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Bruxelles se réjouit des promesses hongroises sur la loi des médias

Publié 17 février 2011 - Mis à jour 18 février 2011
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Hier (16 février), la Commission européenne a bien accueilli les amendements que la Hongrie a promis de réaliser dans sa loi controversée sur les médias, dans l'espoir de mettre un terme à un épisode qui a terni le début de la présidence hongroise de l'UE. EurActiv Hongrie a contribué à cet article.

La commissaire chargée de l'Agenda numérique, Neelie Kroes, a déclaré qu'elle était « très satisfaite » du fait que les autorités hongroises aient accepté de modifier leur loi sur les médias dans quatre domaines suite à une lettre qu'elle avait envoyé à Budapest le 21 janvier.

Le porte-parole de Mme Kroes, Jonathan Todd, a expliqué que les changements concernaient la directive « Services de médias audiovisuels » et la Charte des droits fondamentaux (Article 11 sur la liberté d'expression).

Il a dit que la Commission contrôlerait de près l'adoption de ces amendements ainsi que leur mise en application ultérieure.

Les quatre domaines où la Hongrie a accepté de modifier sa loi sur les médias sont :

  • L'application disproportionnée des règles concernant les informations « équilibrées »;
  • L'application d'amendes à l'encontre des radiodiffuseurs légalement établis et autorisés dans d'autres pays de l'UE;
  • Les règles sur l'enregistrement et l'autorisation des fournisseurs de services médias;
  • Les règles contre les outrages à des individus, des minorités ou des majorités.

Sur le terme de « couverture équilibrée », les autorités hongroises ont accepté de ne plus appliquer ces exigences aux services de médias à la demande, une obligation qui était qualifiée de disproportionnée par la Commission européenne.

Sur le pays d'origine, Budapest a donné son accord pour que les radiodiffuseurs légalement établis dans d'autres pays de l'UE ne doivent plus payer d'amendes pour avoir enfreint les dispositions de la loi hongroise sur les médias en ce qui concerne l'incitation à la haine.

Sur l'enregistrement des médias, Budapest a accepté que les services de médias audiovisuels établis en Hongrie et dans d'autres Etats membres ne soient plus sujets à une autorisation préalable.

En ce qui concerne les outrages, les amendements limiteront les interdictions en matière d'incitation à la haine ou à la discrimination.

Le fait qu'une question controversée, à savoir le contrôle politique sur l'autorité des médias dans le pays, n'ait pas été réglée fut souligné au cours du débat au Parlement européen hier (voir « Positions »).

L'opposition hongroise reste sceptique

Les partis de l'opposition hongroise se sont montrés sceptiques s'agissant de ces changements et de la manière dont ils avaient été convenus.

Ils ont également expliqué que la question du contrôle politique sur l'autorité des médias dans le pays n'avait pas été abordée.

Gergely Karácsony, le chef adjoint des LMP (Verts) au parlement hongrois, a déclaré que la loi sur les médias devrait être vaincue en « trois étapes ».

« Tout d'abord, par la résistance des journalistes et de la société civile, ensuite, par la procédure de la Commission européenne basée sur le droit européen, et enfin, par la Cour constitutionnelle hongroise, car cette loi enfreint la constitution de la Hongrie », a-t-il déclaré.

M. Karácsony a expliqué que les changements imposés par la Commission européenne étaient importants, mais qu'ils ne portaient pas sur les éléments les plus importants car ceux-ci n'étaient pas couverts pas les directives européennes.

Il a promis que les Verts lutteraient contre cette loi avec des propositions impliquant davantage d'amendements qu'ils présenteront au parlement hongrois et à la Cour constitutionnelle. Il a également déploré que le gouvernement ait discuté de ces amendements « secrètement » avec la Commission européenne.

« Les LMP souhaiteraient qu'il y ait un réel débat avec les parties prenantes hongroises également », a-t-il dit.

Réactions : 

Le leader du groupe Socialistes & Démocrates, l'eurodéputé Martin Schulz (Allemagne), a déclaré : « Notre pression politique acharnée sur le gouvernement hongrois et la Commission européenne a donné ses premiers résultats. Finalement, M. Orban a dû accepter la dure réalité et abandonner ». 

« A première vue, une série de changements, certains de natures techniques, ont été effectués. Mais d'autres éléments importants, comme la composition du Conseil Médias, restent en suspens. La réponse de la commissaire Kroes à ces éléments fut loin d'être satisfaisante », a ajouté M. Schulz.

« Nous devons encore analyser le texte attentivement. La liberté de la presse est une question de très grande importance pour le groupe des S&D et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour la protéger », a-t-il déclaré.

L'eurodéputé français, Joseph Daul, président du groupe du Parti populaire européen au Parlement, a déclaré : « Les consultations sur la loi des médias entre le gouvernement hongrois et la Commission européenne se sont terminées par un succès aujourd'hui. Des clarifications sur les éléments critiquées ont été faites et le gouvernement hongrois effectuera les modifications demandées dans les jours prochains. La Commission a annoncé que les modifications permettraient de s'assurer que l'acte corresponde aux aspects du droit européen, y compris de la Charte des droits fondamentaux ».

« La Commission européenne s'est montrée satisfaite du résultat et travaillera étroitement avec le gouvernement hongrois. Cette situation montre à nouveau que la vague d'attaques politiques à l'encontre de cette loi était prématurée et injustifiée », a conclu M. Daul.

L'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) basée à Vienne, le principal organisme européen pour le droit et la sécurité qui avait critiqué la loi sur les médias, a déclaré que Budapest devrait aussi se conformer à ses exigences.

« Si le gouvernement hongrois s'apprête aujourd'hui à modifier les lois, alors la législation médias doit également être amendée en fonction des engagement de protection de l'OSCE, comme le pluralisme des médias et le libre flux d'informations », a expliqué la responsable de la liberté de la presse pour l'OSCE, Dunja Mijatovic, dans une déclaration citée par Reuters.

« Je demande aux autorités hongroises de saisir cette opportunité et de conformer leur législation sur les médias aux engagements de l'OSCE qu'ils ont signés ».

L'OSCE était particulièrement inquiète quant au fait que la nouvelle autorité des médias et le conseil médias soient exclusivement dirigés par des membres qui soutiennent le parti au pouvoir, le Fidesz, dans la mesure où cela pourrait entraver le pluralisme des médias.

Prochaines étapes : 

Kroes: 'Very pleased'
Contexte : 

La Hongrie commence à présider le Conseil des ministres le 1er janvier 2011.

Mais depuis le premier jour, une loi sur les médias, récemment adoptée par la majorité au pouvoir, entache les relations de la Hongrie avec la Commission européenne.

La loi hongroise sur les médias a été adoptée le 21 décembre 2010. La commissaire chargée de l'Agenda numérique, Neelie Kroes, a écrit aux autorités hongroises le 23 décembre pour exprimer ses inquiétudes et demander des détails supplémentaires. Suite à l’annonce de la loi, Mme Kroes a réécrit aux autorités hongroises le 21 janvier pour exprimer des craintes spécifiques quant à la conformité de la loi sur les médias avec le droit de l'UE.

S'en sont suivies des réunions à Bruxelles entre la Commission et les autorités hongroises le 7 février et le 15 février, où la Commission a discuté de ses inquiétudes sur la loi des médias.

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