EurActiv Logo
Actualités & débats européens
- dans votre langue -
Click here for EU news »
EurActiv.com Réseau

TOUTES LES RUBRIQUES

David Cameron ne cèdera pas sur le budget européen et l’immigration

Version imprimable
Send by email
Publié 08 octobre 2012, mis à jour 19 octobre 2012

Le premier ministre britannique, David Cameron, a annoncé qu’il pourrait, si nécessaire, opposer son veto au budget de l’UE pour 2014-2020. Il souhaite s’assurer que des mesures seront prises pour éviter que des immigrés en provenance d’autres pays de l’UE ne prennent les emplois de ses compatriotes.

Lors de son apparition sur la BBC pendant l'Andrew Marr show d'hier (7 octobre), le premier jour de la conférence du Parti conservateur, David Cameron a déclaré que le budget de l'UE était un exemple classique de sujets sur lesquels le Royaume-Uni devrait probablement imposer ses limites.

Il a annoncé qu'il bloquerait les négociations si des augmentations massives du budget ou un accord sans contrôle réel étaient proposés. 

Il a ajouté qu'il avait opposé son veto en décembre dernier au traité sur le pacte budgétaire visant à préserver la zone euro de nouvelles crises et qu'il était disposé à s'opposer au nouveau budget à long terme de l'UE. 

« J'étais à la table des négociations et, sur les 27 pays, 26 d'entre eux ont signé ce traité. J'ai alors déclaré que ce traité n'était pas dans l’intérêt de la Grande-Bretagne et que, peu importe la pression qu'on exerçait sur moi, je ne le signerais pas. [...] Ils savent que je suis capable de refuser et, si je n'obtiens pas un bon accord, je dirai à nouveau non. »

Le veto britannique a incité l'UE à adopter ce traité budgétaire sans le Royaume-Uni et de la République tchèque qui ont refusé de le signer. Le traité sur le pacte budgétaire, qui demeure ouvert à la signature, entrera en vigueur après sa ratification par 12 des 17 pays de la zone euro. 

Un budget spécial pour la zone euro

David Cameron soutient également une proposition visant à adopter deux budgets européens : un budget destiné aux pays de la zone euro et un autre réservé à la Grande-Bretagne et aux pays qui n’ont pas la monnaie unique.

« Je pense qu’un jour, nous aurons besoin de deux budgets européens : un pour l’union monétaire, car ces pays devront se soutenir davantage mutuellement, et un autre d'une plus grande ampleur pour tous les autres pays. »

C'est le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, qui a le premier émis cette idée dans son « Issues paper on completing the Economic and Monetary Union ».

L'idée de créer un deuxième budget pour la zone euro a par ailleurs gagné des partisans dans certains des 17 pays de l’union monétaire, dont la France et l'Allemagne.

Le Financial Times Deutschland a rapporté lundi que les diplomates européens discutaient de la possibilité de créer un budget séparé, afin de renforcer l'union monétaire pour un montant total d'environ 20 milliards d'euros. À titre de comparaison, le budget annuel de l'UE approche les 130 milliards d'euros.

Selon certaines sources, l'Allemagne soutiendrait cette idée en vue de coordonner les transferts entre les États membres. La France serait également en faveur de cette proposition, signe que cette idée gagne du terrain dans la zone euro.

Les ministres des finances de la zone euro discuteront sans doute de cette idée lors d'une réunion à Luxembourg ce lundi (8 octobre). Cette réunion sera marquée par le lancement du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage de 500 milliards de la zone euro.

Les ministres de la zone euro discuteront aussi probablement de la situation financière de l'Espagne et de la Grèce. Le lendemain, ce sont les ministres des finances de l'UE qui se réuniront. Les 18 et 19 octobre prochains, les dirigeants de l'UE participeront à un sommet à Bruxelles, lors duquel Herman Van Rompuy présentera son rapport intermédiaire sur la finalisation de l'union économique et monétaire.

Visas pour les Bulgares et les Roumains ?

David Cameron voudrait également opter pour une approche plus stricte sur l'immigration. Les partis politiques britanniques gagnent souvent des voix en adoptant une position ferme à cet égard.  

« Il y a deux semaines, j'ai visité deux usines et j'y ai demandé quelle était la proportion d'employés venant d'autres pays de l'Union européenne. Voici ce que l’on m’a répondu : 60 % pour la première usine et 50 % pour la seconde », a-t-il expliqué. « Aujourd'hui, il n'est pas étonnant que nous ayons autant de chômeurs dans notre pays », s'est-il exclamé.

Theresa May, la ministre britannique de l’intérieur, a confirmé les propos tenus par David Cameron, déclarant dans une interview avec le Daily Mail que des visas pourraient être introduits pour les migrants venant de certains pays de l'UE, alors que les habitants d'autres pays pourraient entrer librement sur le sol britannique.

Mme May a parlé d’« abus de la liberté de circulation à l'échelle de l'UE », en faisant référence à la levée des restrictions en matière d’emploi pour les Bulgares et les Roumains à partir du 31 décembre 2013.

Quand la Bulgarie et la Roumanie sont entrées dans l'Union européenne en janvier 2007, il a été convenu dans leur traité d'adhésion qu'une limitation en matière de travail s'appliquerait pendant maximum sept ans. La plupart des pays de l'UE ont depuis levé ces limitations, mais le Royaume-Uni fait partie des pays qui exigent toujours un permis de travail pour les citoyens bulgares et roumains. L'Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la France, l'Irlande, le Luxembourg, Malte et les Pays-Bas n'ont toujours pas levé ces limitations.

EurActiv.com - traduit de l'anglais par Aubry Touriel
Contexte : 

Le premier ministre britannique, David Cameron, qui s'est révélé très critique vis-à-vis de l'UE, est entré dans un gouvernement de coalition difficile en 2010 aux côtés du Parti libéral-démocrate, pro-européen.

Alors que la zone euro tente d'aboutir à une plus grande intégration budgétaire, bancaire, voire politique afin d'endiguer la crise de la dette, M. Cameron subit de plus en plus de pressions de la part des rebelles de droite de son propre parti qui souhaitent que les Britanniques puissent choisir s'ils souhaitent rester au sein de l'UE ou affaiblir leurs liens avec Bruxelles.

Les décideurs politiques d'expérience du Parti travailliste ont tenté de profiter de la position difficile dans laquelle se trouve David Cameron en demandant que la Grande-Bretagne clarifie ses relations avec l'Union européenne via la tenue d’un référendum.

William Hague, le ministre britannique des affaires étrangères, a promis que son gouvernement dresserait un bilan complet des conséquences de la législation européenne sur la Grande-Bretagne d'ici 2014. 

A lire aussi

More in this section

Publicité