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Entretien : la France compte faire de l’Europe protectrice une priorité [FR]

Publié 06 novembre 2007
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Une Europe plus protectrice, tel sera le thème central de la présidence française de l’UE durant le second semestre 2008. Gilles Briatta, conseiller Europe au cabinet du Premier ministre, donne davantage de détails dans un entretien à EurActiv France.

Le communiqué énergie-climat sera la principale priorité de la France durant sa présidence de l’UE, selon Gilles Briatta, responsable du Secrétariat général des affaires européennes, un haut organe consultatif du gouvernement.

La Commission a présenté son troisième paquet de directives sur la libéralisation de l’énergie en septembre de cette année et d’autres propositions sont prévues en janvier 2008, mettant la France en bonne position pour conclure ce dossier sensible d’un point de vue politique lors du second semestre, déclare M. Briatta.

« Ces propositions (…) seront examinées au sommet de printemps 2008 en vue d’obtenir une première orientation politique. Le cœur des débats aura donc lieu sous la présidence française. L’intérêt commun est d’aller le plus loin possible sous la présidence française, avant les élections au Parlement et le changement de Commission ».

Concernant la politique d’immigration, sa deuxième priorité, la présidence française organisera une conférence ministérielle sur l’immigration et le co-développement. Mais M. Briatta est intransigeant et affirme qu’il « n’y aura pas de lien direct » entre le volet immigration de la conférence et le projet plus vaste visant à établir une union euro-méditerranéenne, une promesse faite par le président français Nicolas Sarkozy au cours de sa campagne électorale.

D’après M. Briatta, les ministres au niveau national seront davantage impliqués dans le cadre du projet de l’union méditerranéenne que dans le cadre du partenariat existant Euromed – également connu comme le processus de Barcelone. « Ce n’est donc pas, en tant que tel, un projet de la future présidence française de l’UE », insiste-t-il. « La Commission européenne sera en effet pleinement associée à cette Union méditerranéenne ».

« L’idée est de disposer d’un organe de coopération plus politique qu’Euromed en impliquant directement les chefs d’Etat et de gouvernement. Ce projet d’Union méditerranéenne n’est certainement pas destiné à remplacer le projet Euromed, mais il peut le régénérer, le dynamiser ».

En passant au sujet plus vaste de la mondialisation, M. Briatta a répété les déclarations faites plus tôt par M. Sarkozy selon lesquelles l’Europe doit défendre ses intérêts en adoptant des politiques destinées à protéger ses citoyens (EurActiv 24/05/07). Le concept de l’ « Europe protectrice » a été introduit par Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, lors d’une conférence organisée par l’ONG sociale Sauvons l'Europe le 6 octobre (EurActiv France 9/10/07). L’objectif est de défendre le modèle économique et social de l’Europe et de le protéger de la mondialisation.

« Le fait que le thème de la protection soit de plus en plus important en Europe est une évidence », déclare M. Briatta. « [Il y a] une nécessité de faire appliquer la réciprocité dans les échanges avec les partenaires extérieurs de l’UE : dans les investissements énergétiques, mais également dans l’ensemble de nos relations commerciales ».

Cependant, il rejette vivement l’idée que de telles propositions soient protectionnistes. « Il ne s’agit pas de protectionnisme mais de cesser d’être naïfs. L’idée de réciprocité n’a rien de choquant, elle permet de mieux réaliser l’ouverture ». 

Enfin, un débat plus vaste concernant la révision de la Politique agricole commune de l’UE sera entamé dans le cadre de la présidence française, comme l’a annoncé M. Sarkozy en septembre (EurActiv 12/09/07).

« Lors des négociations sur les perspectives [financières de l’UE] pour 2007-2013, une révision à mi-parcours a été prévue pour 2008-2009. L’objectif est d’initier ce grand débat pendant la présidence française », déclare M. Briatta, qui admet qu’’il « risque d’y avoir certaines résistances » sur le sujet.

Pour lire l’entretien intégral sur le site Internet d’EurActiv France, cliquez ici.

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