Sections
Mini Sections
Avec la victoire surprise des Démocrates dans les deux Chambres du Congrès à l'issue des élections de mi-mandat, les Européens espèrent renforcer la coopération transtlantique, mais certains commentateurs se montrent moins optimistes. EurActiv propose un tour d'horizon des réactions en Europe.
Le parti républicain du président George W. Bush a perdu la Chambre des représentants et le Sénat à l'issue des élections de mi-mandat du 7 novembre. Ce changement de pouvoir en faveur des Démocrates est surtout le résultat de frustrations au sujet de la situation en Irak. La Maison Blanche a réagi en sacrifiant le ministre de la défense controversé, Donald Rumsfeld, et le président américain a promis de travailler de façon constructive avec la nouvelle majorité au Congrès.
La défaite du parti républicain a également ouvert la perspective d'un changement de pouvoir lors des élections présidentielles de 2008.
En Europe, les dirigeants politiques et les médias ont clairement exprimé leur soulagement et leur espoir de voir les relations transatlantiques s'améliorer à l'avenir. Cependant, les experts de la politique américaine ont prévenu que l'impact de la nouvelle répartition des pouvoirs entre le Congrès et le président pourrait être moins important que certains l'espèrent, notamment dans la perspective des élections présidentielles de 2008.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a appelé le nouveau Congrès à collaborer avec l'UE pour relancer le cycle de Doha. Le commissaire au commerce, Peter Mandelson, a également souligné par l'intermédiaire de son porte-parole qu'il utiliserait ses contacts avec les dirigeants du Congrès pour sortir les négociations commerciales de l'impasse.
Cependant, dans le Financial Times, Jacob Weisberg se montre moins optimiste. "Le libre-échange est la véritable victime des élections," écrit le rédacteur de Slate.com
. J. Weisberg met en garde conte les "nouveaux nationalistes économiques" au sein du parti démocrate, qui sont "contre la libéralisation des échanges, la mondialisation et tout type de politique de l'immigration modérée."
Dans le même quotidien, l'éditorial est plus optimiste et considère qu'il s'agit d'un "très bon jour pour la démocratie américaine". L'article poursuit : "Les Américains ont enfin commencé à sanctionner les dirigeants républicains [...] pour leur incompétence et leur mépris de la loi". Cependant, l'auteur prévient également que les Démocrates doivent éviter de "se plier aux exigences les plus populistes de leur électorat" et doivent montrer "une vision et une autorité qui rétablissent la confiance dans les Etats-Unis et redorer leur image."
Dans le Guardian, Timothy Garton Ash considère le 7 novembre comme "le début de la fin - et la fin d'un début". C'est la fin du "style unilatéral, polarisant de la politique étrangère" de l'Administration Bush et le début "d'une nouvelle bataille pour laquelle nous n'avons pas encore un nom commun". Désormais, selon T. Garton Ash, "la politique étrangère américaine devra faire davantage l'unanimité et être plus multilatérale à l'étranger".
Dans le blog de Libération "A l'heure américaine", Laurent Mauriac est moins convaincu que la victoire des Démocrates aux élections de mi-mandat soit un prélude à leur victoire aux élections de 2008. Il souligne les faiblesses du parti démocrate (absence de programme réel, divisions internes) et les forces de George W. Bush. Nous pourrions voir un Bush différent, estime L. Mauriac, faisant référence à l'expérience passée du président en tant que gouverneur du Texas, où il était parvenu à travailler avec l'opposition. "Le Bush diviseur et intransigeant devrait laisser la place à un Bush plus rassembleur, plus ouvert par nécessité", ce qui pourrait garantir une issue heureuse à son mandat, souligne-t-il.
Christian Wernick du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung estime que le résultat des élections est une "victoire pour la démocratie". G. W. Bush devra se plier à la volonté des électeurs américains et retirer les troupes d'Irak dès que possible. "C'est la fin factuelle de la doctrine Bush", écrit C. Wernicke.
Le progressiste Frankfurter Rundschau est moins convaincu que la victoire des Démocrates change la stratégie américaine en Irak. "Il n'y a pas d'alternative", souligne le quotidien allemand. Au sujet de la situation en Afghanistan, le FR pense que les Européens devront prendre plus de responsabilité.
Sur le front politique, plusieurs dirigeants européens voient des raisons d'espérer. Le Parti socialiste européen (PSE) a exprimé dans un communiqué de presse son espoir "d'une nouvelle ère de coopération et de compréhension renforcées entre les Etats-Unis et l'UE". Le président du PSE, Poul Nyrup Rasmussen, a déclaré : "Je suis excité par la perspective d'un nouveau débat - et d'une nouvelle direction - sur l'Irak et le Moyen-Orient, et plus généralement sur la guerre contre le terrorisme, les autres grandes défis internationaux comme la pauvreté, le SIDA, le changement climatique et le commerce mondial".