La première économie de l'Union européenne, l'Allemagne, réclame depuis longtemps le transfert aux institutions européennes de plus de compétences nationales, notamment sur les budgets. Les autres États membres sont largement opposés à cette idée.
Mme Merkel espère que le sommet des leaders européens de décembre prochain permettra de fixer une date pour entamer une convention en vue d'un nouveau traité, a rapporté Der Spiegel.
L'idée, qui selon l'hebdomadaire a été lancée par le conseiller de Mme Merkel sur les affaires européennes lors de réunions à Bruxelles, rappelle la grande convention de législateurs européens mise sur pied en 2001dans le but d'élaborer une constitution européenne. La convention en question s'était inspirée de la convention de Philadelphie, qui avait mené à l'adoption de la constitution fédérale américaine.
Cette charte avait finalement été rejetée par les électeurs français et néerlandais en 2005. Elle a servi de pierre angulaire au traité de Lisbonne, toujours en vigueur à l'heure actuelle.
De nombreux États membres gardent bien en tête les débats interminables et les revers essuyés avant l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Ils sont donc plutôt réticents face à l'idée de se lancer dans un autre processus de réforme institutionnelle.
Certains pays comme l'Irlande seraient contraints d'organiser un référendum, ce qui ne ferait qu'intensifier la pression sur la Grande-Bretagne (où l'union politique renforcée dans l'UE est un sujet très impopulaire) quant à la possibilité d'une sortie de l'UE.
L'Allemagne estime en revanche qu'une union politique et budgétaire renforcée et la supervision de l'UE des budgets nationaux sont nécessaires pour garantir que les États membres remettent de l'ordre dans leurs finances publiques et rétablissent la stabilité de la monnaie unique.
Campagne « Je veux l'Europe »
La publication de ce reportage par Der Spiegel s'inscrit dans la lignée de la volonté d'Angela Merkel de préparer l'opinion publique allemande à une nouvelle vague d'intégration européenne.
Jeudi (23 août), Mme Merkel a apporté son soutien à une campagne visant à convaincre les Allemands des avantages de l'unité européenne. Intitulée « Ich will Europa » (« Je veux l'Europe »), cette campagne comprend un message vidéo sur les vertus de l'intégration européenne qui a amené « la paix, la prospérité et la compréhension de nos voisins ».
« Malgré toutes les controverses [...] nous devons nous rappeler une chose », a déclaré Mme Merkel dans un communiqué publié sur le site Internet de la campagne. « L'Europe n'est pas qu'une question d'esprit, l'Europe est avant tout une question de coeur. L'Europe est notre avenir. »
La campagne « Ich will Europa » rassemble des acteurs politiques passés et présents, notamment le président du pays, Joachim Gauck, Mme Merkel et l'ancien chancelier Helmut Schmidt, ainsi que des célébrités comme le capitaine d'équipe de football Philipp Lahm, selon l'AFP.
Elle est soutenue par 11 instituts académiques et plusieurs groupes médiatiques.




