Il existe un consensus sur son nom [Van Rompuy], ce qui est rare parmi les 27 [chefs d’Etat et de gouvernement]. Personne d’autre n’obtient l’unanimité, a déclaré un diplomate européen, cité par l’AFP.
Personne ne s’oppose à lui et beaucoup lui demandent d’accepter, a déclaré un autre diplomate.
M. Van Rompuy, qui est devenu le premier ministre belge l’an dernier et qui a eu 62 ans hier, se trouve être l’objet de demandes très claires pour qu’il accepte le poste de premier président permanent du Conseil lors du sommet des 29 et 30 octobre, ont ajouté les sources. L’AFP indique que M. Van Rompuy a le soutien fort de la France et de l’Allemagne.
Un porte-parole du gouvernement belge a refusé de commenter, mais l’édition d’aujourd’hui du quotidien néerlandophone belge « De Standaard » a pour une : « Van Rompuy n’est pas candidat, mais il est favori pour être président de l’Europe ».
M. Van Rompuy est depuis longtemps sur la liste d’EurActiv des possibles candidats pour ce haut poste (EurActiv LinksDossier sur Choisir Mr/Mme Europe). Parmi ses points forts, on trouve sa réputation de médiateur doué et de conciliateur, gagnée en raison du contexte politique intercommunautaire complexe en Belgique, ont indiqué les sources à EurActiv.
Cependant, la même analyse montre également ce que l’on perçoit comme ses points faibles, à savoir le fait qu’il est loin d’être un communicant charismatique et qu’il manque de stature internationale.
M. Van Rompuy est célèbre pour sa modestie. Il s’est récemment rendu en vacances en Australie, où lui et sa femme ont goûté aux joies d’un voyage en caravane sans accompagnement d’aucune sorte, ni personnel de sécurité.
Le premier ministre belge a bénéficié d’une longue carrière politique dans le parti flamand CD&V, affilié au PPE. Son frère Eric Van Rompuy est également un homme politique du CD&V. Leur sœur Christine Van Rompuy est membre du petit parti des travailleurs de Belgique (une faction dissidente de l’ancien parti communiste belge).
Cependant, la situation politique en Belgique pourrait entraver la prise de fonction de M. Van Rompuy. Sous son patronage, des négociations discrètes sont encore en cours pour réformer la constitution et rééquilibrer les pouvoirs entre les communautés linguistiques.
Le prédécesseur de M. Van Rompuy, Yves Leterme, également membre du CD&V, a échoué à trouvé un compromis concernant les requêtes flamandes de transférer plus de pouvoirs aux régions (EurActiv 15/07/09). Les Belges reconnaissent généralement que M. Van Rompuy a eu plus de réussites que son prédécesseur pour s’occuper des négociations difficiles.
Récemment, M. Van Rompuy a déclaré qu’il allait s’efforcer de résoudre les tensions internes du pays dès mi-2010, afin d’éviter des problèmes potentiels lors de la présidence de l’UE de son pays lors de la seconde moitié de 2010 (EurActiv 27/07/09).
Montée du scepticisme vis-à-vis des autres candidats
Le quotidien belge francophone « La Dernière Heure » a écrit que le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, considéré comme un candidat fort pour le haut poste, est tombé en disgrâce en raison de sa mauvaise gestion de la crise financière.
En septembre dernier, M. Juncker a apparemment sous-estimé l’impact de la crise américaine des crédits hypothécaires à risque en Europe (EurActiv 18/09/09). A cette occasion, M. Juncker, qui préside également l’Eurogroupe, a dit que les paquets de stimulation fiscale et les opérations de sauvetage similaires à celles effectuées de l’autre côté de l’Atlantique n’étaient pas une solution pour l’Europe.
Pour ce qui est du premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende, « La Dernière Heure » rappelle que le résultat négatif au référendum sur la Constitution européenne aux Pays Bas, qui a eu lieu le 29 mai 2005 sous sa surveillance, représente un handicap certain. Il n’y a pas d’unanimité parmi les dirigeants européens, que ce soit pour M. Juncker ou M. Balkenende, a écrit l’AFP.
D’après le traité de Lisbonne, les hauts postes de l’UE peuvent être attribués par un vote à la majorité qualifiée. Cependant, politiquement, les dirigeants de l’UE souhaitent en général un consensus sur ce genre de décisions.



