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Constitution : L’Europe a les yeux braqués sur l’Espagne

Publié 18 février 2005 - Mis à jour 29 janvier 2010
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L’Espagne doit ouvrir le bal des référendums sur la Constitution européenne, ce dimanche 20 février. Un « oui » espagnol serait considéré comme un signal fort adressé aux autres Etats membres. 

Réactions : 

L'ensemble des observateurs pronostiquent une large victoire du "oui" lors du référendum espagnol. Dans la dernière enquête Eurobaromètre consacrée au thème de la Constitution européenne (en date du mois de novembre 2004), 56% des Espagnols se déclaraient "favorables" au traité constitutionnel européen, 7% seulement se disant hostiles au texte - tandis que la proportion de personnes sans opinion atteignait les 37%.

L'enquête révélait également l'ampleur de l'ignorance des Espagnols au sujet de la Constitution européenne. Un tiers des personnnes interrogées affirmaient n'avoir jamais entendu parler du nouveau traité constitutionnel, plus de la moitié avouant ne connaître que très peu de choses sur son contenu. 

Pour éviter que cette méconnaissance de la Constitution ne se traduise par un taux d'abstention très élevé lors du scrutin du 20 février, le gouvernement espagnol a mené une campagne d'information d'un coût total de 7,5 millions d'euros. Le texte de la Constitution a été distribué lors de matches de football et offert avec les éditions dominicales des principaux quotidiens. Il a fait l'objet de débats très médiatisés impliquant des stars de football et des personnalités médiatiques. Cette semaine, le très "euro-enthousiaste" José Luis Rodríguez Zapatero a voyagé à travers le pays pour consolider le niveau d'adhésion des Espagnols à la Constitution européenne. "Un 'oui' adressera un message positif à tous les Européens, mais aussi aux Espagnols eux-mêmes, qui verront que notre objectif est de promouvoir les valeurs essentielles de la cohabitation (européenne)", a notamment déclaré le premier ministre lors de son meeting madrilène. M. Zapatero a également souligné tous les bienfaits économiques dont avait pu profiter l'Espagne depuis son entrée dans l'UE. 

La campagne en faveur du "oui" regroupe la majorité gouvernementale, les nationalistes modérés du Pays basque et de Catalogne, ainsi que l'opposition conservatrice. Les seules formations politiques ayant appelé à un rejet du texte sont la Gauche unie, la Gauche républicaine catalane et le Parti nationaliste galicien. L'ancien premier ministre espagnol José María Aznar a lui aussi fait campagne en faveur du "non", affirmant que l'Espagne perdrait une grande partie de son influence au niveau européen en cas d'adoption du nouveau texte.

Plusieurs dirigeants européens ont apporté leur soutien direct au gouvernement espagnol dans sa campagne en faveur de la Constitution européenne, conscients de l'effet d'entraînement qu'un "oui" espagnol pourrait avoir sur leurs propres opinions. Le président français Jacques Chirac est allé jusqu'à participer à l'un des meetings de la campagne pour le "oui".

A la demande des autorités espagnoles, la Commission a apporté son soutien à la campagne pour le "oui". L'exécutif bruxellois a dégagé une enveloppe globale de 8 millions d'euros pour financer les campagnes d'information menées dans les différents Etats membres. Le Royaume-Uni, de son côté, a explicitement demandé à la Commission de ne pas s'impliquer dans la campagne britannique.

 

 

Contexte : 

Les citoyens espagnols sont invités à se rendre aux urnes, dimanche 20 février, pour se prononcer sur la ratification du traité constitutionnel européen. La question figurant sur les bulletins est formulée de façon très simple : "Approuvez-vous le traité établissant une Constitution pour l'Europe ?", sera-t-il demandé aux Espagnols.

Pour entrer en vigueur, la Constitution européenne doit être ratifiée par l'ensemble des Etats membres. Trois pays (la Lituanie, la Hongrie et la Slovénie) ont déjà ratifié le traité par le biais d'un vote du Parlement. En Italie, la Chambre des députés s'est déjà prononcée en faveur de la ratification, mais ce vote doit encore être confirmé par celui du Sénat. Dix pays, la République tchèque, le Danemark, la France, l'Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, l'Espagne et le Royaume-Uni ont décidé d'organiser un référendum (consultatif ou contraignant) dans la perspective de la ratification de la Constitution.

Le référendum espagnol est consultatif, le vote du Parlement étant déterminant dans la perspective d'une ratification de la Constitution.  

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