Les commentaires de M. Barroso sont intervenus avant le sommet européen de cette semaine, au cours duquel l’Irlande soumettra des propositions aux dirigeants de l’UE en vue de résoudre la crise institutionnelle générée par le rejet du traité de Lisbonne lors du référendum de juin.
Lors d’une conférence de presse mardi 8 décembre à Bruxelles, M. Barroso a indiqué que si l’UE produit des efforts spécifiques cette semaine pour obtenir la ratification de l’Irlande, elle ne peut toutefois pas mettre en danger le système actuel. Selon lui, tout ce que l’UE peut faire, c’est maintenir le système en vigueur, quel qu’il soit, jusqu’à un éventuel changement.
L’Irlande demande notamment à ce que chaque pays conserve un représentant au sein de la Commission européenne après l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne. L’effort spécifique auquel les dirigeants européens pourraient consentir consisterait à maintenir le principe actuel d’un commissaire par pays. Il faudrait pour cela amender le traité de Lisbonne, qui prévoit une Commission réduite à 18 membres.
En raison du rejet du traité de Lisbonne, c’est toutefois l’actuel traité de Nice qui reste en vigueur. Ce dernier énonce que la Commission devra être restreinte une fois que l’UE aura atteint 27 membres (sa taille actuelle).
Nous avons Nice et ensuite, à la fin du processus de ratification, nous avons Lisbonne, a indiqué M. Barroso, soulignant qu’il faut éviter toute décision qui créerait des problèmes en termes de continuité.
Il se peut toutefois que les Etats membres n’approuvent pas tous le maintien du principe d’un commissaire par pays. Les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg pourraient s’opposer à l’idée en invoquant le fait qu’il sera impossible de travailler au sein d’une Commission composée de 27 membres ou plus à la suite de futurs élargissements.
Nous devons attendre la décision du Conseil européen, a indiqué M. Barroso, affirmant qu’il ignorait même si un accord allait être trouvé sur une feuille de route relative à la question irlandaise. Selon lui, s’il y a un accord, une chose doit être claire : il faut éviter de créer plus de confusion dans les esprits des citoyens.
S’exprimant au European Policy Centre (EPC) le lundi 8 décembre, le ministre irlandais des Affaires étrangères Micheál Martin a indiqué qu’aucune décision n’avait été prise pour l’instant. L’Irlande n’a pas encore décidé si elle allait organiser un référendum, a-t-il relevé, soulignant que le gouvernement n’avait pas pris une telle décision.
Se confiant à EurActiv sur l’éventualité d’un second référendum en vue des élections européennes de juin 2009, M. Martin a répondu que « la situation sera plus claire en fin de semaine ».



