sceptiques quant à la capacité de l'UE à résoudre les problèmes essentiels comme le chomage et la croissance faible.

Elle a salué les mesures concrètes prises par les institutions européennes pour se débarasser des règlements superflus et a recommandé de poursuivre cet effort. Selon elle, il faut ainsi réduire de 25% la législation européenne.

L'Allemagne étant la principale économie de l'UE, elle a souligné que son pays doit  donner l'exemple dans ces domaines (et il en va de même pour le pacte européen de croissance et de stabilité, qu'il devra respecter).

Elargissement et politique de voisinage

Sans définir de limite elle-même, la chancelière a de nouveau demandé une définition claire des frontières de l'UE et a souligné que l'Union ne pourrait pas accepter tous les pays qui souhaitent y adhérer (voir également EurActiv, 11 mai 2006). Par conséquent, la politique européenne de voisinage doit être "développée davantage". Concernant la Roumanie et la Bulgarie, elle a précisé que les promesses actuelles seraient tenues.

Constitution

Angela Merkel a déclaré : "Nous avons besoin du traité constitutionnel" pour garantir que l'UE peut fonctionner plus efficacement et démocratiquement. De plus, grâce au "catalogue de valeurs européennes fondamentales" qu'il contient, il contribuera à définir l'identité culturelle de l'Europe.

Elle a promis que l'Allemagne "traiterait" la question de la constitution au cours de sa présidence, mais considère qu'il faut éviter de prendre des initiatives trop rapidement. En effet, il faut concilier de nombreux intérêts différents.

Réactions : 

Elmar Brok, membre allemand du groupe PPE-DE au Parlement européen, a salué le soutien de la chancelière à la constitution européenne et son intention de "rapprocher l'Europe de ses citoyens".

Le groupe des Verts/ALE a lui exprimé sa "déception" sur le manque de propositions concrètes. Rebecca Harms, porte parole des membres allemands du groupe, a critiqué le fait que l'énergie, l'environnement et le développement durable n'ont même pas été mentionnés et que la question de renforcer la démocratie au niveau européen a été ignorée.

EurActiv a également demandé à deux professeurs allemands d'évaluer les objectifs déclarés de l'UE.

Le Professeur Dr. Maull, responsable des relations internationales et de la politique étrangère à l'Université de Trier  en Allemagne, estime que l'UE peut devenir un véritable acteur et jouer un rôle de 'soft power' dans les relations internationales à moyen terme, étant donné que les Etats-Unis sont discrédités en tant que puissance mondiale sous l'administration Bush. Cependant, cela impliquerait un effort important de coordination entre les institutions européennes et les gouvernements nationaux. Il estime que le poste de ministre des affaires étrangères ne changerait rien en lui-même à la situation actuelle.

Le Professeur Dr. Uterwedde, directeur adjoint de l'Institut franco-allemand à Ludwigsburg/Paris, considère qu'il faudra des priorités et des choix politiques très clairs pour atteindre les objectifs de l'agenda de Lisbonne et devenir une société de la connaissance. L'innovation, la recherche et l'éducation devront devenir des priorités. Selon lui, l'Allemagne et les autres pays européens sont en mesure de prendre les mesures nécessaires et les éléments essentiels de l'économie sociale de marché peuvent être préservés si l'UE mènent les bonnes réformes. En Allemagne, un facteur important sera le résultat de la réforme du système fédéral et du système éducatif actuellement en cours.

Prochaines étapes : 
  • 15-16 juin 2006 :  le Conseil européen étudiera le nouveau "projet pour les citoyens" de la Commission et l'état d'avancement de la "période de réflexion"

  • Juillet - décembre 2006 : présidence finlandaise de l'UE
  • Janvier - juin 2007 : présidence allemande de l'UE
Contexte : 

Lors de son premier discours important sur l'UE devant le Bundestag le 11 mai 2006, la chancelière allemande a déclaré qu'il était trop tôt pour évoquer les priorités de la prochaine présidence allemande en 2007 et s'est contentée de donner la position du gouvernement allemand sur les principaux défis auxquels l'UE est confrontée.

Mme Merkel a ainsi repris en grande partie la récente demande du président de la Commission, José Manuel Barroso, d'une "Europe des résultats" pour surmonter la crise que traverse l'UE actuellement (voir également EurActiv 11 mai 2006). 

Par ailleurs, la chancelière ne s'est prononcée sur aucun domaine en particulier; l'énergie, par exemple, pourtant considérée comme l'une des principales questions du 21ème siècle, n'a pas été évoquée.

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