Bien que l'UE soit le principal donateur pour le Pakistan, pays détruit par les inondations (EurActiv 19/08/10), la haute représentante aux affaires étrangères Catherine Ashton s'est récemment vue empêcher de prendre la parole lors d'une réunion extraordinaire sur l'aide au Pakistan. Le message de l'Union a été délivré par le ministre belge des Affaires étrangères Steven Vanackere, la Belgique étant actuellement à la tête de la présidence tournante de l'UE.
C'est une question de protocole. Elle n'a pas encore été résolue, et nous ne savons pas précisément ce que nous allons recevoir, ni quand nous allons le recevoir. Nous espérons que ce sera dans quelques jours, a confié à EurActiv une source du Conseil de l'UE, institution présidée par Herman Van Rompuy.
La question des droits de parole de l'Union a été soulevée par Catherine Ashton dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, et elle attend toujours une réponse, mais nous ne pouvons pas en dire plus pour le moment, a expliqué la source.
Interrogé par EurActiv sur la possibilité que le droit de parole soit emprunté aux Etats membres par les représentants de l'UE en l'absence de tels droits, le représentant du Conseil a dit qu'il appartenait aux Nations unies de décider, avant d'ajouter qu'il n'y avait jusqu'ici jamais eu de précédent de ce type.
Pour le moment, l'UE a seulement un statut d'observateur aux Nations unies. Toutefois, avec le traité de Lisbonne et la nomination d'un président permanent du Conseil et d'une haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, la position de l'UE aux Nations unies semble devoir être revalorisée de toute urgence.
D'après le quotidien polonais Rzeczpospolita, la France et le Royaume-Uni, Etats membres de l'UE, qui ne supporteraient pas de perdre leur influence au Conseil de sécurité des Nations unies, étaient à l'origine réticents à accepter cette idée. Finalement, ils sont parvenus à un compromis selon lequel la chef diplomatique de l'UE, Catherine Ashton, aurait le droit de parler au nom de l'UE à l'Assemblée générale mais non au Conseil de sécurité.
Il semblerait que la demande de l'UE incite aussi d'autres organisations, comme la Ligue Arabe, l'Union africaine et ANASE (Association des nations de l'Asie du Sud-Est) à chercher à obtenir un statut similaire. Nous ne savons pas quelle réponse vont recevoir ces organisations, les Nations unies ne souhaitant pas ouvrir une boîte de Pandore des nouveaux droits de parole.




