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Delors : les Européens doivent débattre de leur avenir [FR]

Publié 03 décembre 2009
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Lisbon Treaty
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Jacques Delors, considéré comme l’un des pères de l’Europe, a appelé les gouvernements à organiser un débat sur le rapport concernant le futur de l’Europe préparé par le groupe des "sages" présidé par l’ancien premier ministre espagnol Felipe González.

M. Delors, qui s’est confié à EurActiv lors de sa visite à Bruxelles à l’occasion du 20ème anniversaire de la Charte économique et sociale, a déclaré qu’il y avait déjà trop de stratégies. Il a pris pour point de référence l’horizon 2030 du groupe González (voir EurActiv 14/10/08  et 25/03/09), et la « stratégie de l’UE 2020 » lancée récemment par la Commission européenne avec pour but de remplacer l’actuelle Stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi (EurActiv 19/11/09).

« 2020 pour les uns, 2030 pour le groupe de [l’ancien Premier ministre espagnol] Felipe González. Nous avons du mal à nous y retrouver. Ce qui me fait le plus horreur, ce sont les rapports qui ne servent à rien. Non pas parce qu’ils ne sont pas de bonne qualité, mais parce qu’on les met ensuite dans un placard. Il faut beaucoup de place dans un immeuble pour mettre dans des placards les rapports qui n’ont été suivis d’aucun effet. Les effets d’annonce non suivis d’effets sont les pires ennemis de la construction européenne », a déclaré à notre site Internet celui qui fut longtemps président de la Commission.

M. Delors a déclaré qu’il s’attendait à ce que le rapport González, qui doit être publié lors de la future présidence espagnole de l’UE, soit étudié avec la plus grande attention par les gouvernements européens, qui devraient organiser un débat sur celui ci. Les travaux du groupe González ont jusqu’ici étaient réalisés derrière des portes fermées (EurActiv 22/01/09).

En ce qui concerne la Stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi, M. Delors a expliqué qu’elle avait aidé les gouvernements nationaux à comparer leurs performances respectives. Ce qui a besoin d’être amélioré dans « Lisbonne II », a-t-il dit, c’est le renforcement de ce qu’il a appelé l’élément le plus faible de la chaîne « coopération, concurrence et solidarité » : c'est-à-dire la coopération.

« Si les pays ne veulent pas coopérer entre eux, « Lisbonne 2 » sera un rapport qui pourra être appliqué ou non par chaque pays », a-t-il dit.

Le vétéran de la politique française n’a pas caché son amertume à l’égard de son propre gouvernement, qui l’a délibérément mis à l’écart des derniers projets européens mis en place. Bien qu’il n’ait pas voulu élaborer, M. Delors s’est montré critique à l’égard de certaines dispositions du traité de Lisbonne.

Interrogé par EurActiv pour savoir s’il avait le sentiment d’être autant reconnu dans son propre pays que dans les autres pays de l’UE, en particulier dans les pays de la cinquième vague d’élargissement de l’UE, M. Delors a répliqué : « Non. Pas la peine d’ajouter un commentaire, chacun comprendra ».

Pour lire cet entretien dans son intégralité (en français), cliquez ici.

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