EurActiv Logo
Actualités & débats européens
- dans votre langue -
Actualités en Bulgarie
Actualités en Turquie
Actualité en Allemagne
Actualités en Espagne
Actualités en France
Actualités au Royaume-Uni
Actualités en Pologne
Actualités en République tchèque
Actualités en Slovaquie
Actualités en Hongrie
Actualités en Roumanie
Actualités en Serbie
Greece News
Italy News
Bulgaria Turkey Germany Spain France United Kingdom Poland Czech Republic Slovakia Hungary Romania Serbia Greece Italy
EurActiv.com Réseau

TOUTES LES RUBRIQUES

L’avenir de l’Europe à nouveau entre les mains des Irlandais [FR]

Publié 02 octobre 2009
Version imprimableEnvoyer à un ami

Les espoirs de l’Union européenne d’avoir une plus grande influence mondiale se trouvent une nouvelle fois entre les mains des électeurs irlandais, qui votent aujourd’hui (2 octobre) lors d’un référendum sur le traité réformateur de l’UE, qui risque de plonger les Vingt-sept dans une nouvelle crise si l’Irlande vote « non ».

Bruxelles compte sur l’Irlande pour ratifier le traité de Lisbonne après que le pays, qui compte pour moins de 1 % de la population de l’UE, qui se monte à un demi milliard de personnes, ait empêché l’adoption de ce traité réformateur l’année dernière.

Les sondages d’opinion montrent cette fois que l’Irlande devrait approuver le texte après l’obtention de certaines concessions de la part de Bruxelles et les craintes importantes d’un isolement du pays en cas de second rejet populaire en pleine période de sévère récession. Toutefois, certains estiment que le sentiment de rejet anti-gouvernemental pourrait rendre les résultats serrés.

Je pense que l’on va assister à un renversement du vote de l’an dernier, avec 53 % de « oui » et 47 de « non » avec à peu près le même taux de participation, a déclaré Hugo Brady, un analyste politique au think tank Centre for European Reform originaire d’Irlande.

Un second rejet retarderait sérieusement l’intégration de l’UE et de futurs élargissements et cela pourrait également affaiblir la monnaie européenne et ouvrir la possibilité d’une Europe à deux vitesses.

Le vote a de nombreuses implications pour l’Irlande, et les analystes préviennent qu’un second « non » pourrait nuire à la réputation du pays, altérant la bonne volonté des investisseurs étrangers à son égard, sur lesquels il repose pour financer son déficit budgétaire en forte hausse.

Les économistes interrogés par Reuters ont estimé que, sur une base médiane, la marge de la dette sur dix ans entre l’Irlande et l’Allemagne pourrait augmenter de 50 points en cas de rejet du traité.

Pour le premier ministre Brian Cowen, dont le leadership pâlit depuis que l’électorat a une première fois rejeté Lisbonne cinq semaines seulement après sa prise de fonction, une répétition de ce scénario pourrait l’obliger à démissionner et à perturber un peu plus la coalition de centre gauche déjà secouée.

Prague vole la vedette

Le traité de Lisbonne, qui est destiné à accélérer le processus de prise de décision de l’UE et à lui donner un président de long terme et un responsable fort pour sa politique étrangère, doit être ratifié par l’ensemble des 27 Etats membres afin d’entrer en vigueur.

Un « oui » irlandais mettrait la pression sur les présidents eurosceptiques polonais et tchèque : tôt ou tard, ils devront signer le traité comme les autres dirigeants européens.

Le président polonais Lech Kaczynski a déclaré qu’il ne ratifierait le traité que si l’Irlande votait « oui » mais le président tchèque Václav Klaus devrait probablement s’abstenir de signer après le dépôt d’un recours contre le traité par 17 sénateurs devant la Cour constitutionnelle.

Si la Cour constitutionnelle rejette cette dernière plainte avant les élections parlementaires britanniques, qui pourrait voir les conservateurs britanniques prendre le pouvoir et tenir un référendum sur le traité, ce qui devrait selon toute probabilité lui porter un coup fatal, alors M. Klaus pourrait être contraint de ratifier le traité – posant la dernière pièce du puzzle.

Samedi soir, nous regarderons une UE différente parce que la plupart des gens se rendront compte que M. Klaus signera le texte et que donc le traité entrera en vigueur, comme un éclair d’un point de vue européen, à partir de janvier 2010, a déclaré M. Brady.

Et l’Irlande, après des mois sous le feu des projecteurs, pourra se complaire dans la chaleur de l’assentiment européen, mettant de côté sa crise politique interne et revigorant sa réputation.

Je pense qu’il s’agira du jour où la reprise de l’économie irlandaise commencera réellement, a déclaré M. Brady, ajoutant que cela ne changerait en aucun cas les fondamentaux mais que la perception valait réalité dans ces cas-là.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv.)

Prochaines étapes : 
  • 3 oct.  : annonce des résultats officiels du référendum irlandais.
  • 29-30 oct. : sommet de l’UE à Bruxelles pour discuter des nominations des commissaires et des postes haut placés sous le traité de Lisbonne ; le mandat de la Commission actuelle doit être étendu jusqu’à la fin de l’année.
  • Avant la fin de l’année, la République tchèque et la Pologne devraient, comme promis lors du sommet européen de juin, achever le processus de ratification, et leurs présidents devraient signer la ratification parlementaire. 
  • Avant le 1er jan. 2010 : entrée en vigueur du traité de Lisbonne.
Contexte : 

L’incertitude institutionnelle actuelle sur le traité de Lisbonne a débuté pour de bon lorsque les électeurs irlandais ont rejeté le texte par référendum populaire en juin 2008 (EurActiv 13/06/08). Cependant, lorsque le gouvernement irlandais s’est engagé à organiser un second référendum fin 2009 après s’être vu accorder un certain nombre de concessions importantes par les dirigeants européens (EurActiv 12/12/08), l’attention s’est alors tournée vers la République tchèque.

Alors que le parlement tchèque a ratifié le traité en février (EurActiv 18/02/09), le Sénat tchèque a repoussé de manière répétée son vote final, principalement en raison des liens entre cette question et le très polémique bouclier de défense antimissile (EurActiv 25/02/09).

Les divisions au sein du Parti démocrate civique (ODS) sur le traité ont été assez importantes pour entraîner la chute du gouvernement tchèque, un épisode très embarrassant pour le pays, qui occupait alors la présidence tournante de l’UE au premier semestre de l’année.

Les opposants au traité de Lisbonne parmi les sénateurs tchèques se sont tournés pour la première fois vers la Cour constitutionnelle en 2008. En novembre dernier, la Cour a déclaré qu’elle n’avait trouvé aucune contradiction entre le traité et l’ordre constitutionnel tchèque. Le 6 mai, la chambre haute tchèque a approuvé le traité de Lisbonne à une large majorité, ouvrant la voie à une ratification finale du traité par la République tchèque. 

Mais l’histoire connaît un nouveau rebondissement, avec un groupe de sénateurs qui a mis en doute la constitutionnalité  du traité (voir EurActiv 24/08/09). La Cour constitutionnelle doit maintenant décider de lancer ou pas une procédure d’appel.

More in this section

Publicité