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Cessez cette lutte d'influence sur le SEAE, supplient de hauts diplomates

Publié 27 avril 2010 - Mis à jour 28 avril 2010
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L'Union européenne doit rapidement s'entendre sur la formation de son nouveau service diplomatique ou elle risque de se retrouver reléguée derrière la Chien et l'Inde dans l'ordre mondial, ont averti hier (26 avril) de hauts diplomates. Cet appel survient après que les ministres de l'UE soient parvenus à un accord politique sur le Service européen d'action extérieure (SEAE), qui attend toujours le feu vert des eurodéputés.

Le Conseil est parvenu à une orientation politique sur le projet de décision concernant l'établissement du SEAE, comme le prévoit le traité de Lisbonne, sur la base de la proposition présentée par la haute représentante Catherine Ashton le 25 mars. L'accord d'aujourd'hui fournit une base pour une consultation avec le Parlement européen, selon le communiqué officiel publié à l'issue de la rencontre entre ministres des affaires étrangères au Luxembourg.

Je suis très satisfait de voir que le Conseil est parvenu à atteindre un accord politique basé sur ma proposition, a déclaré la haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Catherine Ashton.

Rien n'est mois sûr quant à la volonté du Parlement d'essayer d'avoir un impact sur la décision du Conseil. Jusqu'à maintenant, les trois principaux groupes de l'assemblée de l'UE ont affirmé que la proposition de Mme Ashton, qui sert de base à la décision du Conseil, ne reflètait pas les intérêts communautaires (EurActiv 21/04/10).

S'exprimant en marge de la rencontre luxembourgeoise, le ministre finlandais des affaires étrangères Alexander Stubb a déclaré qu'il était temps de mettre fin aux luttes d'influence pour permettre au SEAE de commencer à fonctionner.

Chaque jour que nous perdons aujourd'hui est un jour de trop, a déclaré M. Stubb à propos des retards dans la formation du nouveau corps diplomatique, qui devrait rassembler près de 7000 personnes, y compris 4500 diplomates à l'étranger, et qui aura des missions dans plus de 130 pays.

Nous vivons dans un monde nouveau et multipolaire avec une pléthore d'acteurs, allant de la Chine au Brésil en passant par l'Inde et la Russie. Ils ne pourraient pas moins se soucier du fait que l'UE ne parvient pas à agir ensemble. Nous devons produire quelque chose aujourd'hui, c'est aussi simple que ça, a-t-il dit.

Nous avons une nouvelle institution et il s'agit du service diplomatique de l'UE. Il est temps de mettre fin aux conflits internes bruxellois et au fondamentalisme institutionnel. Il nous faut lui donner le feu vert, a-t-il dit.

Le processus qui verrait le Parlement imposer sa marque sur le SEAE pourrait prendre des mois, affirment des personnes proches du dossier. Les estimations les plus optimistes pour un début formel des opérations du SEAE en tant que service d'action extérieure unique – le plus récent au monde – se situent quelque part en septembre, expliquent les diplomates.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EurActiv).

Réactions : 

Le ministre suédois des affaires étrangères Carl Bildt a exprimé sa frustration à l'égard des tractations internes entourant le nouveau service diplomatique, a rapporté l'AFP.

Bruxelles passe beaucoup trop de temps à s'intéresser à elle-même et ce n'est pas comme cela que cela doit se passer, a-t-il dit, appelant les ministres à mettre fin aux batailles bureaucratiques et à laisser le nouvel organisme se concentrer sur les vrais problèmes internationaux.

Prochaines étapes : 
  • 30 avril : date limite pour l'adoption de la proposition de Catherine Ashton sur la mise en place du SEAE.
  • Automne 2010 : le SEAE doit devenir opérationnel, selon ses architectes.
Contexte : 

Le traité de Lisbonne, qui est entré en vigueur le 1er décembre 2009, équipe l'Union européenne d'un Service européen pour l'action extérieure (SEAE) : un corps diplomatique dont l'objectif est de développer une véritable politique étrangère européenne.

Malgré l'opposition du Parlement européen, la responsable des affaires étrangères de l'UE Catherine Ashton a dévoilé le 25 mars une proposition qui met au centre du futur service diplomatique de l'UE un secrétaire général à la française et deux adjoints (EurActiv 26/03/10).

La proposition de 12 pages de Mme Ashton ignorait la position du Parlement, qui avait rejeté une organisation à la française dans laquelle le secrétaire général aurait eu d'énormes pouvoirs (EurActiv 24/03/10).

Si sa proposition est approuvée, le secrétaire général sera à la tête du réseau du SEAE comme une pieuvre, ont prévenu les eurodéputés. Un groupe multipartite d'eurodéputés ont publié une déclaration affirmant que le Parlement estimait cette proposition inacceptable.

En décembre 2009, le Conseil européen a demandé à Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, de présenter une proposition sur l'organisation et le fonctionnement du SEAE, avec pour objectif son adoption d'ici fin avril 2010.

Le 21 avril, les dirigeants des trois principaux groupes politiques du Parlement européen ont publié un communiqué mettant en garde contre la possibilité de mettre sous la coupe des Etats membres le futur corps diplomatique de l'UE (EurActiv 21/04/10).

Le lendemain, Mme Ashton présentait un modèle révisé qui ne comprenait pas les plans antérieurs pour un organigramme détaillé (EurActiv 23/04/10).

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