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M. Blair, prochain président de l’UE? [FR]

Publié 16 juillet 2009
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Au Royaume-Uni, le gouvernement travailliste soutiendrait l’ancien premier ministre Tony Blair si ce dernier se décidait à se porter candidat au poste de président de l’Union européenne, a déclaré hier (15 juillet) le porte-parole de son successeur.

Les commentaires ont suivi la citation par les médias britanniques de la ministre chargée des Affaires européennes, Glenys Kinnock : elle aurait affirmé qu’il était probable que M. Blair chercherait à obtenir ce poste.

Cette nouvelle fonction fait partie de celles créées par le traité réformateur de Lisbonne, qui n’est pas encore entré en vigueur, en raison notamment de la résistance populaire en Irlande.

Le traité, qui doit donner à l’Union des Vingt-Sept un leadership plus affirmé, un processus de prise de décision plus juste et plus de voix sur la scène internationale, pourrait être ratifié plus tard cette année.

Le premier ministre est d’avis que Tony Blair serait un bon candidat pour n’importe quel poste international, a affirmé aux journalistes le porte-parole du premier ministre Gordon Brown.

Si Tony Blair décide, une fois ce poste créé, de se porter candidat à la fonction de président du Conseil européen, alors nous le soutiendrons, naturellement, a-t-il ajouté.

Les spéculations ont fait rage sur la volonté de M. Blair d’obtenir cette fonction. La rumeur a refait surface mercredi après les commentaires de la ministre des Affaires européennes, Mme Kinnock, à Strasbourg.

Le gouvernement britannique soutient la candidature de Tony Blair pour la présidence du Conseil, a-t-elle déclaré lors d’un entretien, selon la BBC. C’est la position du gouvernement, a-t-elle précisé, je suis sûre qu’ils ne feraient pas cela sans le lui demander, aurait elle ajouté.

M. Blair a démissionné de son poste de premier ministre en 2007 après dix ans au pouvoir et a depuis endossé le rôle d’envoyé spécial au Moyen-Orient, représentant le quartette de médiateurs composé des Etats-Unis, de l’Union européenne, des Nations Unies et de la Russie.

Les relations entre MM. Blair et Brown, les architectes de la première décennie de pouvoir des travaillistes, étaient notoirement mauvaises lors de la majeure partie du mandat de M. Blair, les deux hommes luttant pour l’influence sur le parti et la direction des politiques.

La principale force d’opposition britannique, les Conservateurs, qui est bien placée pour remporter les élections censées être convoquées mi-2010, souhaite que l’Union européenne détienne moins de pouvoirs sur ses Etats membres et s’oppose à la création du poste de président de l’Europe.

N’importe quel détenteur du poste voudra centraliser ses pouvoirs à Bruxelles et dominer les politiques étrangères nationales, a expliqué le porte-parole des Conservateurs pour les affaires étrangères William Hague. Dans les mains de de quelqu’un d’aussi ambitieux que Tony Blair, c’est une quasi-certitude, a-t-il ajouté.

Le bureau de M. Blair a démenti qu’il se préparait à se porter candidat au poste de président du Conseil européen, qui sera nommé par les dirigeants européens pour deux ans et demi renouvelables.

Il n’y a aucune campagne, a déclaré le porte-parole de M. Blair. Comme nous l’avons répété à de nombreuses reprises, on ne peut être candidat pour un poste qui n’existe même pas.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv).

Réactions : 

L’eurodéputé et président du Parti national écossaisIan Hudghton, a vertement critiqué les propositions de nommer l’ancien premier ministre anglais Tony Blair comme nouveau président du Conseil européen. 

Selon lui, cette nomination serait une énorme erreur. 

Tony Blair ne sera jamais capable de se défaire de sa réputation de va-t-en-guerre ni de son rôle dans l’invasion illégale de l’Irak, a-t-il dit: rien que cela devrait déjà l’empêcher de postuler à un tel poste qui, s’il est créé, doit revenir à une personnalité capable de réunir. Mettre en avant Tony Blair pour cette fonction sèmerait la discorde et nuirait aux institutions de l’UE, a déclaré M. Hudghton. 

N’oublions pas que ce poste n’a pas encore été créé, il est donc un peu présomptueux de la part de Mme Kinnock de faire ce genre de remarques, a ajouté le président du SNP. Le SNP s’oppose au traité de Lisbonne et veut donner au peuple écossais une chance d’avoir son mot à dire par le biais d’un référendum, a-t-il expliqué. 

Contexte : 

Le nom de Tony Blair est fréquemment évoqué comme possible président de l’UE. En janvier dernier, alors que l’UE faisait face à la fois à la crise du gaz et aux incursions israéliennes à Gaza, les hauts diplomates ont demandé qu’une personnalité d’envergure, comme l’ancien premier ministre anglais, dirige l’Europe à l’avenir (EurActiv 12/01/09). 

Il y a un an, le président français Nicolas Sarkozy était le plus fervent supporter de M. Blair pour le poste, le qualifiant comme étant l’un des « grands noms » de l’Europe. On a plus tard rapporté qu’il avait retiré son soutien à l’ancien premier ministre anglais, au bénéfice du premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker (EurActiv 07/05/08), et plus récemment de l’ancien premier ministre espagnol Felipe González (23/06/09). 

De plus, certains dirigeants de l’UE seraient réticents à voir au sommet de l’UE les deux plus grands partisans de la guerre en Irak – Tony Blair et José Manuel Barroso, qui était à l’époque ministre au Portugal. A ce titre, M. Barroso avait organisé une réunion décisive en faveur de l’intervention armée, aux Açores le 16 mars 2003, à laquelle étaient présents George W. Bush, Tony Blair et José María Aznar (Espagne). L’invasion de l’Irak a commencé le 20 mars, quatre jours après la réunion des Açores (EurActiv 16/02/09). 

Pour certains experts, il est mal avisé de discuter des possibles nominations avant le second référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, puisque les électeurs irlandais pourraient voter en réaction à ce débat, le jugeant prématuré. 

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