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Le premier sommet UE-USA qui se déroulera en présence du nouveau président américain sera l’un des points forts de la présidence tchèque de l’UE, qui démarre en janvier 2009. C’est ce qu’a déclaré David Král du Europeum Institute for European Policy de Prague. Il a cependant averti que les excellentes relations de Prague avec Washington pourraient encore accroître les tensions avec Moscou.
Le sommet UE-Russie, qui aura également lieu pendant la présidence tchèque, devrait être très difficile, affirme David Král, maître de conférence au département d’Etudes européennes à l’Université Charles à Prague.
M. Král reconnaît qu’un grand pays comme la France est bien mieux placé pour influencer la Russie et agir comme un médiateur, comme l’a démontré la crise en Géorgie. L’approche russe est de s’adresser aux « grands » et d’ignorer les plus petits pays comme la République tchèque, a-t-il indiqué.
Alors que les relations avec la Russie dans le domaine de l’énergie restent une question prioritaire, M. Král déclare que le gouvernement tchèque sera déterminé à faire avancer les négociations sur le projet de gazoduc Nabucco. Ce projet, convoité par l’UE, devrait réduire la dépendance énergétique de l’Union à la Russie, a-t-il affirmé. Mais il a été rongé par des difficultés financières et politiques.
L’élargissement de l’UE aux Balkans occidentaux et les relations avec ses voisins de l’Est seront également prioritaires. « Le gouvernement fait largement pression en faveur de l’élargissement vers les Balkans occidentaux, la Croatie étant l’un des principaux pays, mais [le président français] Nicolas Sarkozy a été clair : il n’est pas question de poursuivre l’élargissement sans le traité de Lisbonne », a déclaré M. Král.
Sous le slogan « l’Europe sans frontières », Prague s’efforcera également d’éliminer les entraves au marché du travail suite aux élargissements de 2004 et 2007.
Le traité de Lisbonne dans la balance
Abordant les questions institutionnelles et le destin du traité de Lisbonne, qui est actuellement examiné par la Cour constitutionnelle tchèque, M. Král estime que le gouvernement tchèque, mené par le Parti démocratique civique (ODS), n’aura pas d’autre choix que de l’appuyer. L’ODS a négocié le traité, indique-t-il, et le Premier ministre Mirek Toploanek « ne peut pas se permettre de s’y opposer ».
Le problème, tel qu’il le voit, repose sur la Chambre haute du Parlement, où les sénateurs de l’ODS semblent avoir adopté une approche plus mitigée à l’égard du traité. Le défi du Premier ministre consiste maintenant à mettre ces sénateurs de son côté, a-t-il affirmé.
Une présidence non-conformiste
Pour ce qui est de la position du président tchèque Vaclav Klaus, M. Král le décrit comme « un non-conformiste dans les relations internationales en général ». Il a conseillé aux observateurs étrangers de ne pas interpréter ses déclarations comme étant la position tchèque officielle, mais plutôt le point de vue personnel d’un président sans grande influence en matière d’Affaires étrangères ou européennes.
Mais le non-conformisme et un certain sens de la provocation sont quelque part liés à l’identité tchèque, a affirmé M. Král, en référence à une publicité télévisée ambiguë dans laquelle le symbole de la présidence tchèque de l’UE est un carré de sucre. Cette publicité s’inspire d’une célèbre déclaration de M. Klaus, qui avait affirmé que la République tchèque pourrait se fondre dans l’UE comme un carré de sucre dans une tasse de thé. M. Král déclare que le gouvernement pourrait aussi avoir choisi ce symbole pour envoyer un message différent : « Oui, nous pourrions fondre, mais en définitif, c’est le sucre qui influence le produit final », a-t-il expliqué.
L’érudit tchèque a également suggéré que le gouvernement pourrait, d’une certaine manière, devenir intimidé par la tâche considérable que représente la gestion d’une présidence européenne.
« En discutant avec des gens du gouvernement, j’ai le sentiment qu’ils veulent uniquement y survivre, en gérer l’aspect technique. Mais alors, d’un autre côté, on ne sait jamais », a déclaré Král.