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M. Barroso souhaite se battre pour la « méthode communautaire »

Publié 10 février 2011 - Mis à jour 14 février 2011
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Un an après le début de son second mandat, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré sa volonté de lutter contre les tentatives des Etats membres de reléguer les affaires européennes à une échelle purement intergouvernementale.

M. Barroso, qui s’est exprimé lors d’une conférence sur le Traité de Lisbonne, qui est entré en vigueur le 1er décembre 2009, a déclaré que les Etats membres avaient opté pour des discussions intergouvernementales plutôt que d’utiliser la « méthode communautaire » plus lente, qui implique les institutions européennes.

En mai dernier, les pays de la zone euro ont agi seuls dans une tentative de sauver la monnaie européenne et ont rejeté les propositions de la Commission européenne. M. Barroso a affirmé que la France et l’Allemagne avaient dirigé la réponse à la crise de la dette souveraine grecque en rédigeant une lettre commune et en cherchant de l’aide pour leurs propositions.

Le second exemple, selon M. Barroso, concerne le dernier sommet européen du 4 février, quand la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, ont présenté leur pacte de compétitivité.

M. Barroso a soutenu le pacte franco-allemand, mais il ajouté que la meilleure garantie pour « préserver la cohérence » de l’initiative était la méthode communautaire, qui implique la Commission européenne comme gardienne des traités de l’UE. Il a déclaré en français qu’il s’agissait de la meilleure garantie contre les éventuelles divisions au sein de l’Union.

La « tentation » intergouvernementale n’est pas un phénomène récent, puisque les Etats membres se trouvent « sous différents types de pression » pour avancer sans consulter leurs partenaires européens, a déclaré M. Barroso. Mais en tant que président de la Commission, il a ajouté que son devoir était d’insister pour une méthode plus inclusive qui implique les institutions européennes. Il a ajouté que c'est ce qu'il avait fait au cours du sommet de vendredi.

Guy Verhofstadt, qui est le leader du groupe ALDE au Parlement européen et l’un des plus fervents partisans du fédéralisme, a encouragé le président de la Commission à résister à la dérive vers l’intergouvernementalisme.

Dans une lettre qui semble marquer un rapprochement entre les deux hommes, M. Verhofstadt a appelé M. Barroso à présenter un paquet audacieux et complet de propositions pour stimuler la compétitivité et la gouvernance en amont du Conseil européen de mars, plutôt que de laisser la voie libre à l’Allemagne et la France.

Dans un entretien avec le quotidien belge Le Soir, le commissaire chargé du commerce européen, Karel de Gucht, a déclaré que la nouvelle Commission européenne était devenue plus politique et beaucoup plus « puissante » que n’importe quel gouvernement. Dans un gouvernement national, il faut s’entendre entre membres de la coalition, alors que la Commission peut décider par vote à la majorité », a affirmé M. de Gucht.

 « La Commission est un système qui ne se bloque pas », a-t-il déclaré.

Réactions : 

A l'occasion du premier anniversaire de la Commission Barroso II, Burson-Marsteller, une entreprise mondiale de relations publiques et de communication, a récemment réalisé un sondage auprès de 324 participants.

Les résultats ne furent pas très brillants : 35,4 % des répondants pensent que les résultats globaux de la Commission sont moyens, alors que 26,7 % les qualifient d'inférieurs à la moyenne.

Les notes individuelles étaient très majoritairement des « C ». Viviane Reding (Justice, Droits fondamentaux et Citoyenneté) et Neelie Kroes (Agenda numérique) sont les seules à avoir reçu de « bonnes notes » alors que Catherine Ashton termine dernière de la classe avec un « E »

La majorité des sondés (51,6 %) ont estimé que les résultats de Barroso II équivalaient à ceux de Barroso I. 47,5 % des participants ont répondu qu'ils pensaient que la Commission se portait plus mal sous Barroso qu'avec ses prédécesseurs.

D'autre part, la plupart des personnes interrogées (45,6 %) ont estimé que les résultats de Barroso II étaient meilleurs que ceux de leurs gouvernements nationaux.

29,5 % des répondants ont distingué la création d'emplois et la croissance comme les politiques les plus importantes de la seconde année de mandat de M. Barroso.

Contexte : 

José Manuel Barroso a reçu un soutien unanime de la part des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE lors d'un sommet en juin 2009 pour un second mandat de cinq ans à la tête de la Commission européenne.

Le 16 septembre, le Parlement européen a accepté qu'il brigue un second mandant de cinq ans, non seulement dans le cadre du traité de Nice, mais aussi dans le cadre des critères plus stricts du Traité de Lisbonne qui est entré en vigueur en décembre 2009.

Le 9 février 2010, le Parlement européen à Strasbourg a donné son feu vert pour la Commission Barroso II.

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